L’avenir du Canada dépend des Canadiens, dit Carney à Musk

L’avenir du Canada dépend des Canadiens, dit Carney à Musk

Le premier ministre Mark Carney a réagi jeudi au soutien apporté par Elon Musk aux mouvements séparatistes provinciaux, en affirmant que l'avenir du Canada serait décidé par ses citoyens, et non par les grandes entreprises technologiques américaines.

S'exprimant lors d'une conférence de presse à Sherbrooke, en Estrie, M. Carney a insisté sur le fait que les Canadiens peuvent vivre leur vie au Québec et partout au pays à l’abri de toute ingérence de la part de gouvernements étrangers et de grandes entreprises technologiques.

L'avenir du Canada va se décider par les Canadiens et les Canadiennes, et les priorités des Canadiens et des Canadiennes, des Québécois et des Québécoises, sont d'abord l'abordabilité, l'itinérance, la justice sociale et bâtir un Québec fort dans un Canada fort, a argué M. Carney en réponse aux questions d’un journaliste concernant les propos de M. Musk.

Le patron de Tesla et de Space X a affirmé mercredi sur sa plateforme X que le Québec devrait se séparer du Canada, et que l’Alberta et la Saskatchewan devraient également quitter la fédération.

Mercredi, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a répondu à la publication d'Elon Musk sur les réseaux sociaux par une brève réfutation : Non.

PSPP et Carney ont eu une conversation cordiale

Lundi, les Québécois ont élu un gouvernement indépendantiste en accordant au Parti québécois un mandat minoritaire.

Le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, s’était engagé pendant la campagne électorale à ce que son parti n’organise pas de référendum sur la séparation tant que le président américain Donald Trump resterait en fonction.

PSPP lève le poing en l'air en signe de victoire.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a célébré sa victoire avec des partisans lundi, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

M. Carney a déclaré jeudi en français que M. St-Pierre Plamondon et lui avaient eu cette semaine une première conversation cordiale portant sur l’itinérance, l’immigration ou encore les relations avec les États-Unis.

Le chef libéral a récemment annoncé la signature d’un important contrat de 2,3 milliards $ avec Telesat portant sur la connectivité par satellite en orbite basse pour les forces armées.

Ce service aspire à devenir un concurrent commercial direct de Starlink, la société de M. Musk, qui domine le marché mondial des services Internet par satellite en orbite terrestre basse.

Le premier ministre du Canada a cherché à utiliser son ambitieux programme économique comme une main tendue envers la province et son nouveau gouvernement, promettant que le Québec bénéficierait d’un fédéralisme coopératif.

Mais le PQ s’est opposé au projet Alto, une liaison ferroviaire à grande vitesse proposée entre le Québec et l’Ontario, remettant en question sa viabilité.

M. Carney a vanté les mérites du projet Alto jeudi. Il a déclaré que c'est un projet qui va créer plus de 50 000 jobs et qui va créer, pour la moitié ici au Québec, plus de 35 milliards $ de PIB, et que son gouvernement va travailler avec le nouveau gouvernement du Québec et le gouvernement de l'Ontario.

Lors d'un vote le 19 octobre, les Albertains devront se prononcer pour savoir si la province devrait entamer le processus légal menant à un référendum sur la souveraineté.

S’exprimant jeudi à Edmonton, la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, a fait valoir que le sentiment séparatiste dans sa province s’était affaibli, car elle-même et M. Carney avaient abordé les problèmes bien réels qui frustraient les Albertains.

Le gouvernement fédéral a changé. Son approche à notre égard a changé et il est disposé à collaborer pour résoudre ces problèmes, a-t-elle affirmé.