Comment la ville de Charleroi veut renouer des liens de confiance entre sa police locale et ses citoyens: focus sur la sécurité

Comment la ville de Charleroi veut renouer des liens de confiance entre sa police locale et ses citoyens: focus sur la sécurité

Pour dresser un état des lieux de la sécurité devant le conseil communal de Charleroi, le bourgmestre Thomas Dermine ne s'est pas seulement entouré des expertises du procureur du Roi et de plusieurs chefs de corps de la police fédérale et locale (ainsi que du président du CPAS pour le volet social et sanitaire), il avait invité, à l'initiative de Denis Ducarme du MR, le bourgmestre Open-VLD de Malines à venir expliquer comment cette ville flamande appelée Chicago sur Dyle a fait reculer de 84 % sa criminalité de rue.

En l'absence de Bart Somers, c'est le Premier échevin Groen de Malines Kristof Calvo qui est venu présenter le "miracle malinois" : on en retiendra que Malines a déployé une action sur deux plans : fermeté sécuritaire et cohésion sociale, combinés à des investissements importants dans l'espace public.

Grâce à cela, la cité réputée insécure à la fin des années 90 a retrouvé la confiance de ses habitants, elle est redevenue plus sûre, plus attractive. Une solution que selon Thomas Dermine, Charleroi n'a pas reçu les moyens de mettre en place, d'autant que la montée en puissance des narcotrafics a changé la donne.

Si les chiffres de criminalité restent stables (autour de 30 000 faits chaque année), "la violence s'est aggravée", a déploré le chef de zone Laurent Van Doren. Ce qui est lié à des règlements de compte dans les milieux des stupéfiants.

Le procureur du Roi Vincent Fiasse l'a confirmé : à Charleroi où le taux de réponses pénales de 73 % sur les dossiers poursuivables dépasse la moyenne nationale, la volonté est de durcir les actions contre les consommateurs de drogues dures. C'est sur le terrain de la lutte contre le harcèlement sexuel et sexiste que le chantier a le mieux avancé.

Critiques

Selon Dermine, les promesses du gouvernement fédéral n'ont pas toujours été tenues. Un plan Grandes Villes avait été présenté avec des lignes de force : présence de militaires en rue, intensification des opérations policières coordonnées, renforcement de la lutte administrative contre la criminalité organisée, accroissement des équipements technologiques – notamment le réseau de caméras – enfin, investissement de 66,3 millions d'euros en cinq ans dont 25 pris en charge par l'État fédéral.

De tout cela, Charleroi n'a pas vu grand-chose. A court terme, le bourgmestre appelle à la création d'un service de proximité, avec de vrais agents de quartier. Il faut aussi accroitre la visibilité des forces de l'ordre en rue pour retisser des liens sociaux avec le citoyen.

Pour le chef de groupe MR-IC Jean Noël Gillard, il est indéniable que la criminalité augmente. "Elle prospère là où la ville recule", assure-t-il. une urgence absolue à laquelle Denis Ducarme a fait écho, en déplorant le manque de policier et le manque d'attractivité de la zone.

À l'initiative de plusieurs élus du PTB dont sa cheffe de groupe Pauline Boninsegna, un constat sévère de la sécurité a été dressé. Violences physiques en hausse, infractions liées aux trafics d'armes, deal. Ces phénomènes ont été reliés à la dégradation du cadre de vie : chancres, espaces désertés, éclairage défaillant et dépôts clandestins.

Comme le MR, le PTB demande un plan et des améliorations. Pour les Engagés, la cheffe de groupe Manon Choël a évoqué la transformation de la ville, la montée d'une violence inextinguible. Sa collègue Clara Huwart a posé la question de la confiance dans les forces de l'ordre.

Enfin, la cheffe de groupe PS Isabella Greco a appelé tous les groupes politiques à une union sacrée comme Malines a su le faire, à agir chacun à son niveau de pouvoir. Thomas Dermine a conclu là-dessus: il n'y aura pas de résignation. Il appelle à réfléchir à une fusion des zones de police de la Métropole, sur le modèle de Bruxelles.

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