Changement climatique : la mortalité des forêts françaises a plus que doublé en vingt ans
La forêt française continue de s’étendre mais va de plus en plus mal : sous l’effet du changement climatique et des pressions biologiques et humaines, sa mortalité « a été multipliée par 2,5 entre les deux dernières décennies », annonce mercredi 7 octobre l’IGN.
Ce bilan de l’Institut national de l’information géographique et forestière, qui couvre la période 2016-2024, ne prend pas en compte l’impact des canicules, des incendies et de la sécheresse historique de l’été 2026.
« Cette hausse souligne le poids que font peser les changements environnementaux et les bioagresseurs (champignons, insectes, bactéries, NDLR) sur les forêts », indique l’IGN dans un communiqué. La succession des sécheresses et des températures élevées rend les arbres plus vulnérables et les « conditions climatiques peuvent également être propices à certains insectes xylophages, notamment les scolytes », est-il expliqué.
La plupart des espèces sont affectées par cette mortalité croissante, « certaines à cause de maladies spécifiques et d’autres probablement plus par la récurrence des sécheresses et des canicules ou d’autres aléas climatiques », souligne l’IGN.
Affecte leur capacité de puits de carbone
En France métropolitaine, la forêt couvre 17,7 millions d’hectares, soit presque un tiers du territoire. Sa mortalité annuelle atteint en moyenne à 18,1 millions de mètres cubes (Mm³/an) sur 2016-2024, contre 7,4 Mm³/an sur 2005-2013. Cela représente 0,6 % du volume total de bois vivant sur pied en moyenne, selon l’Inventaire forestier national (IFN).
Malgré une surface de forêts qui s’étend – + 100,000 ha par an en moyenne au cours des 15 dernières années – ces facteurs contribuent également à l’altération de l’état des arbres (9 % des arbres concernés selon l’IFN, principalement dans le Nord-Est) ou à leur croissance.
Conséquence : la production biologique (c’est-à-dire la croissance de tous les arbres) annuelle moyenne est « en diminution significative » d’environ 8 % sur les dix dernières années, par rapport à la période 2005-2013. Cette mauvaise santé des forêts françaises affecte également leur capacité à séquestrer du carbone, un rôle pourtant essentiel dans la trajectoire climatique de la France.
Selon l’IGN, le bilan du puits forestier français s’élève à 39 millions de tonnes de CO2 séquestrées par an en moyenne sur 2016-2024, contre 63 millions de tonnes sur 2005-2013, soit un « ralentissement (…) notable » d’environ 38 %. L’organisme souligne toutefois que le puits « tendrait à se stabiliser ces dernières années ».