Doubs. « Je ne pensais qu’à ça tout le temps » : le géocaching, une grande chasse au trésor particulièrement populaire en Franche-Comté

Doubs. « Je ne pensais qu’à ça tout le temps » : le géocaching, une grande chasse au trésor particulièrement populaire en Franche-Comté

« Je suis tombé dedans par hasard » ; « je m’estimais accro » ; « c’était un peu devenu une drogue »… Quand Guillaume, 48 ans, parle de géocaching on pourrait croire qu’il sort d’une addiction. À l’alcool ou à n’importe quelle substance chimique. Il n’en est rien. Son « addiction » à lui, de 2015 à 2021, relevait plutôt du dada : il cherchait des trésors, les fameuses « caches » d’un jeu mondialement répandu : le géocaching.

Apparu au début des années 2000 à la faveur de l’ouverture plus précise du signal GPS aux civils par le gouvernement américain, le jeu consiste à camoufler des petits contenants, des « caches », dans la nature. Loin des trésors mirobolants des contes et dessins animés, ces caches contiennent uniquement… Des carnets de visite, les « logbook ».

Un alliage entre numérique et territoires

« Une fois qu’on a trouvé la cache, on doit signer avec son pseudo pour attester qu’on a bien trouvé la boîte », explique Carine, joueuse des premières heures.

Contrairement à Guillaume, la Doubienne n’a pas cessé de chercher, mais aussi de dissimuler des caches. Pour ce faire, tout passe par l’application géocaching, une plateforme gérée par une entreprise privée qui fait payer 39,99 euros l’abonnement premium – bien évidemment indispensable pour profiter pleinement des pleines potentialités du jeu. « Sur l’application on vient noter qu’on a trouvé cette cache, en remerciant le propriétaire de la boîte de l’avoir mise à cet endroit-là », développe celle qui pratique le géocaching en famille.

Et pour trouver ces fameux contenants ? Rendez-vous sur l’application, qui renseigne différents types d’indices selon les caches. « Il y a les caches traditionnelles, avec des coordonnées GPS que vous avez juste à suivre, mais aussi des caches mystères qui nécessitent de résoudre une énigme en amont », explique Carine. Une fois, avec ses enfants, elle a même testé une « cache suédoise » : « Il faut utiliser une canne à pêche parce que les caches sont dans des arbres », s’amuse-t-elle.

Pour cette mère de famille, le géocaching est surtout une façon ludique de découvrir de nouveaux endroits , mais aussi un bon moyen de convertir ses enfants aux randonnées.

Plusieurs façons de vivre le jeu

« Quand on va à un endroit les enfants me demandent : ‘‘maman est-ce que tu as regardé s’il y avait une cache ?’’», sourit-elle. Mais la kinésithérapeute est aussi une « owner », une propriétaire de caches. Ses mantras, quand elle dissimule des caches : créativité et découverte. « J’ai créé un circuit chaperon rouge, avec dans chaque cache un objet lié au conte : un panier, un bonnet rouge… etc. J’ai aussi placé 20 caches autour du lac de Saint-Point avec des énigmes pour que les touristes retiennent quelque chose de la région », poursuit-elle.

À côté de ces géocacheurs du dimanche, certains, comme Guillaume, entretiennent un véritable rapport addictif au jeu. « Je ne pensais qu’à ça tout le temps, j’y allais en sortant du travail », explique celui qui s’estimait pourtant « petit joueur » par rapport à certains pratiquants.

« Il y en a qui ont des tatouages géocaching », illustre-t-il. Un phénomène qui n’a rien d’étonnant quand on observe la popularité du jeu dans la région : selon le site Mides.fr, qui collecte les statistiques liées au jeu en France, la Bourgogne-Franche-Comté est la région qui recèle le plus grand nombre de géocaches rapporté au son nombre d’habitants, avec 969 caches pour 100 000 habitants.