Colère lycéenne: Jean-Luc Mélenchon affirme qu'il s'agit du "plus puissant mouvement de jeunesse lycéenne et étudiante" depuis mai 1968

Colère lycéenne: Jean-Luc Mélenchon affirme qu'il s'agit du "plus puissant mouvement de jeunesse lycéenne et étudiante" depuis mai 1968

Leader de la France insoumise et candidat à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a comparé ce lundi 5 octobre la mobilisation lycéenne et étudiante actuelle à celle de mai 1968. Il dénonce une répression "inadmissible".

Alors que la colère lycéenne embrase les rues françaises, Jean-Luc Mélenchon fait volontiers le lien avec le passé. Dans une vidéo publiée sur X ce lundi 5 octobre, le leader de La France insoumise estime que "notre pays voit se déployer le plus puissant mouvement de jeunesse lycéenne et étudiante qu’il ait connu depuis mai 1968".

"S’il en est ainsi c’est parce que, dans le domaine de l’éducation comme dans tous les autres service publics, des politiques d’économie de bout de chandelle et de réduction des crédits accordés ont conduit à une quasi dislocation du système", fustige-t-il.

Débuté le 17 septembre en région parisienne, le mouvement lycéen, rejoint par des étudiants, s'est progressivement étendu avant de s'enflammer jeudi dans de nombreuses villes de France. Les services du Premier ministre ont condamné des "violences urbaines" et en ont imputé la responsabilité à La France insoumise.

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"C'est absurde, notre mouvement ne vise pas ce genre de résultats", conteste Jean-Luc Mélenchon. Si LFI a été vu auprès des jeunes manifestants, c'est parce que "nous avons su dès les premiers mouvements qu’il fallait aller à la rencontre, parler (...) Les enseignants, souvent, sont dans un devoir de réserve c’est pourquoi nous jouons nous un rôle de discussion, de médiation et surtout maintenant de protection", ajoute-t-il.

Dénonçant une doctrine de maintien de l'ordre "de plus en plus brutale puisque son objet est toujours plus confus, toujours moins facile à discerner", le candidat LFI à la présidentielle estime que "ce qui est en train de se passer en matière de répression est inadmissible dans un pays civilisé, dans une vieille démocratie".

Plusieurs syndicats ont accusé le gouvernement de "réprimer" les mobilisations lycéennes avec une brutalité "disproportionnée", pour faire taire des revendications "légitimes". La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a dénoncé une "dérive globale par rapport à l'État de droit" des interventions policières et Amnesty International a appelé les autorités à une "désescalade".

190 élèves ont été blessés depuis le début du mouvement et plus de 5.000 personnes, dont 87% de mineurs, ont été placées en garde à vue. Dix enquêtes de la police des polices sont en cours.

"Rapport de force" et "brutalité"

Évoquant mai 1968, Jean-Luc Mélenchon rappelle la "grève générale de 10 millions de travailleurs", l'"organisation de la révolte des jeunes absolument généralisée", les "centaines de véhicules brûlés, des milliers d'heures de manifestation, des rues entièrement dépavées". Tout ça "sans qu'il y ait un seul mort", souligne Jean-Luc Mélenchon.

"Parce que la police alors était dirigée par un préfet de police, le préfet Grimaud, qui avait compris que le maintien de la tranquillité n’était pas ce que l’on voulait en faire, c’est-à-dire une opération de rapport de force et de brutalité. Parce que les syndicats de police de l’époque avaient déclaré fermement que quiconque frappait une personne à terre se déshonorait. Comme on en est loin aujourd’hui, c’est à l’inverse."

Le leader de LFI cite en comparaison les mots de l'actuel ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui a déclaré concernant la répression des manifestations lycéennes: "il n’y a aucune consigne de retenue et aucune consigne de ne pas utiliser tout l’armement à disposition des forces de sécurité intérieure".

Déplorant un jeune "totalement édenté" par un tir de LBD, un autre qui a "perdu un oeil" et un troisième, à Lens, dont la main et le bras ont été "broyés" par "une grenade de désencerclement", Jean-Luc Mélenchon se dit convaincu que ces abus "seront bientôt dénoncés sur la scène internationale".

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Jugeant la mobilisation de la jeunesse légitime, il rappelle qu'"un établissement sur deux manque au moins d'un professeur", que "80% des salles de classe" ont connu des températures supérieures à 30°C lors des canicules, que les emplois du temps sont "totalement désorganisés" et qu'en raison de Parcousup, il y a "à cette heure plus de 100.000 jeunes qui n'ont pas d'affectation dans l'enseignement supérieur".

Alors que le mouvement pourrait encore prendre de l'ampleur mardi, puisqu'une vaste intersyndicale de l'Éducation nationale a appelé à participer aux mobilisations, le candidat à la présidentielle demande à ce que des Français se déplacent "pour encadrer les manifestations des jeunes, pour les protéger contre l'éborgnement et les tentatives d'asphyxie par les gaz lacrymogènes".

"Pour cela vous pouvez mettre soit un casque blanc soit un brassard blanc sur votre bras pour qu’on vous reconnaisse comme une force d’interposition entre la violence policière et la manifestation, explique-t-il. J’ai bon espoir que nous soyons très nombreux, calmes, pacifiques, à la rencontre de nos jeunes pour les protéger et pour qu’ils puissent préparer leur avenir en le défendant eux-mêmes, comme nos générations l’ont fait."

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