Des navires de guerre chinois et russes ont bouclé un tour complet du Japon, une démonstration qui inquiète Tokyo

Des navires de guerre chinois et russes ont bouclé un tour complet du Japon, une démonstration qui inquiète Tokyo

Trois destroyers chinois ont traversé le détroit de Corée début août. Ils achèvent ainsi un tour entier des eaux japonaises, entamé avec la marine russe en juillet. Pour Tokyo, cette manœuvre coordonnée confirme la solidité du rapprochement stratégique entre Pékin et Moscou.

Un destroyer chinois navigue en mer près des côtes japonaises lors d’une patrouille militaire autour de l’archipel.
Un navire de guerre chinois traverse les eaux proches du Japon. Cette démonstration navale, menée dans le cadre d’une coopération croissante avec la Russie, nourrit les inquiétudes sécuritaires de Tokyo. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Un passage par le détroit de Corée qui achève un tour naval complet autour de l’archipel japonais

La Chine et la Russie affichent une coopération militaire croissante. Elle est portée par leur volonté commune de contester l’influence américaine. Depuis 2012, leurs marines organisent chaque année les manœuvres conjointes Joint Sea, pensées pour muscler leur réponse face aux menaces en mer.

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Le lundi 3 août 2026, trois navires de guerre chinois ont traversé le détroit de Corée. Le groupe réunissait des destroyers de type 055 et 052D et un navire de soutien de type 903. En réaction, le ministère japonais de la Défense a mobilisé navires et avions de patrouille pour suivre leur trajet.

Une carte diffusée par le ministère raconte le reste du parcours. Ces navires, accompagnés de bâtiments russes, avaient franchi le détroit de Miyako le 16 juillet. Ils ont ensuite longé les îles Ogasawara et les côtes sud-est de l’archipel, avant de rallier le détroit de La Pérouse le 27 juillet, entre Hokkaido et Sakhaline.

Pékin et Moscou veulent prouver qu’ils peuvent agir librement autour de la première chaîne d’îles

Combiné au passage par le détroit de Corée, cet itinéraire dessine un tour complet du Japon. Pour le ministère de la Défense, cette séquence vise une démonstration de force contre l’archipel. Elle constitue, selon lui, une source de vive préoccupation pour la sécurité nationale du pays.

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Stephen Nagy, professeur de relations internationales à l’Université chrétienne internationale de Tokyo, y voit un message adressé à Tokyo et à Washington. Pékin chercherait surtout à mettre la pression sur le Premier ministre japonais. L’objectif : montrer sa capacité à circuler librement dans la première chaîne d’îles, qui inclut Taïwan.

Des patrouilles jugées de plus en plus ambitieuses par les experts en sécurité maritime

Benjamin Blandin, chercheur au Conseil de Yokosuka sur les études Asie-Pacifique, suit ces patrouilles chinoises et russes depuis plusieurs années. Il constate qu’elles gagnent en ambition. Elles durent plus longtemps, couvrent des zones plus vastes et adoptent une posture stratégique plus affirmée.

Pour le Japon, le vrai problème n’est donc pas l’allongement de la route empruntée. C’est plutôt l’effet cumulatif de ces développements successifs. Cette accumulation nourrit, selon le chercheur, la perception d’un environnement sécuritaire régional de plus en plus complexe et conflictuel.

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Ray Powell, expert en sécurité maritime et directeur du projet de transparence SeaLight, propose une autre lecture. Pour lui, cet itinéraire permet surtout à Pékin d’affirmer une chose : la première chaîne d’îles n’entrave plus sa liberté d’action militaire en mer.

Face à cette pression, le Japon accélère le renforcement de ses capacités de défense

Le 4 août 2026, le ministre japonais de la Défense Shinjiro Koizumi a haussé le ton. Il juge impératif de renforcer les capacités militaires du pays avec un sentiment d’urgence inédit. Cette mise en garde figure dans la préface du livre blanc annuel sur la défense japonaise.

Tokyo a déjà augmenté ses dépenses militaires. L’archipel a aussi déployé des lance-missiles sur ses îles périphériques et assoupli ses règles d’exportation d’armement. Il cherche par ailleurs à acquérir des capacités de contre-frappe, signe d’une posture défensive de plus en plus offensive face à ses voisins.

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