Carole Bouquet s’évade plusieurs mois dans l’année sur une île italienne méconnue : et elle y produit du vin
On parle beaucoup de Carole Bouquet ces derniers jours depuis ses confidences bouleversantes sur les douleurs neurologiques qu'elle endure depuis un accident survenu en 2013.
Dans une interview accordée à Paris Match, la comédienne a révélé vivre depuis treize ans avec une névralgie du trijumeau provoquée par une chute sur son domaine italien de Pantelleria.
Pourtant, malgré cette épreuve, l'actrice reste profondément attachée à cette île volcanique située entre la Sicile et la Tunisie, où elle passe chaque année plusieurs mois. Un véritable refuge dont elle est tombée amoureuse au point d'y produire aujourd'hui son propre vin.
Pantelleria, un coup de foudre qui a changé sa vie
Pour Carole Bouquet, tout commence à la fin des années 1990. Passionnée par l'Italie depuis sa jeunesse, elle découvre Pantelleria grâce à un architecte italien. L'île est alors encore préservée du tourisme de masse. Son paysage volcanique, ses falaises plongeant dans la Méditerranée et ses vignobles en terrasses la fascinent immédiatement.
Dans un entretien accordé au Figaro, l'actrice résume ce coup de cœur en quelques mots : « Finalement, Pantelleria est l'acquisition de ma vie, toutes les autres, je les ai vendues. » Une déclaration qui montre à quel point ce territoire occupe une place unique dans son existence.
À son arrivée, la propriété est pourtant loin de ressembler au havre de paix qu'elle est devenue aujourd'hui. Il n'y a, selon ses propres mots, que « quatre murs ». Année après année, la comédienne restaure les lieux, agrandit la maison et transforme progressivement ce simple terrain en un domaine chaleureux où elle aime recevoir sa famille et ses amis.
Nichée entre mer, montagnes et vignes, sa demeure est construite dans le style traditionnel des dammusi, ces maisons en pierre volcanique typiques de Pantelleria. Le paysage y est spectaculaire. Les terrasses cultivées côtoient les figuiers, les oliviers et les célèbres câpriers qui font la réputation de l'île.
Loin des tapis rouges, Carole Bouquet y mène une existence beaucoup plus simple. Elle marche, nage, peint et profite d'un rythme de vie dicté par la nature. Dans un reportage diffusé sur TF1, elle expliquait d'ailleurs son attachement profond à cette terre méditerranéenne. « J'aime l'Italie d'une façon qui n'est pas raisonnable du tout. J'ai besoin du Sud, j'ai besoin de la Méditerranée pour des raisons d'identité », confiait-elle.
Une actrice devenue viticultrice
Si Pantelleria est devenue son refuge, l'île est aussi le théâtre d'une étonnante reconversion. En achetant plusieurs parcelles, Carole Bouquet décide rapidement de redonner vie aux anciennes vignes locales. Avec l'aide de viticulteurs de l'île, elle entreprend un travail de longue haleine pour restaurer les cépages traditionnels.
Son domaine produit aujourd'hui le Sangue d'Oro, un passito, vin doux emblématique de Pantelleria élaboré à partir du cépage zibibbo. Les raisins sont séchés au soleil avant la vinification, selon une méthode ancestrale inscrite au patrimoine immatériel de l'UNESCO.
La comédienne s'investit personnellement dans cette aventure. Elle explique régulièrement que près de 80 % du travail est effectué à la main, tant les reliefs volcaniques rendent toute mécanisation difficile. Chaque vendange demande plusieurs passages dans les rangs afin de récolter uniquement les grappes arrivées à parfaite maturité.
Au fil des années, son exploitation est devenue une véritable réussite. Chaque millésime représente plusieurs milliers de bouteilles commercialisées sous la marque Sangue d'Oro, distribuée notamment dans des enseignes spécialisées en gastronomie italienne. Une activité dont elle parle avec autant de passion que de son métier d'actrice.
Une parenthèse familiale loin des projecteurs
Chaque année, Carole Bouquet s'installe durant trois à quatre mois sur cette île méconnue de la Méditerranée. Pour elle, Pantelleria n'est pas une simple résidence secondaire. C'est un véritable lieu de vie, où elle retrouve une forme de sérénité, loin du rythme des tournages et des obligations parisiennes.
L'actrice aime y accueillir ses enfants, Dimitri Rassam et Louis Giacobetti, mais aussi ses petits-enfants. Les grandes tablées font partie intégrante de son quotidien. Les produits de l'île sont à l'honneur : légumes du potager, poissons fraîchement pêchés, raviolis à la ricotta, huile d'olive locale et, bien sûr, son propre vin.
Dans les colonnes de Madame Figaro, elle expliquait consacrer désormais davantage de temps à ce qui lui est essentiel. « Je donne du temps à la peinture, la sculpture, la marche, et à mes petits-enfants avec qui je passe un mois par an, en Italie », racontait-elle. Une façon pour la comédienne de profiter d'une liberté qu'elle dit apprécier davantage avec les années.
Son domaine est aussi pensé pour recevoir. Comme dans sa maison parisienne, l'hospitalité y est une véritable philosophie de vie. Famille et amis s'y retrouvent autour de longues soirées d'été, dans un décor où la pierre volcanique, les bougainvilliers et les vignes composent un paysage presque hors du temps.
Un paradis devenu le théâtre de son plus grand combat
C'est pourtant sur cette île tant aimée que la vie de Carole Bouquet a basculé en 2013. Alors qu'elle tournait l'émission Fais-moi une place avec Alessandra Sublet, une chute dans des escaliers en obsidienne a provoqué un grave traumatisme au visage.
L'actrice a raconté les circonstances de cet accident avec beaucoup de précision. « Je descendais les escaliers en obsidienne, les mains dans les poches, et en riant. Ma tête est partie la première », confiait-elle récemment à Paris Match. Les conséquences ont été bien plus lourdes qu'elle ne l'imaginait. Un nerf de sa mâchoire a été sectionné, déclenchant une névralgie du trijumeau, une maladie neurologique réputée pour provoquer des douleurs extrêmement violentes.
Treize ans plus tard, la souffrance est toujours présente. Malgré les traitements essayés, les douleurs persistent. « J'ai essayé en vain tout ce qui existe pour la névralgie du trijumeau », regrettait-elle. Pour continuer à tourner, elle utilise parfois de la glace pilée ou du chewing-gum afin d'anesthésier temporairement sa bouche avant de prononcer ses dialogues.
Pour autant, Pantelleria n'a jamais cessé d'être son refuge. L'actrice refuse d'associer l'île au seul souvenir de cet accident. Au contraire, elle continue d'y revenir plusieurs mois par an, convaincue que cet endroit reste son équilibre. Elle y retrouve cette Méditerranée qu'elle dit aimer « d'une façon qui n'est pas raisonnable », mais aussi une activité qui la passionne : faire naître chaque année un nouveau millésime de Sangue d'Oro.
Au fil du temps, cette île volcanique est devenue bien plus qu'une destination de vacances. Elle incarne une seconde vie pour Carole Bouquet, entre nature, transmission, famille et viticulture. Un lieu où la star du cinéma français se fait discrète, troquant les plateaux de tournage contre les rangs de vigne, avec la même exigence et la même passion.
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