Casque d’époque, treillis kaki et toiles assorties, vingt parachutes ont fleuri dans le ciel du Var pour célébrer la Libération

Casque d’époque, treillis kaki et toiles assorties, vingt parachutes ont fleuri dans le ciel du Var pour célébrer la Libération

Et de un, et de deux, et de vingt. Casque d’époque, treillis kaki et toiles assorties : voilà les parachutistes précipités hors de l’avion, minuscules silhouettes qui se détachent sur le ciel du domaine de la Combe.

Pour la fête de la Libération, Le Muy a convié les spectateurs à vivre la reconstitution du largage du 14 août 1944.

Au sol, une centaine de nuques se raidissent, rivées vers les hauteurs, se balançant au rythme des parachutistes.

Mais avant d’en arriver là, il aura fallu être patient. Les yeux collés au ciel, la foule s’électrise chaque fois que l’avion censé larguer sa marchandise apparaît à l’horizon.

Fausse joie : l’appareil dessine un cercle et repart comme il est venu. « Ça vous a plu ? », ironise un ancien parachutiste venu en spectateur.

Après plusieurs rotations le vrai spectacle commence : les paras se jettent dans le vide, sous les regards admiratifs de la foule.

Il était décoré de la Croix de guerre, de la Croix du combattant volontaire, de la Médaille militaire et élevé à la dignité de commandeur de la Légion d’honneur.

Parmi elle, Amélie, venue en famille. Ici, la fête de la Libération est une tradition qui se transmet, son père ayant été résistant.

« C’est un lieu magnifique. En plus il n’y a ni trop de monde ni trop de vent, c’est vraiment très agréable », savoure-t-elle.

Une pluie de toiles sur les herbes hautes

Au Muy, les festivités se poursuivent jusqu’au 16 août avec cérémonies officielles, grandes parades militaires ou encore exposition de véhicules d’époque.
Au Muy, les festivités se poursuivent jusqu’au 16 août avec cérémonies officielles, grandes parades militaires ou encore exposition de véhicules d’époque.
CAMILLE DODET / Nice-matin

Lâchés à 400 mètres d’altitude, les parachutes glissent lentement vers la terre, presque en ligne droite, avant de se poser dans un océan d’herbes hautes où les jambes disparaissent.

Au sol, l’équipe d’encadrement a été briefée et s’est répartie en binômes sur la zone quadrillée, prête à intervenir au moindre problème : « S’ils sont pendus à un arbre, vous les laissez, on voit après. S’ils tombent dans l’eau, vous allez les sortir de l’eau. »

Consigne suivie à la lettre, mais heureusement sans avoir à s’en servir : après le largage et l’atterrissage, aucun incident à déplorer.

Marianne, une figure singulière dans la troupe

Passionnée par le parachute, Mariane Cousy a rejoint l’Airborn School en 2023.
Passionnée par le parachute, Mariane Cousy a rejoint l’Airborn School en 2023.
CAMILLE DODET / Nice-matin

Tous viennent de l’Airborne School, une école de parachutisme normande, et sillonnent la France au fil des sauts.

Épaules carrées, quelques années de service au compteur, crânes presque rasés : au milieu de cette troupe d’hommes, un sourire tranche, encadré de longs cheveux bruns et d’une jeunesse qui détonne.

Marianne Cousy, 25 ans, a elle aussi trouvé sa place dans les airs. « Je voulais m’engager dans l’armée chez les troupes aéroportées, mais j’étais inapte, alors c’était la solution pour moi. »

Passionnée de parachutisme, c’est l’atterrissage qu’elle redoute le plus : « C’est très violent, il faut avoir les coudes collés au corps, la tête rentrée, les genoux fléchis et surtout les pieds serrés. »

Elle le concède, les incidents ne sont pas rares : « On ne peut pas vraiment se guider, on peut surtout s’orienter grâce au vent. Généralement, si on doit bouffer un arbre, on bouffe un arbre. »

Le vol terminé vient l’heure du réconfort. Parachutistes et spectateurs se retrouvent autour d’un apéro convivial, rythmé par les chants des voltigeurs : « Vive, vive les para, vive, vive les para, vive les parachutistes, vive les parachutistes ! »