Dijon. Entre 4 500 et plus de 6 000 personnes mobilisées : « Le coût de la vie, ça devient n’importe quoi ! »
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Entre 4 500 et plus de 6 000 personnes mobilisées : « Le coût de la vie, ça devient …
En Côte-d’Or, la journée de mobilisation, samedi 17 octobre a rassemblé entre 4 500 et plus de 6 000 personnes à Dijon. La colère, la détermination et les revendications étaient toujours bien présentes. Des tags, dégradations et des tensions entre certains manifestants et les forces de l’ordre ont eu lieu.
Vincent Lindeneher -
Aujourd’hui à 19:42 | mis à jour aujourd’hui à 19:45
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Ce samedi 17 octobre, dans le cadre de la journée de grèves et d’actions, plusieurs rendez-vous avaient été donnés en Côte-d’Or : rassemblements sur des ronds-points, barrages filtrants à l’entrée de péages d’autoroutes, rues bloquées, etc. Si la plupart n’ont tout simplement pas eu lieu, à Dijon, la manifestation de 14 heures, au départ de la place de la République, a été très fédératrice.
Elle a rassemblé entre 4 500 personnes, selon la police, et plus de 6 000 participants, d’après certains syndicats (1). Des chiffres impressionnants, comparés aux deux dernières grandes journées de mobilisations récentes, mardi 13 octobre, qui avait rassemblé entre 1 200 et 1 800 personnes , ou encore mardi 6 octobre, qui avait attiré entre 2 000 et 3 000 personnes.
« C’est de plus en plus compliqué : on ne vit pas, on survit ! »
Dès 13 h 45, en arrivant place de la République ce samedi 17 octobre, l’espace était noir de monde : lycéens, étudiants, antifascistes, salariés, etc. Les revendications, la motivation et les raisons de la colère étaient toujours bien présentes. « Aujourd’hui, on maintient la pression, car nous n’avons pas obtenu ce que nous voulions (concernant le manque de professeurs, Parcoursup, etc., NDLR), que l’État ne réagit pas, il se contente de nous envoyer les CRS », déplore Soen, 17 ans, du lycée Le Castel, venu avec trois de ses amis. « Nous soutenons aussi tous les travailleurs qui sont là, les enseignants… » Quelques mètres plus loin, Jérôme (2), 31 ans, ouvrier depuis 15 ans, qui préfère rester anonyme, met en avant « le gros ras-le-bol général, que ce soit pour l’électricité, le gaz, l’essence qui s’approche des 2,50 €, etc. C’est de plus en plus compliqué : on ne vit pas, on survit ! Après 15 ans de métier, en chier toujours pour faire ses courses, devoir compter chaque alimentation au gramme près, ce n’est pas normal ». Il ajoute : « Le fait d’avoir tapé sur les jeunes qui se battent pour leur avenir, je pense vraiment que, pour beaucoup de personnes, ça a été la goutte de trop ! »
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La manifestation a été très fédératrice. Photo César Vargas
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De nombreuses revendications se sont fait entendre. Photo César Vargas
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Au départ de la place de la République, c’était noir de monde. Photo César Vargas
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Entre 4 500 et 6 000 personnes dans la rue à Dijon face aux forces de l’ordre. Photo César Vargas
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Toutes les générations semblaient réunies. Photo César Vargas
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Des dégâts sont à déplorer dans de nombreux endroits de la cité des ducs. Photo César Vargas
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Nombre de pancartes en disaient long dans la foule. Photo César Vargas
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Entre 4 500 et 6 000 personnes dans la rue à Dijon face aux forces de l’ordre. Photo César Vargas
« On ne fait qu’un repas sur deux… »
Bertrand, 55 ans, chauffeur-accompagnateur, qui gagne environ 1 600 € par mois, explique « être à découvert chaque 10 du mois ». « Le coût de la vie, ça devient n’importe quoi, on vit dans un monde fou ! Que ce soit pour l’énergie, l’alimentaire… C’est la première année où je n’ai pas mangé une seule tomate de l’été ; qui peut mettre 6 € dans un kilo de tomates ? ! ».
Et d’ajouter : « On ne fait qu’un repas sur deux… On n’a plus de dignité, plus de loisirs, plus de cinéma… » À côté de lui, Murielle, 53 ans, aide-soignante, est « très inquiète pour l’avenir des enfants ». « On paye les factures, et puis c’est tout… Si nous, on ne peut pas vivre, comment eux vont-ils faire ? » Venu avec sa femme et leur fille, Isaac, 32 ans, de Dijon, fustige « la hausse des prix ». « C’est vraiment le sujet qui rassemble tout le monde », estime-t-il. « Nous, très concrètement, on commence à faire des portions plus petites pour les repas, on ne sort plus, on ne va pas au resto, etc. C’est délirant, pas normal. »
« Marre de ne pas être écoutées, des mensonges, d’être des vaches à lait »
Sandra et Amélie, de 53 et 45 ans, en ont « marre » aussi. « Marre de ne pas être écoutées, des mensonges, d’être des vaches à lait, etc. » Fran et Roger, deux retraités dijonnais de 79 et 80 ans, sont venus « en soutien des jeunes » et « des paysans, qui sont dans un triste état en ce moment ». « Aujourd’hui, je vois beaucoup de personnes d’âges, de milieux et de situations différentes, ça fait plaisir ! Il faut cette convergence des luttes. » Pour Sandra, « voir autant de monde », « cela montre que l’on n’est pas tout seuls, que les citoyens en ont marre des problèmes de pouvoir d’achat ». Beaucoup de manifestants ont mis en avant la nécessité de poursuivre la mobilisation au-delà du 17 octobre.
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Pour disperser la foule, du gaz lacrymogène a été employé. Photo César Vargas
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Des manifestants face aux forces de l’ordre. Photo César Vargas
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Beaucoup de jeunes étaient présents. Photo César Vargas
Au final, si la déambulation a débuté vers 14 h 45 en direction de la place du 30-Octobre, des tags et dégradations ont été à déplorer, et plusieurs moments de tension ont rapidement eu lieu entre certains manifestants et les forces de l’ordre : il y a eu des tirs de mortiers d’artifice et autres jets de projectiles, des gaz lacrymogènes ont été projetés.
En début de soirée, la préfecture regrettait dans un communiqué : « Malgré les instructions des forces de l’ordre, le cortège s’est scindé en différentes parties et s’est éparpillé au centre-ville. Une tentative d’envahissement de la gare a été empêchée. Des violences urbaines ont été commises, notamment des dégradations de mobilier urbain et des bris de vitrines rue de la Liberté. »
Un bilan chiffré des interpellations à Dijon sera dressé ce dimanche.
(1) Le matin dès 10 heures, au départ de la place Wilson, une vélorution a rassemblé quelques dizaines de personnes. (2) Prénom d’emprunt.
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