Christine Fréchette mise sur des départs hâtifs à la retraite dans…
La cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, espère couper l’équivalent de 2900 postes de fonctionnaires d’ici le 31 mars 2029 en mettant sur pied un programme volontaire de départs à la retraite pour les employés de 55 ans et plus.
De Québec, où s’est arrêté l’autocar caquiste mercredi, elle a dit calculer un gain de 507 millions sur cinq ans avec ces départs.
L’objectif de Mme Fréchette s’ajoute à celui d’éliminer 3000 postes d’ici l’an prochain, tel que l’a formulé en juin la présidente du Conseil du Trésor, France-Élaine Duranceau.
L’outil de prédilection sera « le scalpel, pour bien préserver les services aux citoyens », a assuré la cheffe de la CAQ, en s’attaquant à la « tronçonneuse » que brandit selon elle le chef conservateur, Éric Duhaime, en promettant de supprimer 20 000 postes de fonctionnaires.
La « Liberté 55 » ne sera d’ailleurs pas offerte dans les réseaux de la santé, de l’éducation et de l’enseignement supérieur.
Pour réduire la paperasse, la CAQ propose le principe d’« une exigence ajoutée, deux retirées ». Le PLQ propose lui aussi un « deux pour un » : deux retraits réglementaires pour chaque ajout.
Une « tiger team » du virage numérique au bureau de la PM
Après avoir ramené la supervision des projets informatiques majeurs dans le giron du Trésor en juin, voilà que la CAQ propose de mettre sur pied une équipe relevant directement de la première ministre. « En regroupant les ressources gouvernementales et en mutualisant les services au sein d’un seul organe, nous réduirons les coûts, nous assurerons un meilleur suivi des projets et bâtirons l’expertise au sein du gouvernement », fait valoir le parti politique.
Avec cette proposition, Mme Fréchette estime répondre à une recommandation de la commission Gallant, qui suggérait, après avoir analysé l’aventure SAAQclic, de mettre sur pied une « tiger team » gouvernementale, une « entité centralisée spécialisée en transformation numérique de l’État ».
« Il faut éviter de se disperser, d’avoir plusieurs équipes qui augmentent tout autant le risque qui est assumé par l’État, parce que c’est une expertise qui est difficile à obtenir », a-t-elle dit, en assurant avoir déjà augmenté les salaires, au public, afin de concurrencer le privé.
Le privé, d’ailleurs, serait mis en concurrence avec le secteur public dans un gouvernement Fréchette. Tant qu’il n’y a pas « d’enjeux de confidentialité de données » ou d’« enjeux stratégiques », le privé pourra être dans la compétition, a dit la cheffe caquiste, en donnant l’exemple de la poste interne, des services d’entretien des édifices et de la maintenance des véhicules gouvernementaux.
Une ouverture au gaz de schiste
Comme elle l’avait fait au printemps, Christine Fréchette a ouvert la porte à un retour de l’exploitation gazière au Québec.
« Dans un premier temps, je veux voir où en sont les Québécois. Et là, on a encore tellement de mouvements dans notre relation avec les États-Unis, les plaques tectoniques bougent. On a un nouveau mur tarifaire qui nous est imposé. […] Donc là, je veux savoir comment on va conclure ces négociations-là avec les États-Unis, dans quel cadre on va s’insérer. Et est-ce que les Québécois sont ouverts à l’idée de réduire notre dépendance, notamment en énergie avec les États-Unis ? » a-t-elle demandé.
Comme elle, le Parti conservateur du Québec a référé à l’idée de s’affranchir des États-Unis ; dans leur cas, pour relancer l’exploitation du gaz de schiste. Or, 99,5 % du gaz naturel distribué au Québec provient du Canada.
Présenté en juillet, le Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques du Québec, feuille de route pour la stratégie énergétique du Québec pour le prochain quart de siècle, notait que « le gaz naturel demeure présent dans le bouquet énergétique et devra être décarboné de manière progressive et ordonnancée ».
Le rapport indique que les gaz de source renouvelable « offriront graduellement une solution de rechange durable ». Ces gaz « regroupent l’ensemble des gaz combustibles produits à partir de matières organiques ou d’énergies renouvelables, soit les bioénergies gazeuses, comme le gaz naturel renouvelable, le biogaz, les gaz de synthèse renouvelables ainsi que l’hydrogène renouvelable ».
Avec Alexandre Shields