Ce jeune pilote niçois de motocross va bientôt réaliser « un rêve de gosse » en roulant dans la cour des grands

Ce jeune pilote niçois de motocross va bientôt réaliser « un rêve de gosse » en roulant dans la cour des grands

La feuille de route taille XXL est tracée. Top départ le 28 février 2027 en terre andalouse, du côté d’Almonte, entre Séville et le golfe de Cadix. Et puis les étapes s’enchaînent durant plus de sept mois, sans relâche, ou presque, comme les virages et les bosses qu’il dévore guidon en main. Au total, pas moins de vingt échéances composent le menu des réjouissances. Des manches éparpillées sur le Vieux continent et bien au-delà puisque l’Argentine, la Chine et l’Australie figurent sur la carte.

À 21 ans, Alexis Fueri va découvrir le top niveau du motocross la saison prochaine. Cap sur le championnat du monde MX2 (250 cc) pour le pilote niçois qui franchit un nouveau palier, et non des moindres.

« On peut dire qu’un rêve de gosse se réalise », confie le jeune homme ayant grandi dans le quartier Caucade. « L’étincelle, elle s’est produite sur le circuit de Monti où j’ai fait mes premiers tours de roue tout gamin, notamment au côté d’un certain Fabio Quartararo qui s’entraînait là souvent. Difficile alors d’imaginer qu’un jour, je me battrais contre les meilleurs. Nous y voilà ! Enfin… J’aurais aimé y arriver plus tôt, au sein d’un team de pointe, avec un gros contrat. J’ai quand même la chance de vivre toujours ma passion à fond, même si ma carrière ne s’est pas vraiment déroulée tel que je le souhaitais jusqu’à maintenant ».

L’ascension fut en effet jalonnée de hauts et de bas. Des coups d’éclat révélateurs d’un réel talent suivis de coups d’arrêt douloureux qu’il surmonte en serrant les dents comme le résume à elle seule sa campagne 2026 abrégée en championnat d’Europe (EMX 250).

Conseillé par Jacky Vimond

Au printemps, tout semble réuni pour repartir de l’avant durablement, oublier les exercices précédents en dents de scie. Conseillé depuis peu par un coach hors pair en la personne de Jacky Vimond, le premier Français sacré champion du monde (1986, en 250), Alexis étrenne un statut de pilote officiel Beta avec l’ambition de finir dans le top 3. « Alors que j’avais mis le paquet à l’entraînement, ça ne commence pas super bien. Le podium se fait désirer. Je finis par le trouver courant juin en Italie, à Montevarchi, un circuit situé près de l’usine Beta. Performer sous les yeux des patrons et du personnel, c’était génial ».

Le début d’une série positive ? Que nenni… Le week-end suivant, au Portugal, l’enfant de la Baie des Anges tombe de haut en foirant un saut. Cabriole effroyable synonyme de fin de saison. « Je venais de prolonger la dynamique : 2e temps des essais libres. Mon pied effleure le talus extérieur à l’impulsion et ça part en vol plané. J’ai eu le temps de penser que j’allais y passer, ou perdre l’usage de mes jambes a minima. »

Par miracle, celui-ci s’en sort avec un pneumothorax, un bassin déplacé et quelques contusions. Choc dur à encaisser mentalement. « Quand je me retrouve hospitalisé à Saint-Laurent-du-Var, le doute fait son nid. L’idée de laisser tomber hante mon esprit. D’autant plus que cette chute avait aggravé la pubalgie qui me tenaillait depuis longtemps. Là, d’ailleurs, vous me voyez encore en convalescence parce que je viens de subir une opération des adducteurs à Monaco. De quoi redémarrer plus fort. L’envie de rouler a vite repris le dessus. Que voulez-vous, le cross, c’est ma vie ! »

« Maintenant ou jamais »

Aujourd’hui, Alexis Fueri entrevoit le bout du tunnel. Il meuble ses derniers jours d’inactivité en cherchant des partenaires afin d’entamer le prochain défi dans des conditions optimales. « Le Mondial MX2, je vais le découvrir au guidon de la nouvelle Beta 250 4 temps. Une machine qu’il faudra développer cet hiver. Donc je pars m’installer en Italie ».

S’il veut aller au bout de son rêve, tutoyer un jour les étoiles de la catégorie reine (MXGP, 450 cc), c’est une occasion unique à saisir. « Je dois engranger un max’ d’expérience en 2027 puis jouer la gagne en 2028. À mon âge, c’est maintenant ou jamais. »