« Ce n’est pas normal que des enfants se fassent frapper par une matraque » : des élèves interpellent le bourgmestre de Liège sur les interventions policières

« Ce n’est pas normal que des enfants se fassent frapper par une matraque » : des élèves interpellent le bourgmestre de Liège sur les interventions policières

« Ce n’est pas normal que des enfants se fassent frapper par une matraque » : des élèves interpellent le bourgmestre de Liège sur les interventions policières

Margaux Glamocic
Par Margaux Glamocic

Publié le 07 octobre à 13h22

Ajoutez-nous à vos favoris Google À Liège, les élèves mobilisés depuis le 1er octobre ont directement interpellé le bourgmestre Willy Demeyer et le chef de corps de la police, Jean-Marc Demelenne, au sujet des interventions policières de ces derniers jours. Gaz lacrymogènes, arrestations, blessures présumées : les jeunes ont demandé des explications aux autorités.

Willy Demeyer et Jean-Marc Demelenne ont rencontré ce mercredi matin 25 élèves délégués de différentes écoles du centre-ville de Liège, ainsi que des directions, afin d’échanger sur la mobilisation étudiante. Cette rencontre intervient au lendemain de violences survenues lors des manifestations.

Willy Demeyer a distingué les revendications des élèves, qu’il juge légitimes, de sa responsabilité en matière de sécurité et d’ordre public. Il a notamment insisté sur la nécessité de protéger les jeunes et de maintenir un dialogue avec eux, tout en condamnant les dégradations. « Je ne veux pas de divorce entre la police et les jeunes », a-t-il déclaré.

Des élèves demandent des explications sur les interventions

Au cours de la rencontre, plusieurs élèves ont directement questionné les autorités sur les événements des derniers jours. Les discussions ont notamment porté sur l’utilisation de gaz lacrymogènes, les arrestations et les blessures qui auraient été occasionnées lors des interventions policières. « Ce n’est pas normal que des enfants de 13 ans se fassent gazer ou frapper par une matraque », affirme l’un d’eux.

D’autres élèves ont rapporté des insultes et dénoncé certaines interventions qu’ils estiment injustifiées. « Lorsque la police doit intervenir pour neutraliser des casseurs, il arrive qu’elle blesse des étudiants », affirme Willy Demeyer.

De son côté, Jean-Marc Demelenne a défendu la nécessité pour la police d’intervenir face aux dégradations et aux incendies. Selon lui, la dispersion des groupes et l’absence d’interlocuteurs clairement identifiés compliquent les interventions. Willy Demeyer, lui, a reconnu que des erreurs pouvaient survenir, et a assuré vouloir expliquer les interventions policières.

« La casse risque de discréditer les revendications »

Les élèves ont également présenté leurs revendications concernant l’enseignement. Ils souhaitent notamment construire un socle commun de demandes, avec un investissement d’urgence dans les écoles et les infrastructures collectives, davantage d’embauches dans l’enseignement, une refonte des contenus enseignés et une participation accrue des élèves aux décisions.

Mais certains ont aussi mis en doute l’efficacité des formes pacifiques de mobilisation. Ils estiment que les actions menées ces dernières années n’ont pas permis de se faire suffisamment entendre. La question des dégradations a alors été abordée. Certains élèves ont notamment interrogé le rôle de la casse dans l’attention portée au mouvement.

Pour Willy Demeyer, ces dégradations risquent au contraire de détourner l’attention des revendications. La casse, estime-t-il, pourrait « discréditer » le mouvement et concentrer le débat public sur les violences plutôt que sur les demandes des élèves.

107 arrestations depuis le début des événements

La question des arrestations a également été posée au bourgmestre. Interpellé sur la possibilité d’abandonner les poursuites contre les personnes arrêtées, Willy Demeyer a indiqué qu’il ne pouvait pas intervenir dans les procédures judiciaires.

Depuis le début des événements, 107 arrestations ont été recensées, dont un peu moins de la moitié sont judiciaires. Willy Demeyer précise que toutes les personnes arrêtées administrativement ont été relâchées.

manifestation enseignement Liège Willy Demeyer

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