Colère des lycéens: dix enquêtes IGPN ouvertes depuis le début du mouvement

Face-à-face entre lycéens et policiers antiémeute, le 1er octobre 2026 à Aubervilliers, dans le nord de Paris - LOU BENOIST © 2019 AFP
Lundi 5 octobre, le ministère de l'Intérieur a indiqué que dix enquêtes IGPN ont été ouvertes depuis le début du mouvement lycéen.
Dix enquêtes ont été ouvertes par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", depuis le début du mouvement lycéen, a indiqué lundi 5 octobre soir le ministère de l'Intérieur.
Au total, 6.059 interpellations ont été effectuées depuis le 28 septembre et 715 policiers ou gendarmes ont été blessés, précise cette même source. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, est prêt à répondre à des "commissions compétentes de l'Assemblée nationale ou du Sénat" qui souhaiteraient l'entendre sur les instructions données, sur la doctrine de maintien de l'ordre ou sur les conditions d'intervention des forces de sécurité", selon son entourage.
Des syndicats accusent le gouvernement de "réprimer"
Depuis le début du mouvement, 215 élèves ont été blessés, "l'immense majorité" l'ayant été "soit dans le cadre d'accidents", "soit par le fait d'autres individus extérieurs", selon Matignon. Un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade à Lens lundi.

"La blessure de ce jeune est un drame, quelles que soient les circonstances dans lesquelles les faits se sont produits (...). Toute la lumière doit être faite sur ce qui s'est passé. Une enquête IGPN a été ouverte", a souligné l'entourage du ministre.
Plusieurs syndicats et associations ont accusé le gouvernement de "réprimer" les mobilisations lycéennes avec une brutalité "disproportionnée", pour faire taire des revendications "légitimes".
La Ligue des droits de l'homme a dénoncé "une dérive globale par rapport à l'État de droit", Amnesty International France appelant à la "désescalade".
Selon l'entourage du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez est "favorable à la transparence la plus complète". Le ministre s'est défendu d'avoir "donné instruction de réprimer les lycéens", comme le "prétend" le dirigeant LFI Jean-Luc Mélenchon. "Les instructions sont constantes: les forces de sécurité intérieure sont d'abord là pour préserver et assurer la sécurité des lycéens, des personnels des établissements et de tous ceux qui veulent exprimer pacifiquement leurs revendications", a-t-il argué.
87% de mineurs parmi les gardes à vue
Plus de 5.000 personnes (5.060), dont 87% de mineurs, ont été placées en garde à vue depuis le début des violences, et 14 placements en détention provisoire ont été ordonnés, d'après la Chancellerie.
Pour la seule journée de lundi, quelque 984 interpellations ont été effectuées et 65 forces de l'ordre ont été blessées, a relevé l'entourage du ministre.

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Sur Paris et son agglomération, il y a eu 142 interpellations en marge de 127 actions, essentiellement pour violences et/ou dégradations, et cinq membres des forces de sécurité intérieure ont été blessés, a souligné la préfecture de police.
Une grande mobilisation est prévue mardi en France. Dans un télégramme adressé lundi aux préfets et consulté par l'AFP, Laurent Nuñez a demandé "d'intervenir sans délais si des troubles devaient éclater". "En cas d'exactions, je vous demande la plus grande réactivité pour y mettre un terme", a-t-il ajouté à la main.
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