De Wever is de nieuwe De Croo ? - RTBF Actus
Chicken game
On le disait depuis la fin de l’été, Bart De Wever et Georges-Louis Bouchez s’étaient, sur la TVA, enfermés dans un chicken game, le jeu de la poule mouillée, ce jeu où le premier qui craque passe pour un dégonflé... comme dans ces séries B où deux voitures foncent l’une vers l’autre sur une route de l’Arizona.
C’est donc Bart De Wever qui a fait l’embardée pour éviter le crash, c’est donc lui le poulet, De Wever "always chickens out" comme disent les Américains à propos de Donald Trump, qui finit toujours par se coucher devant plus fort que lui.
Victoire pour Georges-Louis Bouchez
Georges-Louis Bouchez en ressort renforcé, indéniablement. Il a obtenu ce qu’il voulait : pas de hausse de la TVA. Pour le président du MR, c’est une victoire sur le fond. Mais aussi symbolique. Car il apparaît, bien qu’à l’extérieur, comme l’homme le plus fort du gouvernement. Comme l’était Bart De Wever sous le gouvernement Michel ou Paul Magnette sous le gouvernement De Croo.
Aujourd’hui donc, il y a quelque chose de la passation de pouvoir : Bouchez is de nieuwe De Wever et De Wever is de nieuwe De Croo.
Difficultés à venir en vue de 2029 pour Bart De Wever
De Wever is de nieuwe De Croo, mais l’histoire n’est pas encore finie. La N-VA explique que Bart De Wever ne renonce pas vraiment à la TVA, il évoque plutôt une solution transitoire. La N-VA explique vouloir contourner l’obstacle, prendre un peu de temps et éviter les douzièmes provisoires comme l’année passée. Plutôt que de rechercher 10 milliards et d’avoir une trajectoire jusqu’aux élections en 2029 censée rassurer les marchés, on va faire comme d’habitude, chercher de l’argent pour chaque année. De 10 milliards, l'effort passe à 4 milliards. Il restera pour 2028 et 2029 à trouver 6 milliards.
Or, rien ne dit que ce sera plus simple l’année prochaine. L'histoire politique nous dit même plutôt l’inverse. Car plus on se rapprochera des élections, plus ce sera compliqué de prendre des mesures impopulaires et d'aller contre les tabous des uns et des autres. Le plan de De Wever avait une cohérence, en prenant les décisions difficiles maintenant, à deux ans et demi des élections, il diminuait le risque électoral et assurait une trajectoire budgétaire prévisible pour les marchés.
Ce ne sera pas le cas.
Le plus dur commence maintenant pour Bart De Wever, car sa coalition risque d’être de plus en plus instable. En donnant cette victoire au président du MR de manière aussi ostentatoire, Bart De Wever s’est personnellement déforcé. Les autres partis peuvent en effet se dire que désormais, De Wever finira toujours par plier devant leurs exigences, surtout si elles flirtent avec la déloyauté.
Pour De Wever lui-même, il y a un risque politique majeur, car les deux derniers Premiers ministres qui sont apparus plus faibles qu'un président de parti, De Croo et Charles Michel, ont vu leur carrière s’arrêter net. Il faudra beaucoup de talent à De Wever pour restaurer son autorité désormais.