Canicule : industrie, transports, agriculture... Pourquoi ces vagues de chaleur coûtent de plus en plus cher à l'économie française

Canicule : industrie, transports, agriculture... Pourquoi ces vagues de chaleur coûtent de plus en plus cher à l'économie française

l'essentiel Les canicules ne se contentent pas de toucher à la santé et au quotidien des Français. Elles affectent aussi l'activité économique, des transports à l'industrie en passant par l'agriculture. Selon une étude d'Allianz Trade, leur coût pourrait atteindre plus de 200 milliards d'euros en France d'ici à 2030.

C'est une des conséquences des canicules auxquelles on pense moins. Ces vagues de fortes chaleurs pèsent sur les corps et les esprits, mais aussi sur l'économie. Industrie, transports, énergie ou encore agriculture... Tous les aspects de l'économie sont affectés. Des entreprises ont dû temporairement arrêter leurs productions cet été à cause des fortes chaleurs, la SNCF a également dû annuler 10 % de ses trains lors de la canicule de juin, EDF a réduit de 8,7 % la production d'électricité provenant de son parc nucléaire, tandis que les premières estimations annoncent une baisse des rendements pour plusieurs grandes cultures.

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Pour Thibault Laconde, fondateur de l'entreprise Callendar spécialisée dans l'adaptation des infrastructures au changement climatique, "les installations en France ne sont absolument pas faites pour résister à ces températures" observées aujourd'hui, explique-t-il à La Dépêche. Chambres froides, centrales électriques, raffineries ou encore sites industriels ont été dimensionnés à partir des températures passées, des hypothèses que le réchauffement climatique remet désormais régulièrement en cause. Résultat : les équipements peuvent être contraints de s'arrêter ou subir des dommages matériels chaque été.

Des canicules à 206 milliards d'euros

Dans une récente étude, Allianz Trade estime que les canicules sont en train de devenir un véritable "risque économique structurel" pour l'Europe. En simulant une répétition des cinq années les plus chaudes observées entre 2014 et 2024, l'assureur-crédit estime que la croissance des principaux pays européens pourrait être amputée de 5 à 7 % entre 2026 et 2030.

La France serait l'un des pays les plus touchés. Selon les calculs d'Allianz Trade, les pertes pourraient atteindre 206 milliards d'euros, sur cette période. En cause notamment, une économie davantage exposée aux secteurs sensibles à la chaleur, comme l'agriculture, les transports ou encore la construction. Les auteurs de l'étude soulignent également qu'au-delà de 30 °C, la productivité des salariés chute nettement : chaque degré supplémentaire entre 30 et 35 °C ferait perdre en moyenne 1,10 euro de production par heure travaillée.

"Les canicules sont une catastrophe naturelle"

Ces pertes de productivité pourraient aussi avoir des conséquences sur les finances publiques. Allianz Trade estime que les recettes fiscales françaises diminueraient en moyenne de 1,8 % par an, tandis que le déficit public se creuserait de 2,2 % sur la période. De son côté, l'Insee rappelle toutefois que les effets des canicules sont parfois différés et ne sont pas toujours visibles immédiatement dans les indicateurs de croissance, certaines conséquences n'apparaissant que plusieurs mois après les épisodes de chaleur.

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"Les canicules sont une catastrophe naturelle, mais on n'a pas les images qui permettent de s'en rendre compte", observe Thibault Laconde. Contrairement à une inondation ou à un séisme, leurs conséquences sont moins spectaculaires : arrêts de production, équipements défaillants ou encore baisse de la productivité, autant d'effets qui restent souvent invisibles mais qui pèsent réellement sur l'économie.