DÉCRYPTAGE. Primaire de la gauche : vers qui vont pencher les nombreux inscrits qui ne sont pas militants des partis ?
l'essentiel Au cœur de la primaire de la gauche pour 2027, les regards se tournent vers les dizaines de milliers de sympathisants non encartés dont le vote pèsera lourd dans la désignation du vainqueur. Rémi Lefèvre propose des éléments de décryptage.
C'est le "money-time" pour les cinq candidats à la primaire de la gauche : ces 9 et 10 et 11 octobre, des dizaines de milliers de votants sont appelés aux urnes pour savoir qui d'Emmanuel Maurel, de Raphaël Glucksmann, de Jérôme Guedj, de Ségolène Royal ou d'Olivier Faure sera le "champion" de la sociale-démocratie en vue de la présidentielle 2027.
Au total, quelque 140 000 personnes se sont inscrites sur les listes électorales : elles sont un peu plus de 28 000 à être encartées chez Place Publique et 35 000 à faire partie du Parti socialiste. S'ajoutent à cela le millier de sympathisants qui font partie de la Gauche républicaine et socialiste (GRS).
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Et pour le reste ? Ils sont près de 80 000 votants non encartés à avoir déboursé 15 euros pour participer au vote. "C'est une véritable boîte noire dans ce scrutin", commente Rémi Lefebvre, politologue, qui annonce une primaire chargée d'incertitude.
Mais qui sont ces inscrits non encartés qui vont prendre part au vote ? Le politologue met sur la table plusieurs hypothèses qui permettent de caractériser cette population non encartée : Il y a d'abord "des gens qui viennent voter pour le candidat le mieux placé dans les sondages. Là, c'est l'hypothèse Glucksmann", énonce ce dernier.
Un vote stratège ?
Vient ensuite "l'effet campagne de la primaire" suscité par les récents débats télévisés : "Vous avez quand même eu une première émission qui a rassemblé 1,8 million de téléspectateurs et deux autres débats qui, pour chacun d'entre eux, ont été scrutés par 700 000 personnes", rappelle Rémi Lefebvre. De quoi potentiellement inciter des électeurs non encartés à voter pour "tel ou tel candidat qu'ils auraient trouvé intéressant".
Rémi Lefebvre évoque par ailleurs un troisième profil : celui de votants stratèges, des sympathisants – par exemple écologistes – qui seraient favorables à un candidat comme Olivier Faure, prônant un "rassemblement avec les autres forces de gauche".
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Les sociaux-démocrates doivent-ils également craindre le vote de type "parasitage", qui consiste pour des électeurs d'un autre camp à participer au scrutin pour favoriser le candidat jugé le plus facile à battre ? Le politologue écarte cette hypothèse : un ticket d'entrée à 15 euros "reste quand même un obstacle à un vote d'entrisme", souligne l'intéressé.
Loin des 2,6 millions de votants lors du scrutin de 2011
Reste que la dynamique globale de participation interroge. Avec environ 140 000 inscrits, on est en effet très loin des 2,6 millions de votants qui, lors du scrutin de 2011, avaient adoubé François Hollande. Ou des quelque 1,6 million de la primaire citoyenne 2017 remportée par Benoît Hamon. Un volume qui se rapproche davantage, selon l'expert, de celui observé lors de la primaire écologiste de Yannick Jadot.
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Une participation en net recul pour le Parti socialiste, d'autant que le profil du corps électoral a profondément évolué : alors qu'en 2011 les adhérents ne représentaient qu'une minorité d'un corps pléthorique, les sympathisants non encartés pèsent aujourd'hui plus de la moitié des inscrits de cette primaire.