Découvrez en images le chantier de rénovation du Grand-Théâtre de Verviers (vidéo)
Cela fait plusieurs mois maintenant que des barrières ont été installées autour de la bonbonnière et que l'on aperçoit des ouvriers qui s'affairent. Mais que se passe-t-il réellement à l'intérieur ? Ce mardi, l'architecte Olivier Bastin (L'Escaut) et l'échevin de la Culture Jean-François Chefneux (Nouveau Verviers) nous ont exceptionnellement ouvert les portes de ce chantier colossal, mené par le groupement Wust-Denys.
"Entre un projet que vous dessinez et sa mise en œuvre, c'est vraiment différent, confie Olivier Bastin. C'est comme un frémissement, une émotion de l'intérieur. On a des sensations. Il y a une évolution de jour en jour." L'une des premières étapes a consisté à démonter tous les éléments qui devaient être conservés. "On a par exemple retiré les menuiseries et autres cloisons ouvragées qui sont classées et seront restaurées en atelier", précise-t-il. Une impressionnante découpe, laissant entrer la lumière du jour, a aussi été réalisée à l'arrière du théâtre, pour permettre aux machines de passer mais aussi en vue de la construction de la future extension. Elle sera, à terme, en partie rebouchée. "On se rend compte que c'est comme un organe vivant, dans lequel on est train de tailler. Le bâtiment avait une vie et c'est comme s'il vibrait encore aujourd'hui."

Une perspective inédite
Lorsque l'on pénètre dans la salle, au niveau du premier étage, la vue est impressionnante. Les sièges rouges et la scène ont disparu, tout comme la machinerie d'époque (une partie de celle-ci sera réinstallée à des fins muséales). À sa place, une pelleteuse est occupée à enlever des gravats. Durant l'été, la fosse d'orchestre sera détruite également jusqu'au -1 et des travaux seront aussi effectués au niveau du parterre. "C'est ça qui va faire qu'avec une seule salle, il y aura 4 configurations possibles, rappelle l'architecte. Une configuration où tout le parterre sera horizontal jusqu'au nez de la scène, pour des spectacles debout, une deuxième avec des gradins jusqu'au nez de la scène, une troisième avec un proscenium et une dernière qui est avec la fosse d'orchestre, pour pouvoir faire des opérettes."
Le mur du fond de la scène s'ouvrira de manière plus grande pour communiquer directement avec l'extension. "Il y aura là un 2e studio et des interactions seront possibles entre ces deux salles de spectacles." Pour l'instant, le chantier se déroule comme prévu. Un petit aménagement inopiné a toutefois fait son apparition au niveau du plafond. "On a dû mettre un filet parce que la toile marouflée autour du dôme se décolle. Entre le moment où on a fait les offres et le moment où on a reçu l'accord pour le chantier, deux ans s'étaient écoulés et il y a eu des infiltrations. Ce filet permet de récupérer ce qui tombe", précise Jean-François Chefneux. Enfin, une grue sera aussi installée fin août.

Et les façades ?
Des premiers tests de décapage ont été exécutés sur la façade avant. "On découvre un jeu de couleurs. À l'origine, ils jouaient avec de la pierre bleue, de la pierre sablonneuse et de la brique. On retrouve donc de l'ocre mais aussi pas mal de gris", détaille Olivier Bastin. Devrait-on laisser ainsi ou éclaircir, comme c'était le cas ces dernières décennies? "Ce sera discuté lors d'une réunion avec l'AWaP la semaine prochaine", note-t-il.

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