“Des rues entières méthodiquement ravagées” à Paris - Macron appelle à “faire bloc face aux semeurs de chaos”

“Des rues entières méthodiquement ravagées” à Paris - Macron appelle à “faire bloc face aux semeurs de chaos”
© REUTERS

Manifestations en France

M.G

17 octobre 2026, 19:37Dernière mise à jour: 20:29

Ajoutez-nous à vos favoris Google

📌 Ce qu’il faut retenir

• De vives tensions et des affrontements nourris ont émaillé samedi les manifestations de “colère” contre la “vie chère”. Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, annonce que 550.000 manifestants ont participé à la journée de mobilisation dont “110.000” à Paris. Plus tôt, les organisateurs avaient déclaré que 800.000 personnes étaient mobilisées.

• La résidence officielle de la préfète de Gironde a été “saccagée” et le RAID a été déclenché à Bordeaux. Les portes des mairies de Lille et de Marseille ont été forcées et les locaux ont en partie été saccagés. Une antenne de l’office de tourisme de Lyon a été incendiée, tout comme l’hôtel de ville de Limoges. De nombreux commerces ont été pillés à travers la France.

• Un manifestant a eu la main arrachée par une grenade policière à Saint-Étienne.

• Emmanuel Macron a déclaré que ceux qui ont “cassé” et “pillé” lors des manifestations seront “poursuivis et punis” et que le pays fera “bloc face aux semeurs de chaos qui ne cherchent qu’à abattre nos institutions”.

• Des tensions sont toujours en cours dans la soirée, particulièrement à Paris.

En Direct

Consultez les mises à jour importantes

20:23

Environ "550.000" manifestants en France, 400 interpellations, selon le ministère

Environ 550.000 personnes ont manifesté samedi en France, dont 110.000 à Paris, lors de la journée de mobilisation contre la "vie chère" et environ 400 personnes, "en majorité des majeurs", ont été interpellées, a annoncé Laurent Nuñez, qui a pointé la responsabilité "l'ultragauche" dans les actions violentes. Les organisateurs de ces manifestations ont diffusé plus tôt dans la soirée une estimation de 800.000 participants.

S'exprimant devant la presse, le ministre de l'Intérieur, qui a dénombré 110 défilés samedi, a fait valoir qu'en marge des cortèges, s'étaient constitués "des groupes de casseurs - plusieurs centaines, plusieurs milliers parfois selon les lieux - à l'instigation très claire de l'ultragauche".

Une cellule de crise samedi soir

Laurent Nuñez a aussi estimé que des "délinquants d'opportunité" en avaient profité "pour s'en prendre à des commerces" et les "piller".

Le Premier ministre Sébastien Lecornu préside samedi soir la cellule interministérielle de crise, mise en place plus tôt dans la journée, pour faire le point sur les violences qui se poursuivent après les manifestations du 17 octobre, a fait savoir Matignon. Seront notamment présents autour de lui le ministre de la Justice Gérald Darmanin et son collègue de l'Intérieur Laurent Nuñez.

20:12

Emmanuel Macron dénonce des "semeurs de chaos"

Emmanuel Macron a déclaré samedi soir que ceux qui ont "cassé" et "pillé" lors des manifestations seront "poursuivis et punis" et que le pays fera "bloc face aux semeurs de chaos qui ne cherchent qu'à abattre nos institutions".

"Aucune place pour la violence dans notre République. Ceux qui ont cassé, attaqué les préfectures comme les commerces, pillé jusqu’à nos mairies, seront poursuivis et punis", a écrit le président français sur X. "Nous ferons tous bloc face aux semeurs de chaos, qui ne cherchent qu’à abattre nos institutions et empêchent ceux qui expriment pacifiquement leurs revendications de le faire", a-t-il ajouté.

‌

20:04

Des "rues entières méthodiquement ravagées" à Paris

Le maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire a estimé que le bilan des violences et pillages commis samedi en marge des manifestations contre la vie chère dans sa ville serait "d'ampleur immense", des "rues entières" ayant été "méthodiquement ravagées".

"Très en colère", l'édile a évoqué au micro de Franceinfo TV, outre les commerces saccagés et pillés, "des dégâts sur l'espace public" et "des monuments qui ont été dégradés, cassés". "Des rues entières ont été méthodiquement ravagées", a-t-il déploré, en tenant à faire "la différence entre le mouvement social" et "des casseurs" pour lesquels il n'a "aucune indulgence".

‌

© REUTERS

20:03

Un incendie en cours à l'hôtel de ville de Limoges

Un incendie est en cours à l'hôtel de ville de Limoges (centre-ouest), selon la préfecture du département de la Haute-Vienne, après qu'un groupe d'individus a attaqué le bâtiment lors de violences survenues au terme de la manifestation de samedi.

Le feu s'est propagé sur une aile du bâtiment et a atteint le toit, a indiqué un témoin à un correspondant de l'AFP.

19:30

Environ 800.000 participants en France, selon les organisateurs

Quelque 800.000 personnes ont participé aux actions et défilés partout en France samedi contre la "vie chère", selon un bilan actualisé diffusé par plusieurs organisations associées à cette mobilisation nationale.

Le syndicat CGT avait diffusé une première estimation de 500.000 participants à 17h00, mais a annoncé en soirée s'aligner désormais sur le chiffre de 800.000 participants retenu par les organisations de jeunesse, dont l'Union étudiante, et un site de gilets jaunes après les "remontées de plusieurs grandes villes, notamment Montpellier, Strasbourg, Lille, Bordeaux, Nantes et Marseille".

© NLBeeld

18:58

La résidence préfectorale à Bordeaux "saccagée", le RAID déclenché

La résidence officielle de la préfète de Gironde a été "saccagée" lors des émeutes survenues samedi à Bordeaux en marge de la mobilisation du 17 octobre. Le RAID, unité d'élite spécialisée dans les interventions à haut risque, a été déclenché pour assister les forces de l'ordre, selon une source proche des autorités.

"Des individus sont entrés et ont saccagé les lieux", a indiqué à l'AFP une porte-parole de la préfecture, tandis que la préfète, Sophie Brocas, a condamné "avec la plus grande fermeté" les dégradations commises en ce lieu et le pillage de commerces.

Selon une source proche des autorités, confirmant une information de LCI, le RAID a été déclenché dans la foulée de l'attaque de la résidence préfectorale.

18:38

Sébastien Lecornu: "Une violence d'une extrême intensité"

"Nous ne nous laisserons pas intimider", a assuré samedi le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, mettant en garde, dans une allusion à La France insoumise (LFI), ceux qui veulent faire des violences en marge des manifestations du 17 octobre "un tour de chauffe" avant l'élection présidentielle de 2027.

"Des groupes d'ultragauche ont organisé la violence dans plusieurs villes de France", écrit le Premier ministre sur le réseau social X. "À ceux qui clairement veulent faire de ces violences 'un tour de chauffe' avant l'élection présidentielle, je le dis clairement : nous ne nous laisserons pas intimider. Personne n'imposera son agenda politique par la violence", ajoute-t-il.

Sébastien Lecornu a également apporté samedi "tout" son soutien aux forces de l'ordre "qui ont affronté une violence d'une extrême intensité" lors des manifestations du 17 octobre.

"Au moment où certains cherchent à jeter l'opprobre sur nos forces de l'ordre, je veux dire aux Français qu'ils peuvent être fiers de leurs policiers et de leurs gendarmes. Ils ont affronté une violence d'une extrême intensité pour protéger nos concitoyens et ils méritent tout notre soutien", a-t-il poursuivi sur X.

"Les consignes données sont claires : empêcher les exactions, protéger les biens et les personnes, interpeller leurs auteurs et les déférer à la justice", a ajouté le Premier ministre, sous le feu des critiques de la gauche qui dénonce la responsabilité des autorités dans ces violences et la stratégie du maintien de l'ordre.

De nombreuses scènes de violence ont émaillé plusieurs villes de l'Hexagone, notamment à Paris, Lyon, Marseille, Lille et Bordeaux, où la résidence préfectorale a été "saccagée".

‌

18:08

Le maire de Paris condamne des "actes de casse"

Le maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, a condamné "fermement" les "dégradations" et "actes de casse" observés samedi dans la capitale, alors que "la grande majorité des manifestants" souhaitaient "défiler dans le calme".

"Ces actes de casse détournent l'attention des revendications des lycéens", présents dans la rue aux côtés d'étudiants, de gilets jaunes et de divers militants, "et nuisent à l'image de leur mobilisation", déclare l'édile dans un entretien au quotidien Ouest-France. "Mais je veux également le dire avec la même fermeté : aucune mobilisation ne doit être un prétexte à des violences contre les manifestants", poursuit-il.

Emmanuel Grégoire
Emmanuel Grégoire © ANP / EPA

17:50

Plusieurs cortèges sauvages au cœur de Paris

Si la manifestation du cortège principal a touché à sa fin, les heurts continuent à Paris. Des cortèges sauvages se forment à différents endroits, notamment sur les Champs-Elysées, et des affrontements ont encore lieu. De nombreux commerces ont aussi été pillés.

© AFP

17:44

Un restaurant incendié à Paris

Des émeutiers ont incendié un restaurant près de la place de la République à Paris. Il s'agit du restaurant "La Barrique", situé à l'angle de la rue Beaurepaire et de la rue Albert Thomas. Des images montrent le bâtiment en proie aux flammes.

© AFP
© AFP

17:20

"Plus de 500.000" manifestants, selon la CGT

"Plus de 500.000" personnes ont participé aux actions et défilés organisés partout en France samedi contre la "vie chère", selon le syndicat CGT, qui a appelé le gouvernement à "arrêter de réprimer" après les affrontements observés entre manifestants et forces de l'ordre.

"Le gouvernement doit arrêter de réprimer et répondre immédiatement aux revendications sociales", a indiqué dans un message à l'AFP le syndicat, qui faisait partie des organisations ayant appelé à participer. Il salue une "nouvelle grande journée de mobilisation, la plus importante depuis la rentrée" avec "1.750 rassemblements ou manifestations dans toute la France" et "plus de 500.000 manifestants" à 17h00.

© AFP

17:19

Un manifestant a eu la main arrachée par une grenade policière à Saint-Étienne

Un manifestant a eu la main arrachée samedi à Saint-Étienne (centre-est) par une grenade policière lancée par les forces de l'ordre, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier.

Selon les premiers éléments, le manifestant aurait ramassé à la main la grenade, dont le modèle n'a pas été communiqué par cette source.

17:17

Une unité spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines déclenchée à Paris

La CRS 8, une unité spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, a été déclenchée pour prêter main forte samedi aux forces de l'ordre à Paris, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier.

L'appel à cette unité spécialisée intervient alors que les forces de l'ordre font face à des petits groupes mobiles et violents qui tentent d'approcher des lieux de pouvoir de la capitale. C'était le cas en fin d'après-midi notamment dans le quartier de la Madeleine, proche de l'Élysée et de l'Assemblée nationale. 

La CRS8 intervient actuellement dans le secteur des Halles, selon la préfecture de police. La situation était assez chaotique dans le centre de Paris en milieu d'après-midi, avec notamment des scènes de pillages ou des intrusions dans des commerces, selon des journalistes de l'AFP.

"Il était anticipé une grande mobilité des cortèges et donc un dispositif agile avec des compagnies qui interviennent systématiquement pour rétablir le calme", a fait valoir la préfecture de police.

© REUTERS

16:25

Les portes de la mairie de Lille forcées

Des manifestants ont forcé samedi plusieurs entrées de la mairie de Lille, en cassant des portes vitrées, et certains ont réussi à y pénétrer en saccageant une partie des locaux avant de s'enfuir rapidement, a constaté un journaliste de l'AFP.

Quelques minutes plus tard, des CRS sont entrés dans le bâtiment pour vérifier que plus aucun manifestant ne s'y trouvait. De violents affrontements entre plusieurs centaines de manifestants et des CRS ont également lieu depuis 14H00 dans le centre-ville de Lille, en marge d'un cortège pacifique, parti vers 15H00.

© AFP

16:24

Le RN fustige "les professionnels du chaos", Mélenchon critique la focalisation sur les violences

Marine Le Pen a dénoncé samedi "une prise d'otage par l'extrême gauche" des "revendications sociales légitimes" des manifestants, son adversaire Insoumis Jean-Luc Mélenchon critiquant la médiatisation des "images de violence" et soulignant le caractère majoritairement pacifique de la mobilisation.

‌

"Les revendications sociales légitimes ont une nouvelle fois été prises en otage par l'extrême gauche et les discours des députés de Jean-Luc Mélenchon qui, en légitimant la violence, en considérant l'ordre comme une oppression et le désordre comme un droit, cherchent à précipiter le pays dans le chaos", a assuré sur X la candidate du RN à la présidentielle.

Le président du parti d'extrême droite, Jordan Bardella, a, lui aussi, fustigé "les professionnels du chaos" et Eric Ciotti, allié du RN, dénoncé "le fascisme rouge" dans la rue aujourd'hui.

‌

De l'autre côté du spectre politique, Jean-Luc Mélenchon, qu'un récent sondage donne une nouvelle fois au second tour face à Marine Le Pen, a fustigé les images de violences diffusées en continu sur les chaînes d'information.

"Pendant que les chaînes d'info inondent d'images de violence dans des dizaines de villes, tout se déroule dans le calme avec des dizaines de milliers de gens calmement mobilisés", a déclaré sur X le fondateur de LFI, qui soutient depuis le début de mouvement lycéen et est accusé par ses opposants d'avoir attisé la colère.

‌

La patronne des Ecologistes Marine Tondelier, présente dans le cortège parisien, a pour sa part appelé le gouvernement à "revoir" sa doctrine du maintien de l'ordre qui, à ses yeux, met en danger "manifestants et policiers".

"Quand on n'appelle pas les forces de l'ordre à la retenue, quand on les appelle même plutôt implicitement à l'inverse, on produit une flambée de tensions", a ajouté la cheffe de file des Verts, elle aussi candidate à l'Elysée. "Les appels au calme, c'est du gouvernement qu'ils doivent venir".

16:00

Un cortège refoulé à 150 m de l'Elysée

Un cortège sauvage, c'est-à-dire non déclaré, a été "refoulé" par les forces de l'ordre alors qu'il se dirigeait samedi vers le palais de l'Elysée, à Paris, a annoncé la préfecture de police (PP).

Les forces de l'ordre ont refoulé ce cortège à l'angle de la rue Boissy d'Anglas et de l'avenue Gabriel. Ces manifestants, dont le nombre n'a pas été précisé, ont été dispersés, a ajouté la PP.

Pour cette journée de mobilisation contre "la vie chère", la PP a pris des arrêtés d'interdiction de manifester dans plusieurs secteurs sensibles de la capitale, dont les abords de l'Elysée et de Matignon.

Lors du mouvement des gilets jaunes de l'automne 2018, l'Elysée était un point particulièrement ciblé par les manifestants.

© REUTERS

15:57

Un cortège parisien calme... mais des scènes de violences ailleurs

Le cortège parisien se déplace dans le calme. Les premiers manifestants arrivent place de Clichy, destination finale du cortège. En revanche, des affrontements ont lieu en marge de ce grand rassemblement. C'est notamment le cas aux abords de la place de la République. 

‌

15:54

Manifestation non déclarée à Nice

‌

15:52

Le ministère de l'Intérieur a recensé 272 interpellations partout en France à 15h. Il y a dans les rues de Lyon et de Nantes près de 20.000 manifestants selon les services de police, ils sont 10.000 à Rennes.

15:52

Violents affrontements en marge de la manifestation à Bordeaux

La manifestation organisée dans le cadre de la mobilisation du 17 octobre a dégénéré rapidement, samedi après-midi à Bordeaux, en affrontements entre individus radicaux et forces de l'ordre en marge du cortège, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Déclarée par le syndicat CGT et la coordination interlycées locale, la manifestation était prévue entre la place de la Victoire et celle de la Bourse sur les quais de la Garonne, de 14h00 à 18h00, selon la préfecture.

Mais un cortège de plusieurs milliers de personnes (7.000 selon la préfecture de Gironde) mêlant lycéens, étudiants, militants politiques et syndicaux et des agriculteurs à de nombreux individus vêtus de noir et cagoulés scandant des slogans hostiles à la police, s'est élancé avant l'heure pour rejoindre la destination finale en quelques dizaines de minutes.

Le rassemblement a dès lors dégénéré rapidement en affrontements violents entre éléments radicaux et forces de l'ordre, avec des contacts directs, dans des rues commerçantes du centre-ville.

Des casseurs sont notamment entrés dans les locaux de la chambre de commerce et d'industrie en brisant des vitres et un impressionnant feu de poubelles a été allumé derrière le bâtiment, ont constaté des journalistes de l'AFP, tandis qu'un vent de panique faisait fuir passants et touristes.

© AFP

Recommandé par la rédaction

À découvrir