De 5 à 23 ans de prison pour cinq maires d’opposition en Turquie
Un tribunal d'Istanbul a condamné lundi cinq maires d'opposition turcs, reconnus coupables notamment de corruption, ont rapporté les médias turcs.
Kevin Dupont
Source: Belga, AFP
24 août 2026, 19:52
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Cinq élus arrêtés au premier semestre 2025, tous issus du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), formation d’opposition au président Recep Tayyip Erdogan dans le viseur de la justice, ont été condamnés à des peines allant de cinq ans et dix mois à plus de 23 ans de prison.
Le maire d’opposition de la ville d’Adıyaman (sud-est) a lui été acquitté, et un autre, élu en 2024 à la tête de l’arrondissement d’Istanbul le plus peuplé, a été condamné à huit mois avec sursis pour “abus de pouvoir par négligence”, au terme du procès qui s’était ouvert fin janvier.
“Je suis innocent”
Riza Akpolat, maire de l’arrondissement stambouliote de Beşiktaş, a été acquitté du crime d’appartenance à une organisation criminelle mais reconnu coupable de corruption, trucage d’offres et blanchiment, écopant de 23 ans et trois mois de prison, la peine la plus lourde, selon l’agence de presse officielle Anadolu.
L’homme d’affaires repenti Aziz Ihsan Aktas, auteur des aveux incriminant les élus d’opposition et initialement accusé d’avoir dirigé une supposée organisation criminelle liant ces derniers, a été acquitté de cette charge, selon Anadolu. Il encourait jusqu’à 280 ans de prison.
“Je suis innocent. Il n’existe aucune preuve concrète dans cette affaire. Tout repose sur (...) des déclarations de calomniateurs”, avait lancé lundi devant la cour le maire de Beşiktaş, Riza Akpolat, selon des propos rapportés par l’agence de presse Anka.
Sorti large vainqueur d’élections locales en 2024 face au parti AKP du président Erdogan au pouvoir depuis 2002, le CHP croule depuis sous les enquêtes et les arrestations. Plusieurs dizaines de ses maires ont été arrêtés et démis de leurs fonctions à travers la Turquie.