Cool, comme les frères Coen, 18e prix Lumière

Cool, comme les frères Coen, 18e prix Lumière

À Lyon, on aime les frères. Les Lumière, Auguste et Louis. Les Dardenne, Luc et Jean-Pierre. Les Coen, Ethan et Joel, les 18e lauréats du Prix Lumière, ce trophée prestigieux décerné dans la ville qui a vu naître le cinématographe. Les deux Américains succèdent, entre autres, à Jane Campion, Catherine Deneuve, Clint Eastwood, Ken Loach, Pedro Almodovar, Tim Burton et aux frères… Dardenne.

Le déroulé des événements est immuable. Dans le cadre du Festival Lumière – cette manifestation très populaire (200.000 spectateurs) qui ramène sur le grand écran des dizaines de films du passé -, est organisée une rétrospective de leur œuvre. Dans les meilleures conditions, on voit progressivement apparaître les lignes de force de leur style.

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Histoire de famille

Deuxième temps. Le vénérable Théâtre des Célestins bondé les accueille pour une conversation menée par Thierry Frémaux, l'infatigable animateur des festivités et par ailleurs le délégué général du Festival de Cannes. Joel et Ethan se la jouent modeste. À la question "qui fait quoi ?", ils répondent qu'ils font tout ensemble. Et c'est valable pour chaque poste pendant la préparation et le tournage. Leur job consiste juste à choisir la meilleure bonne idée sortie des échanges avec leurs fidèles collaborateurs. Car c'est une famille. Présent dans la salle, leur producteur affirme qu'il n'existe pas de plateau plus agréable aux USA. Il en est à son neuvième film. Le compositeur Carter Burwell est là depuis leurs débuts. Trois directeurs photo se partagent leur filmo. Et combien de fois a-t-on vu devant leur caméra Goodman, Turturro, Buscemi, Clooney, Bridges et Frances McDormand, la femme de Joe ? D'ailleurs, quand on demande à Joel, quel est son film préféré ; il comprend celui qu'il a préféré faire. Il répond : O'Brother, car il y avait une telle ambiance sur le plateau avec à la musique de T-Bone Burnett.

Troisième temps. La remise physique du prix fait l'objet, dans une vaste salle de congrès, d'une cérémonie festive joyeux mélange de mini-concerts, de montages virtuoses et d'éloges des lauréats. De son poste d'observation unique, Frances McDormand a décrit le binôme Joel-Ethan comme une confrérie tout en pointant ce qui caractérise son Joel : son rire gloussement. Quant à Javier Bardem, il a raconté en détail l'histoire de sa mémorable coiffure de No Country for Old Men, faisant s'écrouler de rire des milliers de personnes. C'est cette réception XXL, parfois bruyante comme une tribune de supporters de foot, qui cueille à chaque fois les lauréats. Et cela n'a pas raté. Joel Coen n'a pas fondu en larmes comme Tim Burton mais, ce réalisateur auquel il faut arracher les mots en interview, est subitement devenu volubile en évoquant ses 40 années d'aventures fraternelles et cinématographiques avec Ethan.

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