Des physiciens ont réussi à transporter de l’antimatière dans un camion pour la première fois

Des physiciens ont réussi à transporter de l’antimatière dans un camion pour la première fois

Au sommaire de "la planète des sciences" cette semaine : de l'antimatière transportée dans un camion pour la première fois, des abeilles dont la qualité de la chorégraphie dépend du public et des baleines auscultées à l'aide de drones...

Pour la première fois, des physiciens du CERN ont réussi à transporter de l’antimatière dans un camion

Pour mesurer l’importance de cet exploit, il faut commencer par rappeler ce que sont les particules d’antimatière. Elles sont presque identiques aux particules de matière mais leur charge et leur magnétisme sont inversés. Les atomes de matière ordinaire possèdent des protons chargés positivement et des électrons chargés négativement alors qu’un atome d’antimatière a des antiprotons négatifs et des antiélectrons positifs. Et quand un atome de matière et un atome d’antimatière se rencontrent ils s’annihilent en produisant de l’énergie. Selon les lois de la physique, matière et antimatière ont dû être créées en quantité égale lors du Big Bang. Elles auraient donc dû se détruire mutuellement laissant un univers vide. Pourtant l’univers connu contient principalement de la matière.

Comment expliquer ce déséquilibre entre matière et antimatière dans l’univers ? C'est une énigme pour les scientifiques. Pour tenter de comprendre, les physiciens du CERN (Le laboratoire européen pour la physique des particules) produisent depuis une vingtaine d’années des particules d’antimatière pour les ausculter. Jusqu’à présent ils les étudiaient sur leur lieu de production. Ces particules s’annihilant au contact de la matière, elles sont extrêmement délicates à transporter.

Mais les chercheurs ont mis au point une capsule cryogénique dans laquelle ils ont réussi à enfermer un nuage de 92 antiprotons, pour ensuite les transporter en camion sur plusieurs kilomètres. Cette première mondiale constitue un test. Le but final est de pouvoir convoyer des antiprotons générés au CERN jusque dans des laboratoires européens équipés d’appareils de mesure de très haute précision qui permettront peut-être d’en apprendre davantage sur cette encore très mystérieuse antimatière.

Pour en savoir plus : le communiqué du CERNOuverture dans un nouvel onglet

La qualité de la danse des abeilles dépend de leur public

On sait depuis longtemps que lorsqu’une abeille partie en éclaireuse trouve des fleurs riches en nectar, elle informe ses congénères de sa trouvaille en dansant. Une fois rentrée à la ruche, elle effectue une succession de mouvements circulaires en secouant son abdomen pour indiquer aux autres butineuses la direction à suivre et la distance à parcourir. Mais on ignorait que la qualité de la prestation des danseuses dépend de leur public.

Des chercheurs ont découvert que, lorsqu’il y a peu d’abeilles pour la regarder, la danseuse effectue sa chorégraphie en s’interrompant pour faire des allers et venues comme si elle cherchait à rameuter d’autres butineuses. Ce qui a pour effet de brouiller son message. Inversement, si la danseuse est bien entourée, elle s’applique. Ses mouvements sont plus précis et les informations plus claires.

Mais attention, si le public est nombreux mais essentiellement composé de jeunes abeilles qui ne butinent pas, donc pour lesquelles l’information n’a pas d’intérêt, là encore la danseuse bâcle sa chorégraphie. Pour qu’une abeille danse bien, il lui faut un public fourni ET intéressé.

Pour en savoir plus : l'étude publiée dans PNASOuverture dans un nouvel onglet et un communiqué de l'Académie chinoise des sciencesOuverture dans un nouvel onglet

Comment faire passer une visite médicale à une baleine sans la déranger ? Des chercheurs ont trouvé la solution !

Des scientifiques britanniques et norvégiens ont eu l’idée d’analyser l’haleine des baleines pour évaluer leur santé. Pour ce faire ils ont utilisé des drones. Ils ont suivi dans leur migration des baleines à bosses mais aussi des cachalots et des rorquals. Et lorsque les cétacés sortaient la tête pour expulser de l’air par leur évent (cette narine qu’ils ont sur la tête), les chercheurs ont fait passer leur drone dans le panache d’air et de gouttelettes soufflé par les mammifères marins, afin de recueillir un échantillon de leurs postillons.

L’analyse de ces prélèvements a montré qu’il était possible d’y déceler la présence de plusieurs virus dont un potentiellement mortel pour les cétacés : le morbillivirus. A l’avenir, en complément des biopsies faites sur les carcasses échouées, cette nouvelle méthode de prélèvement par drone permettra de surveiller la circulation d’agents pathogènes chez les baleines vivantes sans risquer de les stresser ou de les blesser.

Pour en savoir plus : l'étude publiée dans BMC Veterinary ResearchOuverture dans un nouvel onglet et un communiqué du King's College de LondresOuverture dans un nouvel onglet