CNN, Politico et MS NOW admis de nouveau à la Maison-Blanche

CNN, Politico et MS NOW admis de nouveau à la Maison-Blanche

Les journalistes de CNN, MS NOW et Politico ont de nouveau été admis à la Maison-Blanche jeudi à la mi-journée, en vertu d'une décision de justice ordonnant le rétablissement de l'accès de ces trois médias, six jours après sa révocation par Donald Trump.

Les deux chaînes et le média en ligne avaient auparavant réclamé une audience judiciaire en urgence pour contraindre la Maison-Blanche à respecter cette décision d'un magistrat fédéral de Washington, Timothy Kelly.

Ils accusaient le gouvernement de violer la décision en refoulant en début de matinée leurs journalistes.

Le juge Kelly, qui avait ordonné tôt jeudi le rétablissement de leur accès à la Maison-Blanche, avait donné au gouvernement jusqu'à 12 h 30 pour répondre à cette demande.

La Maison-Blanche s'est en revanche exécutée avant cette échéance.

Timothy Kelly, à gauche, fait prêter serment à Jared Isaacman, à droite, en tant que 15e administrateur de la NASA.

Sur cette photo fournie par la NASA, le juge fédéral américain Timothy Kelly, à gauche, fait prêter serment à Jared Isaacman, à droite, en tant que 15e administrateur de la NASA, en 2025.

Photo : Getty Images / NASA

Bon retour!, ont lancé à la journaliste de CNN Betsy Klein plusieurs de ses collègues lors de son premier direct depuis sa réadmission à la Maison-Blanche. La journaliste a manifesté sa surprise en voyant la foule de confrères et consœurs qui l'entouraient, a constaté un correspondant de l'AFP.

Le juge Kelly a conclu dans sa décision que les droits des journalistes n'avaient pas été respectés, cette sanction leur ayant été infligée sans préavis.

Il a en conséquence exigé que le gouvernement leur restitue immédiatement leurs badges d'accréditation jusqu'à nouvel ordre ou à l'expiration de son ordonnance d'une durée de deux semaines.

Donald Trump a créé la surprise en annonçant le 18 septembre bloquer avec effet immédiat les accès à la Maison-Blanche de CNN, MS NOW et Politico, les accusant de relayer de fausses informations.

Mais ces derniers ont saisi la justice, en dénonçant une atteinte directe au Premier amendement de la Constitution américaine qui garantit la liberté de la presse.

Theodore Boutrous.

Theodore Boutrous est l'avocat qui représente les médias dont l'accès à la Maison-Blanche a été restreint.

Photo : Reuters / Kimberly White

Couverture négative

Lors d'une audience de moins d'une heure mercredi, le représentant du gouvernement, Michael Velchik, avait exhorté le juge Kelly à ne pas statuer avant vendredi soir, échéance fixée aux médias bannis pour contester leur exclusion dans des lettres adressées par le service de presse de la Maison-Blanche.

Dans ces lettres, CNN, MS NOW et Politico se voient en particulier reprocher leurs informations des derniers mois sur la pénurie de munitions des forces armées américaines du fait de la guerre contre l'Iran, contestée par Donald Trump, mais confirmée mi-septembre par un rapport du Pentagone.

Le juge Kelly a cependant balayé les arguments de sécurité nationale invoqués par le gouvernement, qualifiés par l'avocat des médias de justifications a posteriori de la décision de Donald Trump.

Rien dans le dossier n'indique que la révocation des badges ait été motivée par des préoccupations de sécurité nationale, écrit-il, relevant que lors de son annonce d'exclusion de ces trois médias, le président Trump s'est concentré sur leur prétendu manque de véracité et leur couverture jugée négative.

L'éviction de CNN a amené les quatre autres membres du « pool » télévisé de la Maison-Blanche — CBS, ABC, NBC et Fox — à décider de cesser leur participation à ce dispositif crucial, dans une manifestation de solidarité inédite.

Laura Barrón-López, correspondante de MS Now à la Maison-Blanche, travaille sur un coin de rue près de la Maison-Blanche à Washington.

Faute d'avoir accès à la Maison-Blanche, des journalistes des chaînes bannies, dont Laura Barrón-López, s'étaient installés à l'extérieur pour effectuer leurs reportages.

Photo : AFP / GETTY / MANDEL NGAN

Lors de son premier mandat, Donald Trump avait privé d'accréditation un journaliste de CNN après un échange tendu. Sous pression d'une décision judiciaire, la Maison-Blanche lui avait rendu son badge au bout de douze jours.

Le département de la Justice revendique le droit pour le président des États-Unis d'interdire aux médias l'accès à certaines zones de la Maison Blanche, à sa seule discrétion.

L'accès à la Maison-Blanche est un privilège, pas un droit, affirme-t-il.

L'administration Trump reprend les mêmes arguments que contre l'agence de presse Associated Press, pilier du journalisme américain, écartée en 2025 du bureau ovale pour avoir refusé de rebaptiser le golfe du Mexique en golfe d'Amérique.

L'Association des correspondants à la Maison-Blanche, ainsi qu'une cinquantaine de médias, ont apporté leur soutien à l'action de CNN, MS NOW et Politico.

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