Du jamais vu en 15 ans : la moitié des petits cours d’eau à sec, la situation ne s’améliore pas selon l’Office français de la biodiversité
Près de la moitié des petits cours d’eau français étaient à sec fin septembre, une situation inédite depuis le début des relevés il y a 15 ans, et qui ne montre pas de signe d’amélioration, selon l’Office français de la biodiversité (OFB).
« C’est la situation la plus grave qu’on ait constatée depuis 2012 et c’est surtout, et c’est ça qui nous inquiète, une situation qui s’étend dans le temps », a commenté un responsable de l’OFB mardi lors d’une conférence téléphonique.
Selon un communiqué de l’OFB, fin septembre, « près de la moitié des cours d’eau observés (49,6 %) sont en rupture d’écoulement ou en assec », c’est-à-dire que leur lit est asséché parce que l’eau s’est évaporée ou infiltrée.
Une situation aggravée
En valeur absolue, cette situation concerne 1.594 tronçons initiaux de cours d’eau (la partie la plus proche des sources, où ils ne sont encore que des petits ruisseaux), qui fournissent 55 à 70 % de l’eau des rivières situées en aval.
Du jamais vu en 15 ans de suivi, quel que soit le mois considéré. Cela représente même 20 cours d’eau supplémentaires par rapport à fin août 2022, qui avait connu une sécheresse exceptionnelle.
Et la persistance de cette situation « depuis plus de quatre mois sur les mêmes secteurs » est également inédite depuis le début du suivi. La situation s’est même aggravée depuis le mois d’août, « alors qu’une stabilisation ou une amélioration sont généralement observées au cours du mois de septembre ».
« L’ampleur, la précocité et la persistance de ces phénomènes témoignent d’un niveau de dégradation particulièrement élevé, susceptible d’entraîner des conséquences importantes sur les écosystèmes aquatiques », a souligné l’OFB, qui s’appuie sur des chiffres recensés par l’Observatoire national des étiages (ONDE).
Toutes les régions françaises concernées
Cette situation de sécheresse est associée « à des hausses de température dans les cours d’eau, qui ont aussi des impacts, mortalité (...), capacité de reproduction à long terme, circulation des espèces, etc. », a encore commenté le responsable de l’OFB.
Toutes les régions françaises sont concernées, précise l’OFB. Les situations les plus critiques sont situées le long d’un axe allant de la Vendée à la région Grand Est, où la dégradation se poursuit, tandis qu’une aggravation est observée en Occitanie et en Auvergne-Rhône-Alpes.
« Aucune amélioration n’est observée dans les départements déjà les plus touchés fin août, certains connaissant même une nouvelle dégradation », constate encore l’office, citant la Creuse, l’Aveyron, la Côte-d’Or, la Vendée, les Ardennes, la Charente, la Loire, la Loire-Atlantique, la Haute-Marne et la Nièvre.