Charente. Festival de la BD d’Angoulême : la justice déboute l’ancien organisateur
Aux manettes de l'événement depuis 2007, 9eArt+ avait dû renoncer à organiser l'édition 2026 face à un boycott massif des auteurs opposés à sa gestion.
La rédaction avec AFP -
Aujourd’hui à 20:13 | mis à jour aujourd’hui à 20:23
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Le tribunal judiciaire d'Angoulême (Charente) a rejeté ce mercredi le recours engagé par la société 9eArt+ contre son éviction de l'organisation du Festival international de la Bande dessinée (FIBD) et sa demande d'annulation de l'appel d'offres organisé pour choisir son successeur. Aux manettes de l'événement depuis 2007, 9eArt+ avait dû renoncer à organiser l'édition 2026, l'avant-dernière prévue dans le cadre de la convention la liant à l'association historique propriétaire du FIBD, face à un boycott massif des auteurs opposés à sa gestion.
Quelques semaines plus tard, une autre association regroupant pouvoirs publics et acteurs du secteur, l'ADBDA, avait lancé un appel à projets afin de choisir un nouvel organisateur et ce dès 2027, décision au cœur du litige. Privés de subventions par les pouvoirs publics, 9eArt+ et l'association historique du FIBD avaient saisi le tribunal en référé, s'estimant victimes de « parasitisme » et de « concurrence déloyale », et réclamant 300 000 euros de dommages et intérêts.
Des accusations de « concurrence déloyale » balayées
Les magistrats ont écarté la « concurrence déloyale », estimant que le public n'est « manifestement pas exposé à un risque de confusion » entre l'ancien et le nouveau festival, faute de concomitance entre les deux. Ils ont également balayé l'accusation de « parasitisme », étant donné que l'ADBDA a « imposé » au nouveau prestataire, Morgane Group, « d'élaborer une identité et une marque distinctes de celles du FIBD » et que « toutes deux ont médiatiquement intérêt à se démarquer de l'Association du FIBD comme de la SARL 9ème Art+ », à l'image ternie par ces polémiques.
En conséquence, le tribunal rejette « la demande tendant à l'annulation de l'appel à projets lancé par l’ADBDA le 12 janvier 2026 ainsi que la prétention tendant à l'interdiction de tout acte en vue de l'organisation d’un (nouveau) festival de la bande dessinée à Angoulême ». En outre, l'association du FIBD est condamnée à verser 4 000 euros à l'ADBDA et 3 000 euros à la SA Morgane « au titre des frais irrépétibles » occasionnés par la procédure. Une sanction financière similaire a été prononcée contre 9e Art+ mais la société ayant été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce d'Angoulême, ces sommes seront fixées à son passif.