DECRYPTAGE. Bouilloires thermiques : "Les vagues de canicule vont forcément entraîner des ajustements", comment le marché immobilier va changer à cause de la chaleur

DECRYPTAGE. Bouilloires thermiques : "Les vagues de canicule vont forcément entraîner des ajustements", comment le marché immobilier va changer à cause de la chaleur

l'essentiel Plus d'un Français sur deux estime que la capacité d'une habitation à faire face aux fortes chaleurs s'avère être un critère important. Dans ce contexte, le marché de l'immobilier devrait connaître, dans les mois et années à venir, quelques évolutions avec la répétition des vagues de canicule.

Choisir un logement bien isolé et peu gourmand en énergie : au jeu des saisons, l'hiver a longtemps concentré l'attention des futurs acquéreurs et locataires. Par souci de confort, mais aussi pour des raisons financières avec cette volonté de ne pas voir sa facture de gaz et d'électricité s'envoler à la moindre dégringolade du mercure.

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À l'heure du réchauffement climatique, et alors que les vagues de chaleur se succèdent depuis la fin du mois de mai, il faut désormais ajouter à la crainte de la passoire thermique celle de la "bouilloire".

"Lorsqu'on parle de canicule, on parle de quelques jours, voire de deux ou trois semaines dans l'année, nuance Yann Jéhanno, président du réseau Laforêt dans les colonnes de Capital. Aujourd'hui, en agence, on ne nous interpelle pas sur la climatisation d'un logement."

Peut-être pas encore de manière systématique, mais le critère de confort en période estivale "va forcément entraîner des ajustements", estime Régis Sebille, responsable des analyses chez Bien'ici, interrogé par La Dépêche du Midi. "C'est même évident, poursuit l'expert. À moins qu'on oublie très vite ces périodes de fortes chaleurs, comme on l'avait oublié en 2003, même si ça paraît plus difficile à concevoir avec la répétition de ces événements."

Un Français sur cinq envisage de déménager pour trouver un logement mieux adapté

Selon une étude Ipsos BVA pour Bouygues Immobilier parue en juin, plus de 36 % des Français estiment que leur logement ne les protège pas efficacement de la chaleur. Et dans ce contexte, 57 % affirment désormais que la capacité d'une habitation à faire face aux fortes chaleurs s'avère être un critère important. Plus d'un Français sur cinq (22 %) envisage même de déménager pour dénicher un habitat mieux adapté pour supporter la touffeur estivale.

À titre d'exemple, Bien'ici relève que la canicule a boosté la recherche de maisons avec piscine en ce mois de juin le plus chaud jamais enregistré par Météo-France, ce critère ayant grimpé de 22 % sur la période. "Cela se voit d’autant plus dans les régions situées au nord de la Loire", constate Régis Sebille, pour qui la piscine devient "un vrai critère de supplément, ou en tout cas d'envie".

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"Comme le DPE a déjà fait émerger une décote pour les passoires thermiques, le confort d'été pourrait progressivement creuser l'écart entre les biens 'adaptés' et ceux qui ne le sont pas, indique de son côté le réseau Optimhome. Pour un vendeur, mettre en avant ces atouts devient un argument commercial. Pour un acheteur, les évaluer évite une mauvaise surprise estivale."

"Vouloir négocier les prix à la baisse"

Une bonne orientation, des protections solaires de qualité (volets, stores...), la possibilité de faire des courants d'air, une forte inertie thermique des matériaux de construction (résistance au changement de température), la présence d'une climatisation ou d'une pompe à chaleur : tous ces paramètres vont forcément être mis en avant là où les logements exposés au chaud, sous les toits par exemple, devraient moins facilement trouver preneur.

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"Oui et non, tempère Régis Sebille. Car en matière d'immobilier, les gens font avant tout en fonction de leurs moyens. Et sur les logements moins 'confortables', certains vont certainement vouloir négocier les prix à la baisse car l'acheteur va prendre en considération le prix des travaux."