Côte-d’Or. Vous n'avez pas de lunettes : cet astronome vous explique comment profiter de l'éclipse malgré tout

Côte-d’Or. Vous n'avez pas de lunettes : cet astronome vous explique comment profiter de l'éclipse malgré tout

Le directeur de la Société astronomique de Bourgogne, Éric Chariot, nous explique comment profiter de l'éclipse « même sans lunettes ».

Vincent Lindeneher -

Aujourd’hui à 08:00

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À quelques heures de l’éclipse du soleil du mercredi 12 août dans la soirée, il est devenu très difficile, voire quasiment impossible, de trouver des lunettes pour l’observer.

Preuve de la pénurie, samedi 8 août, dans la matinée, place de la Sainte-Chapelle, à Dijon, pour la vente de lunettes spéciales organisée par la Société astronomique de Bourgogne (SAB), les 2 000 paires disponibles sont toutes parties entre 10 et 12 heures (alors que l’opération devait initialement aussi durer jusqu’à 18 heures).

Éric Chariot (à d.), directeur de la Société astronomique de Bourgogne.  Photo archives Vincent Lindeneher

Éric Chariot (à d.), directeur de la Société astronomique de Bourgogne.  Photo archives Vincent Lindeneher

« Il y a des moyens d’observer l’éclipse sans danger et sans matériel extraordinaire »

Dimanche dernier, Éric Chariot, le directeur de la SAB, confirme que « les lunettes-éclipse sont en rupture un peu partout ». Malgré tout, il indique que « même sans lunettes, il y a des moyens d’observer l‘éclipse sans danger et sans matériel extraordinaire ». Il suffit de ne pas regarder le soleil en direct. « La méthode la plus simple est celle du “petit trou” (sténopé). » Le spécialiste renvoie à une page explicative dédiée sur Wikipedia. « Le principe est enfantin : vous prenez une plaque de carton, vous percez un trou dedans et vous regardez l’ombre du carton. La tache lumineuse au milieu de l’ombre du carton, c’est tout simplement l’image du Soleil à travers le petit trou, et pendant l’éclipse, cette tâche montrera un soleil partiellement éclipsé, en croissant. Et vous pouvez faire cela avec n’importe quoi qui a des trous : une écumoire ou une passoire (vous avez alors autant d’images d’éclipses que de trous), un rond avec vos doigts, le feuillage d’un arbre (1). »

Ce qu’il ne faut absolument pas faire

En revanche, il alerte sur le fait qu’il y a des méthodes, qui circulent çà et là, « à ne surtout pas faire ». Ces méthodes à éviter absolument sont : de regarder à l’œil nu, de regarder à travers un appareil photo, d’utiliser des jumelles, d’utiliser un CD, un DVD ou un Blu-ray, d’utiliser des lunettes de soleil, d’utiliser une pellicule photo, de regarder à travers du verre fumé, d’utiliser une boîte trouée non adaptée, d’utiliser un masque de soudure. 

Enfin, pour le directeur de la SAB, afin d’être en sécurité sur ce sujet, « mieux vaut encore venir avec la SAB à l’aérodrome de Darois le 12 août ». « Nous aurons des lunettes, mais aussi plein d’autres dispositifs sûrs pour bien l’observer. »

(1) Parlant « d’anecdote rigolote », Éric Chariot rappelle que « le sténopé est l’ancêtre de la caméra ». « La “ camera obscura ” est le mot latin pour “chambre noire”, qui ressemble fort à la boîte à éclipse, où l’image de l’extérieure est projetée sur un écran intérieur, après être passée par un petit trou (l’objectif). »