Championnats d’Europe d’athlétisme : "Je vais me jeter dans la gueule du loup", les ambitions d’Antoine Ferranti avant le début du décathlon

Championnats d’Europe d’athlétisme : "Je vais me jeter dans la gueule du loup", les ambitions d’Antoine Ferranti avant le début du décathlon

L’Agathois Antoine Ferranti attaque son décathlon des Championnats d’Europe ce mercredi 12 août à Birmingham. Prêt à tout casser.

Comment vous sentez-vous au moment d’en découdre ?

Franchement, je me sens bien. Il n’y a pas grand-chose à dire. Tous les voyants sont au vert. Aucun problème. Au contraire. Forcément, ces deux derniers mois, c’était beaucoup d’entraînement et peu de compétitions, à part aux Élites (Championnat de France). Là, j’ai hâte de porter le maillot.

C’est votre deuxième expérience avec l’équipe de France seniors après les Mondiaux l’an passé à Tokyo ou vous aviez fini 12e. Cette expérience peut-elle jouer en votre faveur ?

Oui, bien sûr, ça peut aider même si je ne me suis jamais trop mis la pression avec les compétitions. En grands championnats, les athlètes sont juste plus forts (rires). Je vais attaquer avec le même engagement, la même mentalité que d’habitude. Je suis serein. Il y a beaucoup d’envie mais je ne me prends pas la tête plus que ça. Je sais que je suis prêt. Je n’ai plus qu’à penser à ce que je dois faire sur la piste.

Le Top 8 et le record

Ce matin, vous détenez la 8e performance européenne (8 240 points, son record). L’objectif, c’est Top 8 ?

L’objectif effectivement c’est d’être finaliste, donc d’être dans les 8. L’an passé aux Mondiaux, j’ai fini 12e, demi-finaliste. Aux "Europe", le niveau est à peu près le même. Il y a une grosse densité. Ce ne sera pas beaucoup plus facile. Top 8, c’est l’objectif. Mais j’aimerais bien battre mon record. Je sais que je peux aller chercher des centaines de points. Je n’ai pas envie de me fixer des limites. J’ai souvent été surpris par mes performances en "compet". Je ne vais pas me stresser.

Précisément, lors de votre rentrée en juin, vous aviez battu votre record après une première journée exceptionnelle. La seconde était moins bonne en revanche, pourquoi ?

Il y avait sans doute un peu de fatigue. Ce jour-là, l’objectif était avant tout de réaliser les minima (8 200 points) pour les Championnats d’Europe. Je n’étais pas à Ténérife – où il a réalisé ses 8 240 points – pour prendre des risques. À Birmingham, je vais pouvoir me jeter dans la gueule du loup. Car pour réaliser une grosse performance, il faut prendre de gros risques. Et puis j’ai toujours battu deux fois mon record dans une saison depuis le début de ma carrière. J’ai de la marge.

Après Clermont, l’Insep et la police nationale

Ces deux dernières années, vous avez quitté l’Hérault pour vous entraîner à Clermont afin de progresser au saut à la perche au contact de Renaud Lavillenie. Quel bilan dressez-vous de cette expérience ?

Un super bilan. J’ai passé deux années là-bas qui m’ont énormément servi. C’était la meilleure décision à prendre, je ne regrette pas du tout, bien au contraire. Ça m’a permis de vraiment passer un cap à la perche et sur plein d’autres aspects.

Et pourtant vous avez décidé de rejoindre l’Insep (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance), à Paris, pour préparer les Jeux Olympiques de Los Angeles…

Je cherchais un endroit qui centralise les infrastructures (groupe d’entraînement, accès, récupération, kiné, médical). Mais je veux vraiment remercier tous ceux qui m’ont aidé à Clermont. C’était super. Ce chapitre se clôture de la meilleure des manières, avec tous ces records et ces sélections, maintenant direction l’Insep.

11 000 euros pour racheter des perches

L’an passé à la même époque, vous évoquiez vos difficultés à joindre les deux bouts. Votre situation financière s’est-elle améliorée ?

Oui, oui. Les aides de la Fédération sont plus importantes. Par ailleurs, j’ai intégré le dispositif Mission sport avec la police nationale. Ce qui me permet d’être rémunéré pour représenter la police nationale. Mine de rien, c’est quand même hyper important. J’ai un petit matelas pour me déplacer en compétition. En revanche, les saisons sont toujours aussi chères. Pour l’anecdote, en choisissant l’Insep pour m’entraîner, il a fallu que j’achète une gamme personnelle et complète de perches. En l’espace d’un mois et demi, j’ai dû sortir 11 000 euros de ma poche. Autant dire que ça a fait un trou dans le porte-monnaie.