« Cette concession va finir par avoisiner le demi-siècle » : aux portes de Toulon, l’aménagement de ce quartier n’en finit pas... et fait débat
C’est en janvier 2005 que le conseil municipal de La Garde avait décidé de la création d’une zone d’aménagement concertée dénommée « Les Coteaux de Sainte-Musse », sous les pins et sur les hauteurs, à l’extrême ouest de la commune, à la frontière avec Toulon.
21 ans plus tard, après plusieurs avenants à la concession d’aménagement dont le dernier, cinquième du nom, prend fin dans un mois, le projet n’est pas terminé. En cause, notamment, « un contentieux opposant les propriétaires de plusieurs parcelles, indépendant de la volonté de l’aménageur, qui a constitué un obstacle à l’acquisition du foncier et retardé la réalisation des équipements publics », rapportait l’adjointe Marie-Hélène Charles devant le conseil municipal réuni ce lundi après-midi.
L’aménageur en question, en l’occurrence la Société d’aménagement et de gestion publique (SPL Sagep), a donc demandé une prolongation de la durée de sa concession, pour pouvoir mener le projet à son terme. Jusqu’au 31 octobre 2033.
« Ce contrat a été initié il y a bientôt un quart de siècle, relevait, dans les rangs de l’opposition, Nicolas Salsou (RN). Comment se fait-il qu’on attende autant de temps pour trouver une issue favorable à un différend ? Par ailleurs, par rapport au projet initial, on augmente de façon conséquente le nombre de lots prévus. Pouvez-vous nous garantir que les ouvrages de rétention d’eau seront bien adaptés aux nouvelles habitations ? Et qu’il y aura suffisamment de stationnement, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui ? »
« C’est normal qu’il y ait des difficultés juridiques par rapport aux cessions, rétorquait Marie-Hélène Charles. Et concernant la durée, c’est la vie normale d’une Zac de cette ampleur. C’est quelque chose de vivant, on ne peut pas prévoir ce qui se passera dans les deux ou trois ans. D’où le nombre d’avenants, d’où l’évolution dans le temps. Quant au reste, quand on construit, il y a des règles d’urbanisme. On est soumis à un certain nombre de normes. Et bien sûr, tout sera respecté. »
« Nous avons été surpris… »
Côté gauche, Julia Peironet-Brémond demandait alors la parole : « Nous avons été surpris, puisque l’année dernière, dans cette même assemblée, vous nous disiez que les sept millions d’euros d’avance de trésorerie allaient être remboursés en 2026. Nous sommes en 2026, et qu’est-ce qu’on constate ? Que vous prolongez jusqu’en 2033. Alors je veux bien que ce soit une très grande zone, mais on parle de soixante lots. Pour un lotisseur, ce n’est pas grand-chose. On aurait pu entendre de prolonger de deux ans. Mais sept ans… »
« Vous voudriez qu’on arrête cette concession maintenant alors que le projet n’est pas terminé ?, répondait l’adjointe au maire. Les gens qui vivent là-bas ne seraient pas très contents. Nous allons aller jusqu’au bout. Et les comptes, on les fera à la fin. »
Nicolas Salsou rallumait son micro : « Mon petit doigt me dit qu’en 2033, on ne sera toujours pas à l’équilibre… Cette concession va finir par avoisiner le demi-siècle. »
Soumise au vote, la délibération de prorogation de la concession jusqu’au 31 octobre 2033 a été adoptée. Les onze conseillers municipaux composant les deux groupes d’opposition ont voté contre.