Cinq ans de prison pour les vols commis dans les musées de Reims ? « Je m’en fous ! », réagit Pierre Malinowski depuis la Russie
Depuis Moscou où il reste hors d’atteinte de la justice française, Pierre Malinowski déclare plutôt s’intéresser à ses nouveaux projets qu’à sa peine de prison, tandis que l’affaire de Reims inspire plusieurs de ses followers qui s’amusent à le pasticher sous les traits de célèbres personnages.
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La peine est tombée avec la légèreté d’un casque à pointe qui glisserait de sa vitrine d’exposition : cinq ans de prison ferme et 200 000 euros d’amende pour Pierre Malinowski, reconnu coupable d’avoir orchestré les vols de monnaies anciennes, porcelaines et autres objets militaires dans les réserves des musées municipaux de Reims.
Il a toujours affirmé n’avoir rien commandité, accusant un veilleur de nuit d’avoir agi de sa propre initiative avant de lui apporter son aide tardivement, une fois informé des vols (l’ex-gardien a pris trois ans de prison dont un an ferme) mais Pierre Malinowski n’a pas eu l’occasion d’en débattre devant le tribunal de Reims, lors du procès qui s’est déroulé à huis clos les mardi 6 et mercredi 7 octobre 2026 : il en était le grand absent, installé depuis 2017 à Moscou où il est resté hors d’atteinte du mandat d’arrêt international délivré contre lui pendant l’instruction.
Né à Reims d’une famille d’Orainville dans l’Aisne, le Franco-Russe de 39 ans – Vladimir Poutine l’a naturalisé en 2022 – est désormais sous le coup d’un mandat d’arrêt décerné par le tribunal. S’agissant d’une condamnation prononcée par défaut, et si d’aventure la France lui mettait la main dessus, il aurait la possibilité de faire opposition et d’être rejugé en sa présence à Reims. Ce n’est pas demain la veille.
« Je n’ai aucune intention de rentrer pour le moment », annonce-t-il depuis Moscou. Les cinq ans de prison et les 200 000 euros d’amende ? « Je m’en fous ! Comme disait Chirac, ça m’en touche une sans faire bouger l’autre. Rien ne change dans ma vie, à part les nombreux messages que je reçois : il y a un élan de soutien, c’est dingue ! »
Ce qui m’arrive, tout le monde en rigole ici. J’ai des Russes haut placés qui me font des blagues
S’il se moque de sa peine, Pierre Malinowski se dit « super content pour tous les gars qui ont creusé avec moi lors des fouilles ». « Ils ont pris du sursis, sans inscription au B2, pas d’amende : les juges ont compris qu’il fallait les distinguer de mon cas personnel [NDLR : plusieurs des huit prévenus étaient jugés pour avoir assisté Pierre Malinowski lors de fouilles illégales sur des sites de 14-18 proches de Cormicy]. »
L’extrader ? Mission impossible
Citoyen russe, Pierre Malinowski ne risque pas d’être extradé. « De toute façon, il n’y a pas d’extradition avec la Russie. Et puis ce qui m’arrive, tout le monde en rigole ici. J’ai des Russes haut placés qui me font des blagues. Ils m’appellent pour me dire que maintenant, j’ai droit à mon tatoo, les tatouages qu’on se fait en Russie quand vous allez en prison. »
Il y en a d’autres que ses démêlés judiciaires font rigoler : certains de ses quelque 17 300 followers, qui s’amusent (avec l’IA) à le pasticher en footballeur porteur du maillot n°5 ou sous les traits de célèbres personnages rebaptisés « Pierre Lupin » ou « Che Malinowski »…



« Si vous cherchez Pierre Malinowski, il se cache dans la forêt de Sherwood », s’amuse un impertinent en légendant ainsi une reproduction de l’article de L’union qui annonçait le procès, référence à des créations IA représentant le Franco-Russe costumé en Robin des Bois, les pièces du musée Saint-Remi débordant de ses mains.



Robin des Bois volait aux riches pour redonner aux pauvres, rien de tel pour les monnaies pillées à Reims, rectifie Pierre Malinowski. « Je l’ai déjà dit : j’aurais pu les fondre pour m’en faire des dents en or ou un lingot que j’aurais envoyé à Reims - « Tenez les gars, les voilà vos pièces ! » – mais Reims, c’est la ville où je suis né, où j’ai vécu : je veux que les pièces retournent là-bas. »
Il veut récidiver avec un deuxième général
Sur les 136 monnaies, 104 ont été retrouvées à Moscou et attendent d’être réclamées par la France. « C’est pas moi qui gère, je suis passé à autre chose. J’ai un nouveau projet archéologique : sortir mon deuxième général de Napoléon, le général Montbrun, qui est encore plus fort que Gudin que j’ai fait ramener aux Invalides [les restes du second ont été exhumés à Smolensk, le premier est sous terre à Borodino] . »
En attendant, Pierre Malinowski déclare être occupé ces jours-ci par la préparation d’une « grosse interview » avec « un journaliste d’investigation français » qui diffusera l’entretien « sur ses réseaux ». « On va parler de l’affaire de Reims. Je vais me faire plaisir. »
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