Des propos antisémites tenus dans une vidéo virale indignent, une enquête ouverte
France 15/08/2026 20:32 Actualisé le 15/08/2026 22:32
Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux montre une commerçante de la station des Deux-Alpes tenir un discours antisémite. Les réactions n’ont pas tardé.

GRICHKA BEYSSON-LEANDRI / Hans Lucas via AFP
Une enquête a été ouverte après des propos antisémites tenus dans une vidéo virale par une commerçante en Isère.
Les ministres Laurent Nuñez et Aurore Bergé ont condamné, ce samedi 15 août, les propos antisémites tenus par une commerçante dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Une enquête a été ouverte et le procureur de la République a été saisi.
« Dès que la vidéo a été portée à ma connaissance, la gendarmerie nationale a ouvert une enquête en lien avec le parquet », a écrit le ministre de l’Intérieur sur X à la mi-journée. « La personne concernée devra répondre des propos tenus, que je condamne fermement, et qui n’ont pas de place dans notre République », a ajouté Laurent Nuñez.
Publiée vendredi sur X, la vidéo du compte Jugé coupable capte un échange entre la propriétaire d’une buvette et un client à la station des Deux-Alpes, en Isère, selon le compte. « La communauté juive, vous êtes trop nombreux (...) À un moment donné, ça excède les gens », lance la commerçante à son interlocuteur.
La vidéo, siglée « Balance ton antisémite », a suscité de nombreux commentaires et est devenue virale. Elle dépassait les 870 000 vues ce samedi après 21 h 00.
Un signalement au procureur de la République
Après la condamnation du ministre de l’Intérieur, Aurore Bergé a assuré que la commerçante, « propriétaire de la buvette », devait être « auditionnée par la gendarmerie nationale » ce samedi après-midi. La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations a également « demandé au préfet de l’Isère de procéder à un signalement au procureur de la République (article 40) immédiatement ».
D’après les informations du Dauphiné Libéré, la commerçante a effectivement été entendue par les gendarmes et a quitté les locaux libre après son audition. Le parquet de Grenoble a, par ailleurs, fait savoir au quotidien ainsi qu’à BFMTV que l’enquête était ouverte pour « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine ou de la religion ».
« La mise en cause a été entendue cet après-midi et a reconnu les propos tenus en expliquant le contexte dans lesquels ils avaient été prononcés », a complété le parquet, ajoutant que « dans la mesure où des témoins doivent encore être entendus, aucune décision n’a été prise par le parquet à l’issue de son audition ».
« La commune des Deux Alpes tient à rappeler ses valeurs d’ouverture, de respect et d’inclusion », a sobrement réagi ce samedi soir la mairie sur Facebook, rappelant que les « circonstances précises » des faits restaient à établir par les enquêteurs.