Des cages pour capturer les pigeons à Roquebrune-Cap-Martin ? L’association Projet Animaux Zoopolis (PAZ) dénonce une pratique « cruelle »

Des cages pour capturer les pigeons à Roquebrune-Cap-Martin ? L’association Projet Animaux Zoopolis (PAZ) dénonce une pratique « cruelle »

Des cages destinées à capturer des pigeons ont-elles été installées à Roquebrune-Cap-Martin dans le cadre d’une campagne pouvant conduire à leur mise à mort ? C’est ce que redoute l’association Projet Animaux Zoopolis (PAZ), mobilisée pour la protection animale. Alertée par un habitant, elle nous a transmis plusieurs photographies et dénonce des pratiques qu’elle juge cruelles.

« Notre association travaille depuis plusieurs années sur la question des méthodes cruelles utilisées par les municipalités pour gérer les populations de pigeons », explique Amandine Sanvisens, cofondatrice de PAZ.

Elle affirme avoir recensé au moins trois dispositifs, sur deux sites : le toit de l’école maternelle du Rataou et le château de Roquebrune, où deux cages auraient été installées.

Le deux-roues rongé par les flammes était encore visible ce samedi 17 octobre, avenue des Clémentines. Les voitures, entièrement détruites par les flammes, ont été enlevées.

« Nous avons écrit à la mairie, car il s’agit de bâtiments municipaux. Dans ce contexte, il nous paraît logique que la municipalité soit à l’origine de cette campagne, d’autant que ce type d’intervention est fréquent dans les communes. »

« Ils peuvent mourir de faim, de soif ou d’épuisement »

Les pigeons sont attirés dans les cages à l’aide de maïs, puis se retrouvent piégés.

« Nous avons déjà été témoins, dans d’autres situations, de pigeons qui mouraient dans les cages de faim, de soif ou d’épuisement, parce que les prestataires mettaient parfois plusieurs jours avant de venir les récupérer », affirme Amandine Sanvisens.

Concernant Roquebrune-Cap-Martin, elle reconnaît toutefois ne pas connaître le sort réservé aux oiseaux capturés ni la méthode qui pourrait être utilisée pour les tuer.

L’association dénonce notamment des pratiques observées ailleurs, comme le gazage au CO₂ dans des caissons hermétiques. « Ils meurent alors par asphyxie, ce qui constitue une méthode violente. D’autres pigeons sont tués par torsion du cou. Pour nous, cela relève également de la cruauté envers les animaux. »

« Agir sur les naissances plutôt que tuer les pigeons »

Les cages seraient installées sur deux sites : le toit de l’école maternelle du Rataou et le château de Roquebrune.
Les cages seraient installées sur deux sites : le toit de l’école maternelle du Rataou et le château de Roquebrune.
PAZ

Pour PAZ, des alternatives existent.

« L’objectif est d’agir sur les naissances plutôt que de tuer les pigeons. Les pigeons sont libres de leurs déplacements, mais ils s’habituent à rentrer dans le pigeonnier pour y dormir et s’y reproduire. La régulation se fait alors au niveau des œufs, que l’on peut notamment secouer pour empêcher le développement des embryons et éviter les naissances », explique Amandine Sanvisens.

L’association cite Nice, où des pigeonniers contraceptifs sont utilisés, ainsi que Menton, qui aurait cessé les captures à la fin de l’année 2023, à la suite d’une campagne de sensibilisation menée par PAZ.

« Nous devons apprendre à cohabiter avec les animaux »

Face aux habitants qui dénoncent les déjections et les problèmes d’hygiène, PAZ préconise des interventions ciblées, comme le renforcement du nettoyage des zones concernées.

« Selon les études auxquelles nous nous référons, les transmissions de maladies liées aux pigeons restent rares. Tous les animaux peuvent transmettre des maladies, y compris les humains entre eux. Ce n’est pas une raison pour les éliminer », estime Amandine Sanvisens.

Plus largement, la cofondatrice défend une autre approche de la présence animale en ville. « Nous devons apprendre à cohabiter avec les animaux sans les tuer. Aujourd’hui, nous avons tendance à éliminer les animaux dès qu’ils nous dérangent. Nous souhaitons sortir de cette logique en mettant en place des politiques publiques permettant une cohabitation pacifique. »

PAZ réclame le retrait immédiat des cages

L’association demande désormais à la municipalité de retirer les dispositifs et de lui répondre. « À ce jour, nous n’avons reçu aucune réponse à notre mail envoyé au maire Patrick Cesari. Nous demandons le retrait immédiat des cages, compte tenu de la souffrance animale et des questions juridiques soulevées par le droit européen. »

Si la mairie ne répond pas favorablement, PAZ envisage une pétition, une manifestation devant l’hôtel de ville ou encore une distribution de tracts.

Nous avons sollicité la municipalité de Roquebrune-Cap-Martin afin d’obtenir des explications sur la présence de ces cages et les modalités de cette opération. À l’heure où nous écrivions ces lignes, nous n’avions pas reçu de réponse.