Culture. Après un été boosté par les canicules, la rentrée du cinéma français

Culture. Après un été boosté par les canicules, la rentrée du cinéma français

L‘été a été très chaud. Dans la fournaise caniculaire, les salles obscures climatisées sont apparues comme de véritables refuges climatiques. La météo a incontestablement été un facteur démultiplicateur de la fréquentation des cinémas, qui s’est maintenue à des niveaux exceptionnels de semaine en semaine. Entre le 29 juillet et 4 août, un record a été battu, avec plus de 6 millions d’entrées, la meilleure performance réalisée à cette période depuis que le Centre national du cinéma mesure les données hebdomadaires (1993). La tendance n’a pas fléchi, avec les meilleurs cumuls post-Covid jamais observés, 4,7 millions d’entrées du 5 au 11 août, et 4,26 millions du 11 au 18 août.

Le succès de La Bataille de Gaulle

Les productions hollywoodiennes ne sont pas les seules à tirer profit d’une popularité remarquée. Si Ulysse dans l’aventure de L’Odyssée (Universal), le super-héros Spider-Man (Sony Pictures) et le Marsupilami de Philippe Lacheau sont sur le podium avec plus de six millions de tickets écoulés, Pathé a annoncé dimanche un cumul de cinq millions d’entrées pour les deux volets de La Bataille de Gaulle, réalisés par Antonin Baudry : « Le film a su fédérer toutes les générations autour d’un grand récit de cinéma », se félicite le géant français du cinéma, qui espère attirer à partir de la rentrée des classes, un public scolaire autour de cette fresque historique.

Des niveaux d’avant-Covid retrouvés

Depuis le 1er janvier, 107,98 millions d’entrées ont été enregistrées dans les cinémas du territoire, une affluence en hausse de 20,5 % par rapport à la même période de 2025. La météo n’a pas été le seul facteur de la dynamique, en marche avant la canicule, qui a agi comme un effet booster sur une offre plurielle de films, de qualité et de tous genres, de nature à embrasser un large spectre de spectateurs. C’est cette diversité qui porte certainement plus que la saison estivale seule, la croissance actuelle des salles de cinéma, avec une fréquentation qui se situe régulièrement à ses plus hauts niveaux depuis le Covid.

Cette reprise nette est appelée à se consolider dans les prochains mois. Au point que Gaétan Bruel, le président du Centre national du cinéma, prédit avec optimisme qu’en 2026 « les 200 millions d’entrées sont atteignables, et peut-être plus vite qu’on ne le pense ».

Le box-office devrait continuer à être dynamisé par l’arrivée de plusieurs titres, grand public comme cinéma d’auteur. Plusieurs films de la compétition du dernier Festival de Cannes vont sortir. Après Soudain de Ryūsuke Hamaguchi, Fjord la Palme d’or de Cristian Mungiu, déjà sur les écrans, sont attendues plusieurs œuvres françaises : L’Inconnue d’Arthur Harari (26 août), La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet (9 septembre), Histoires de la nuit de Léa Mysius (16 septembre), Garance de Jeanne Herry (23 septembre) et Notre Salut d’Emmanuel Marre (30 septembre).

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À l’automne, les très attendus Astérix et Kaamelott

La saison d’automne va amener dans les salles une programmation domestique attrayante. En octobre, seront très en vue Les Misérables par Fred Cavayé (le 14), puis Karma de Guillaume Canet et la sensation de la cannoise Semaine de la Critique La Gradiva de Marine Atlan (le 21), et enfin le biopic Moulin de László Nemes, avec Gilles Lellouche dans le rôle du grand résistant.

En novembre, Badinter de Pierre Godeau prend l’affiche le 11 novembre avec Bastien Bouillon pour jouer le rôle de l’avocat abolitionniste de la peine de mort, figure de la justice et de la défense des droits de l’homme. Le même jour, Alexandre Astier revient avec le deuxième volet de Kaamelott.

Le premier mercredi de décembre doit sortir le très attendu Astérix - Le Royaume de Nubie d’Alexandre Heboyan, coécrit par Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, les réalisateurs et scénaristes derrière le succès aux plus de 9 millions d’entrées Le Comte de Monte-Cristo (2024).

Autant de films susceptibles de parler à l’intelligence et à la sensibilité des spectateurs, de maintenir l’attention sur les films français, et de conforter le box-office de 2026.

Un nouvel Astérix en animation, sur les écrans le 2 décembre prochain, avec les voix de Christian Clavier en Astérix et François-Xavier Demaison en Obélix. Photo DR

Un nouvel Astérix en animation, sur les écrans le 2 décembre prochain, avec les voix de Christian Clavier en Astérix et François-Xavier Demaison en Obélix. Photo DR

Cette conjoncture favorable pour le cinéma aura de quoi alimenter le Sommet Lumière, coprésidé par le président de la République française, Emmanuel Macron, et le président de la République de Corée, Lee Jae-myung, le lundi 7 septembre 2026, à Saint-Paul de Vence (Alpes-Maritimes).

Premier sommet international consacré à l’avenir du cinéma et de l’image animée, cet événement, autour de150 invités de plus de 30 pays des cinq continents, parmi lesquels les principaux dirigeants et décideurs internationaux des secteurs du cinéma, de l’audiovisuel et du jeu vidéo, entend démontrer les atouts du cinéma dans les salles. Une conférence va y être consacrée : « L’exclusivité en salles regagne du terrain en tant que puissant moteur d’attention, d’impact culturel et de valeur à long terme », soulignent les organisateurs.

Autour de la table seront réunis des exploitants, des distributeurs, des studios et plateformes de streaming « pour examiner les raisons de ce regain d’intérêt pour l’exclusivité et la manière dont un engagement renouvelé envers la sortie en salles peut créer davantage de valeur ». Une manière de rappeler que le cinéma est une activité économique de poids.