Des podiums en prélude des Grands Prix à l'anonymat : le S.O.S de Maya Weug, ex-protégée de Ferrari
Le plus important, ce n'est pas la chute. C'est l'atterrissage. On peut avoir connu la gloire en portant les couleurs du constructeur automobile le plus mythique de la planète, avoir couru en mondovision lors des week-ends des Grands Prix de F1, monté sur le même podium que les Verstappen, Norris ou Hamilton, avoir suscité l'attention des médias,… Et, du jour au lendemain, tout peut basculer.
Maya Weug, vice-championne de la série féminine F1 Academy et qui fut la rivale la plus coriace de Doriane Pin l'an dernier, avait pourtant rebondi du côté du Belcar cette année, réorientant sa carrière vers le GT.
Retour réussi pour Barry Baltus à Silverstone : "Je suis super heureux"Hélas, à mi-saison, la Belgo-Néerlandaise, originaire de Flandre Occidentale par sa mère, a vu son aventure avec ART Racing prendre fin. Résultat, Maya se retrouve sans rien alors qu'elle foulait les paddocks de la F1 il y a encore moins d'un an.
Dans un cri du cœur, la jeune femme s'est fendue d'un long message pour faire part de son désarroi. Un cri du cœur que nous vous livrons in extenso.
"J'ai essayé de vous montrer les points positifs toute la saison, mais la vérité est que 2026 est de loin l'année la plus difficile de ma carrière", commente Maya.
"Il y a un an, je me battais pour un championnat, empochant des victoires et en montant sur le podium presque tous les week-ends. Je n'ai jamais pensé que même pas un an plus tard, je serais dans cette position."
guillementJe m'attendais juste à ce que les résultats accumulés au cours des dernières années comptent pour quelque chose.
"Il y avait un grand projet pour cette saison. Peu de temps avant qu'il ne commence, tout s'est effondré, pour des raisons indépendantes de ma volonté. À ce moment-là, il était très tard pour trouver une solution de repli, et par moi-même, il a été vraiment difficile de retrouver un volant."
"J'ai eu la chance d'avoir fait trois courses à Belcar, et je suis vraiment reconnaissant envers ART Racing de m'avoir donné cette opportunité. Nous avons terminé sur le podium lors de mes débuts au volant d'une GT. Mais je ne ferai pas les 24 heures de Zolder. Donc, en ce moment, je n'ai pas de courses à mon agenda."
"J'ai continué à travailler. J'ai fait du coaching pour d'autres pilotes, et j'ai passé du temps du côté de l'ingénierie. J'ai beaucoup appris et j'ai beaucoup grandi en tant que personne cette année. Mais je ne veux pas rester sur le muret. Je veux courir. Je veux être de retour au plus haut niveau et montrer ce dont je suis réellement capable. C'est ce que je veux faire pour le reste de ma vie et je travaille tous les jours pour remonter dans une voiture."
"Le sport automobile est un environnement difficile. Je pense que je m'attendais juste à ce que les résultats que j'ai accumulés au cours des dernières années comptent pour quelque chose."
Pas un cas isolé
Garçon ou fille, il est toujours regrettable de voir un jeune pilote rester "dans le fossé". Le cas de Maya n'est hélas pas isolé. Pour les demoiselles ayant foulé la F1 Academy, si l'on excepte Doriane Pin qui confirme la règle en ayant brillamment rebondi en prototypes, l'après peut se révéler très difficile.
Certes, le championnat 100 % féminin a le mérite de mettre les filles dans la lumière mais quand tout s'arrête, il est souvent compliqué de retrouver un volant. Les Chloe Chambers, Lola Lovinfosse et Aurelia Nobels ont certes pu rebondir soit en GT, soit en monoplace, mais pas toujours dans le meilleur contexte et avec des performances qui les mettent en délicatesse face à leurs homologues masculins.
La F1 Academy a déjà pris des initiatives pour aider les filles dans la suite de leur carrière, notamment en offrant à la championne un volant à l'échelon supérieur. Les constructeurs que les protagonistes représentent dans le championnat pourraient aussi s'investir d'avantage en leur portant assistance pour la suite de leur carrière. Par exemple, Aston Martin pourrait placer sa protégée en GT3 ou GT4, si les portes de la monoplace devaient se fermer. Ferrari a déjà fait un effort timide en permettant à Maya Weug de tester une 296 GT3 en fin d'année dernière.
Et la principale intéressée de conclure : "Donc, si vous êtes une équipe, un partenaire ou si vous connaissez la personne à qui je devrais parler, veuillez me contacter".
Aux différentes parties prenantes autour de la F1 de s'activer afin que le cas Weug ne se reproduise plus pour les prochaines favorites de l'Academy.
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