Ce n’est pas fini : les élèves continueront de manifester « tant qu’il n’y aura pas eu des actes » de la ministre Glatigny
Publié le 08 octobre à 22h02
Ajoutez-nous à vos favoris Google Trois représentants des élèves francophones exposent les raisons de leur mobilisation contre les mesures du gouvernement MR-Engagés, après avoir rencontré la ministre de l’Enseignement Valérie Glatigny mercredi soir. Les élèves assurent qu’ils continueront à manifester tant qu’ils n’auront pas obtenu d’actes concrets de celle-ci et balaient les critiques sur l’instrumentalisation politique.Trois représentants des élèves francophones étaient invités ce jeudi soir dans le RTL info 19h. Ils ont pu exposer calmement les raisons pour lesquelles ils descendent dans la rue contre les mesures mises en place par le gouvernement MR-Engagés et qui touchent l’enseignement.
Un décret programme dont ils constatent les conséquences au quotidien. « Les classes sont surchargées, on manque de moyens au niveau des bâtiments et ce qui est arrivé avec le décret programme, ce sont les deux périodes en plus par prof, qui fait qu’on se retrouve avec soit des cours partagés entre professeurs, soit des professeurs qui ne sont pas là parce qu’ils ne peuvent pas se départager entre 20 écoles différentes. Donc on a moins de professeurs et quand on en a, ils partagent les cours », dénonce Félix Xhenseval, élève de 6e secondaire d’Ouffet, également administrateur du CES, le Comité des Élèves Francophones.
Cette réforme « a mené aussi au fait que les profs ont moins le temps de s’investir pour des accompagnements personnalisés. Par exemple dans mon école, on n’a plus aucune remédiation », ajoute Maya Gourdel, élève de 6e secondaire de Bruxelles.
Il y a d’autres secteurs où faire des économies
Et quand le gouvernement leur dit que ces mesures ont été prises parce qu’ils manquent d’argent, « on répond que ce n’est pas dans l’enseignement qu’il faut faire des économies », réplique Zia Chèvremont, élève de 6e secondaire d’Esneux. « Parce que s’instruire ne doit pas devenir un luxe. C’est un droit qu’on a. Il y a d’autres secteurs où faire des économies, parce que l’enseignement, c’est littéralement le pilier de notre société. »
Tous les trois ont rencontré la ministre francophone de l’Enseignement MR Valérie Glatigny mercredi soir. Ils ont listé leurs revendications : Revaloriser le métier d’enseignant et la filière du qualifiant, stopper la hausse des coûts et des inégalités des chances entre les élèves, de meilleures conditions d’apprentissage, et enfin un moyen de porter la voix des élèves du secondaire directement auprès du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. « On est des élèves mineurs pour la plupart. On n’a pas le droit de vote et donc notre seul moyen de nous faire entendre, c’est de passer par la rue. Donc quelque chose qu’on réclame aussi, c’est un mode institutionnel de concertation. Aujourd’hui les élèves de secondaire n’ont pas de moyen d’être entendus par les voies officielles », dénonce Félix Xhenseval.
Rassurant de voir des jeunes se révolter
Désormais, tant qu’ils n’auront rien obtenu de la ministre Glatigny, ils continueront leurs manifestations. « On ne va pas s’arrêter tant qu’on n’aura pas les actes qui suivent. On attend que le gouvernement nous prouve qu’ils sont à l’écoute. »
Pour la psychiatre Caroline Depuydt, qui a assisté au débat, il est rassurant que les jeunes s’impliquent dans ce mouvement de contestation. « Si on avait des jeunes qui ne se révoltaient plus, qui ne disaient plus rien, ils seraient résignés. La colère est saine et nécessaire, mais elle ne doit pas aboutir à la violence », a-t-elle estimé.
Ils ne cautionnent pas la violence et rejettent les accusations d’instrumentalisation
Car leurs manifestations ont fait couler beaucoup d’encre en raison de la présence de casseurs qui ont dégradé des biens publics et pillé des commerces. « On ne cautionne pas et c’est désolant pour tous les commerces de notre ville », affirme Zia, qui estime que ces casseurs, qui sont « des gens comme nous, des étudiants, des gens de notre âge », donnent une mauvaise image de leur mouvement car « la violence n’est jamais une solution ». « Maintenant, est-ce que sans ça on aurait eu autant de visibilité ? C’est la question qu’on se pose », fait-elle remarquer, avant d’inviter les médias à « arrêter de vous focaliser sur les conséquences, mais plutôt sur les causes de cette colère ».
L’autre prisme, dénoncé plutôt par les autorités tant fédérales que communales, serait l’instrumentalisation des étudiants par des partis politiques, le PTB en tête, et une importation de la colère des étudiants en France. Les trois étudiants balaient ces critiques. Félix Xhenseval rappelle d’une part que « les mobilisations en Belgique n’ont pas commencé en septembre ou octobre, elles ont commencé l’année dernière avant le décret programme », et qu’il n’y a « pas d’instrumentalisation » de leur mouvement. « Ce mouvement n’émerge d’aucun bord politique mais de nous, qui sommes juste inquiets pour notre futur. On sait qu’il y a de la récupération politique, mais il n’y a pas d’infiltration », ajoute Zia Chèvremont. « Il y a des partis qui vont nous soutenir », confirme Maya Gourdel, « mais honnêtement, c’est un mouvement indépendant créé par les élèves. »
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