Des clientes se détournent de la fast fashion à Hannut: "Porter des vêtements qui nous reflètent" (vidéo)
Acheter moins, et mieux. Tel est le message porté par la formation organisée ce samedi 10 octobre 2026 dans la cité hesbignonne, dans le cadre de la lutte contre la fast fashion, cette mode à bas prix qui encourage le renouvellement rapide des collections et la surconsommation de vêtements.
Pour guider les participantes, Cinzia Pol, coach en image depuis plus de vingt ans, les a invitées à réfléchir à leur style personnel plutôt qu'à suivre les tendances éphémères.
"La mode, c'est quelque chose qui passe. Ici, l'idée est de vraiment travailler sur le style de la personne. On appelle ça le style identitaire. On choisit des vêtements en accord avec sa personnalité, ses envies et ce que l'on souhaite exprimer. Le but est de porter des vêtements qui nous reflètent, qui reflètent notre identité", partage la spécialiste.
L'un des premiers conseils sur laquelle insiste la formatrice liégeoise est d'éviter les achats impulsifs.
"C'est vraiment prendre le temps de se poser la question de ce dont on a besoin, ou pas. J'encourage les consommateurs à se rendre en magasin pour toucher les matières, apprécier les couleurs et essayer les vêtements. Tout ce qui est fast fashion, c'est du clic beaucoup trop rapide et impersonnel, et ce n'est pas top", estime Cinzia Pol.
C'est dans l'arrière-boutique de la Vestiboutique de la Croix-Rouge de Hannut qu'a été dispensée la formation de samedi, avec l'appui de l'intercommunale de gestion des déchets Intradel.
Le lieu n'a pas été choisi par hasard dans la mesure où la seconde main constitue une autre piste pour renouveler sa garde-robe sans alimenter la surconsommation.
Une prime pour les achats de seconde main
"Aujourd'hui, dans la seconde main, il y a énormément de choix et de produits de bonne qualité", souligne Cinzia Pol, qui invite à dépasser les préjugés.
Pour Christian Pyre, animateur chez Intradel, l'atelier proposé à Hannut s'inscrit dans une démarche plus large de réduction des déchets.
"L'objectif est de faire prendre conscience aux gens qu'il convient d'acheter mieux et moins plutôt que d'acheter de grosses quantités de vêtements.
C'est pour cela que nous souhaitons encourager les achats de seconde main en magasin physique. Une prime permet de récupérer 50% du montant des achats, jusqu'à 30 euros. La participation à une activité de sensibilisation permet de relever le plafond à 50 euros d'achat, toujours à hauteur de 50%", conclut le représentant d'Intradel.
"De plus en plus de clients"
Ancienne institutrice maternelle à la retraite, Monique Scheen est aujourd'hui la responsable de la Vestiboutique de la Croix-Rouge de Hannut.
"Nous avons de plus en plus de monde qui fréquente les magasins de seconde main. Un nombre croissant de personnes sont intéressées par ce mode de consommation, que ce soit par philosophie ou par besoin. La clientèle de dames est plus importante, au niveau des pantalons, des blousons, des chemisiers, des chaussures aussi", explique la bénévole hannutoise.
Pour assurer son fonctionnement, le magasin peut compter sur une vingtaine de bénévoles qui assurent toutes les tâches, du nettoyage des locaux au service à la clientèle.
"Nous recevons les vêtements que nous vendons à prix fixes. Les bénéfices nous permettent de payer le loyer, l'électricité et les autres charges. Le surplus est utilisé pour confectionner des colis alimentaires distribués par la Croix-Rouge", indique encore Monique Schenne.
"Le plaisir de chiner, comme à la brocante"

Installée dans les campagnes de l'entité de Huy, Virginie Karikese fréquente volontiers les magasins de seconde main, depuis longtemps. Une démarche à la fois économique, écologique et solidaire, qu'elle prolonge au quotidien en partageant les vêtements et le matériel avec les autres familles de son habitat groupé.
"Avec des enfants, acheter d'occasion permet d'habiller toute la famille à moindre coût, tout en soutenant des associations qui viennent en aide à différents publics, comme ici la Croix-Rouge de Hannut. Le partage fait également partie de mon mode de vie. Les vêtements d'enfants, bottes de pluie, vestes ou matériel utilisé occasionnellement circulent entre voisins, ce qui nous évite des achats souvent superflus", commente la Hutoise.
Lorsqu'elle entre dans un tel commerce, elle s'y sent un peu comme à la brocante.
"C'est le plaisir de chiner, celui de chercher à dénicher, au détour d'un rayon, la pièce rare ou inattendue", sourit Virginie Karikese.
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