« C’est une belle victoire » : dans le projet de Ressourcerie du Pradet, le tribunal administratif donne raison à un collectif d’associations

« C’est une belle victoire » : dans le projet de Ressourcerie du Pradet, le tribunal administratif donne raison à un collectif d’associations

« On est un petit collectif face à l’ogre Toulon Provence Méditerranée, alors forcément, on est très satisfait. » Comme les représentants des six autres associations (1) mobilisées contre l’installation du nouveau pôle de valorisation des déchets sur le site de La Diligence, entre Le Pradet et Carqueiranne, Nicolas Pigaglio, président de l’Association de défense du Plan de La Garde, apprécie à sa juste valeur les conclusions rendues par le tribunal administratif. « Le juge a fait preuve de bon sens, il a entendu nos arguments », place-t-il.

Le collectif avait en effet déposé un recours, il y a un peu plus d’un an, contre la délibération adoptée le 28 septembre 2023 par les élus de TPM - c’est la métropole qui a la compétence de la gestion des déchets - afin de modifier le Plan local d’urbanisme pour cette parcelle, jusque-là située en zone naturelle, condition obligatoire pour pouvoir y aménager une « ressourcerie ». Et ainsi remplacer l’actuelle déchetterie municipale, dont la préfecture demande la fermeture depuis plusieurs années, car située en zone inondable rouge.

Si ce n’est pas le cas du terrain de La Diligence, le long de la route départementale 559, c’est pourtant l’argument principal développé par les requérants. « Cette parcelle n’est pas classée en zone inondable, mais dans les faits, elle l’est, soutient Nicolas Pigaglio. On a d’ailleurs réuni pas mal de témoignages édifiants en ce sens. Le plan de prévention des risques n’est pas à jour, et ne prend par exemple pas en compte les dernières inondations d’ampleur intervenues en 2010, 2011 et 2014. »

Autre problème soulevé : « Le risque de pollution, alors que le projet se situe tout près du puits de Fontqueballe, qui alimente La Garde et une partie du Pradet en eau potable. »

Au Pradet, ils s’opposent au projet de déchetterie sur ce site bien situé

Deux points qu’a donc retenus le tribunal administratif. Avant de demander « l’annulation » de la délibération métropolitaine du 28 septembre 2023, « compte tenu de l’intensité du risque d’inondation […] de la parcelle en litige, à la fois par ruissellement et par débordement, de son implantation en amont de la Règue dans le périmètre de protection rapprochée du captage de Fontqueballe, et de l’exposition importante de la ressource en eau […] alors que le projet d’une installation de méthanisation des déchets n’est pas exclu ».

« Une ressourcerie, on est tous d’accord pour dire que c’est une bonne idée, termine Nicolas Pigaglio. Mais pas à cet endroit. D’autant que géographiquement, ça ne se justifie pas forcément : pourquoi la faire absolument au Pradet, alors que la déchetterie de Carqueiranne se trouve à 3,5 km de là, et celle de La Moutonne à 2,5 km ? »

1. Le collectif est constitué de l’Association de défense du Plan de La Garde, Var inondations écologisme, France nature environnement Paca, France nature environnement 83, Le Pradet environnement, et les Comités d’intérêt local La Grenouille et Pradet Nord-Est.

_______________________________

« Un projet d’intérêt public »

Hervé Stassinos, le maire du Pradet, a pris acte des conclusions du tribunal administratif. « Je ne commente jamais une décision de justice », pose-t-il. Mais compte bien tout mettre en œuvre pour que le projet se concrétise malgré tout. « C’est un projet d’intérêt public, plaide-t-il. Cette ressourcerie va permettre de mettre aux normes une déchetterie qui est plus que vieillissante. C’est un projet essentiel, autant pour les usagers que pour les agents qui y travaillent. »

L’élu étudie donc désormais la possibilité de contester la décision. « On va reprendre notre dossier, il manquait peut-être deux-trois choses, les normes étant de plus en plus compliquées. Personnellement, j’ai la volonté d’aller jusqu’au bout. C’est le seul terrain qu’on a de disponible, de toute façon ». L’élu et la métropole TPM ont jusqu’au 7 septembre prochain pour faire appel.