"Ça me met en colère": la soeur de Samuel Paty réagit après l'interpellation au Parc Astérix d'un homme condamné dans le cadre de l'assassinat de son frère
"Ça me met en colère": la soeur de Samuel Paty réagit après l'interpellation au Parc Astérix d'un homme condamné dans le cadre de l'assassinat de son frère
Publié aujourd'hui à 18h48
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Samuel Paty en classe, le 19 décembre 2019 - Mairie de Conflans
Interpellé vendredi au Parc Astérix, un homme condamné dans le cadre de l'assassinat de Samuel Paty a écopé lundi d'une peine de prison ferme pour avoir violé son assignation à résidence. La soeur du professeur assassiné, Mickaëlle Paty, exprime sa colère face à la situation.
"C'est grotesque", déplore Mickaëlle Paty. Après l'interpellation, vendredi 28 août au Parc Astérix, d'un jeune Tchétchène condamné dans le cadre de l'assassinat de son frère, la soeur de Samuel Paty ne décolère pas.
Interrogée par le Figaro, elle estime "très choquant" que l'intéressé "continue à profiter de la vie et à jouir de plaisirs alors que [son] frère, lui, ne peut plus". "C'est cette image qui est renvoyée", insiste-t-elle.
Azim Epsirkhanov, 25 ans, a été condamné ce lundi à un an de prison ferme pour avoir violé son assignation à résidence. Vendredi, il a été contrôlé par la police alors qu'il se trouvait sur le parking du Parc Astérix, à Plailly, dans l'Oise.

En 2024, lors du procès de première instance de l'affaire Samuel Paty, professeur décapité par un terroriste islamiste en 2020, Azim Epsirkhanov avait été condamné à 16 ans de réclusion criminelle pour "complicité" dans l'assassinat du professeur.
Le jeune Tchétchène a passé cinq ans et demi en détention puis est sorti de prison en avril dernier. En mars, lors du procès en appel, sa condamnation a été revue à la baisse: à sept ans de prison pour association de malfaiteurs, sans que le caractère terroriste soit reconnu.

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Les magistrats qui l'ont jugé ont estimé qu'il n'avait pas connaissance du projet terroriste de l'assassin de Samuel Paty, Abdoullakh Anzorov, en dépit du fait qu'il l'avait accompagné lorsque celui-ci a acheté le couteau avec lequel il a décapité la victime. Azim Epsirkhanov a toujours assuré qu'il ne savait pas à quoi devait servir l'arme.
"Une clémence incompréhensible"
Après avoir purgé sa peine, il a été placé dans un centre de rétention administrative en vue d'une expulsion. Mais au bout de 90 jours, à savoir le délai maximal, il en est sorti avec une assignation à résidence.
Il est désormais visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF) qui n'a pour l'heure pas été exécutée parce que l'intéressé la conteste devant la justice administrative. C'est dans ce contexte qu'il est contraint, par décision préfectorale, de demeurer dans les Hauts-de-Seine, où vit sa compagne, dans l'attente de son expulsion.
Lundi, dans le cadre de sa condamnation, le parquet de Senlis a souligné qu'Azim Epsirkhanov avait en réalité quitté le département à huit autres reprises auparavant, parfois la nuit. Le prévenu a assuré qu'il n'avait pas compris qu'il lui était interdit de quitter les Hauts-de-Seine.

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Une défense difficile à accepter pour Mickaëlle Paty. "Il avait déjà joué la carte de l’incompréhension lors du procès (de l’assassinat de Samuel Paty, NDLR) en disant qu’il n’avait pas compris le dessein d’Anzorov. Ça me met en colère qu’il se retrouve au parc Astérix, avec ce côté récréatif auquel il ne devrait pas avoir accès", fustige-t-elle.
Elle se remémore ce moment, lors du procès en appel, où le jeune Tchétchène a appris l'allègement de sa peine et s'est tourné vers un coaccusé en s'exclamant: "C'est fini frère!". "Cette scène restera toujours gravée en moi. Il est difficile pour moi de concevoir qu’il n’avait pas connaissance du projet terroriste", explique Mickaëlle Paty en pointant "l'écart" conséquent dans la sévérité des peines entre les deux procès.
Les multiples violations de l'assignation à résidence lui apparaissent comme un nouvel affront et Mickaëlle Paty estime que son frère "a également été abandonné après sa mort". Reprochant à la justice française "une clémence incompréhensible envers cet individu" elle fulmine: "Il se moque intégralement de respecter la loi française sur le territoire qui l’a accueilli. Il se retrouve à pouvoir déambuler partout sur le territoire avec une facilité déconcertante".
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