« Du sable très fin, mouillé et compacté ; de l’imagination ; commencer à gratter par le haut » : les secrets d’un bâtisseur de châteaux de sable sur la plage des Sablettes à La Seyne
Même s’il y a un peu de Don Quichotte en lui, il ne bâtit pas des châteaux en Espagne. Non. Oliver Rodet réalise ses rêves et construit d’ambitieux châteaux forts, bien réels, avec le sable de la plage des Sablettes et sa seule imagination. Il érige sans cesse des œuvres éphémères qui suscitent l’admiration de tous. Un éternel recommencement.
« Ça fait une quinzaine d’années que je fais des châteaux de sable », sourit-il ce samedi après-midi devant sa dernière création, en bord de mer, à la hauteur de la terrasse du restaurant La Vague d’or où il a ses habitudes et où on peut encore le rencontrer et écouter ses conseils jusqu’à la fin de la semaine. Qui signera aussi celle de ses vacances. « J’ai 59 ans et maintenant, je n’ai plus l’alibi de mes enfants. J’ai commencé pour eux, quand ils avaient 8 ans. Ils sont grands maintenant. Moi, je continue. »
C’est aux Sablettes, où il est revenu cet été après avoir délaissé la station balnéaire seynoise pendant plusieurs années, que l’estivant, responsable de PC routier dans le Rhône, habitant à Lyon, en vacances avec son épouse Sophie, a justement débuté « il y a très longtemps ». Il juge le sable parfait pour son activité. « Le sable d’ici est très fin et le front de mer est optimal. Si les gravillons sont trop gros, on ne peut rien faire de convenable », atteste-t-il.
Côté technique, il confie quelques-uns de ses secrets : « Il faut d’abord faire un gros tas de sable, bien mouillé, bien compacté et tassé, après il faut gratter dedans en commençant par le haut. Avec un peu d’imagination, c’est à la portée de tous. » Dit comme ça…
DR Olivier Rodet
« Avec une petite pelle classique on peut faire des choses »
Aujourd’hui, pour exercer son art, il dispose d’outils de potiers, de pinceaux, de petites pelles et d’un seau sans fond qu’il a customisé pour faciliter sa pratique. « Quand je commence les gens sont intrigués de voir un adulte qui ramène des seaux d’eau et de sable, puis les enfants me demandent comment faire. Juste avec une petite pelle classique je leur montre qu’on peut réaliser des choses sympas, glisse-t-il. Une fois qu’on a compris le principe, c’est simple. »
Pour parfaire sa technique, Olivier Roudet, qui a commencé avec des animaux sculptés dans le sable − « j’ai arrêté, trop de symétrie, alors qu’un château si ça s’écroule, c’est rattrapable » − et des châteaux aux surfaces lisses, s’est documenté, a regardé des tutos sur Internet et a acquis du savoir-faire, il y a une quinzaine d’années, auprès d’un vrai sculpteur de sable à Cavalaire, « dont les créations étaient énormes ».
Les œuvres ne survivent pas jusqu’au lendemain
Depuis le début de ses vacances, il y a deux semaines, le bâtisseur a construit un château de sable tous les jours. « J’aime bien m’occuper. Pour moi, ça fait partie des vacances », concède-t-il. Ses œuvres ne survivent généralement pas jusqu’au lendemain. « C’est arrivé une fois. ». Mais qu’importe. « Hier on a mangé au restaurant juste en face et on a vu une petite fille qui l’a entretenu, en construisant de petites tours. Parfois j’en confie la garde à des enfants… »
Infatigable, il pratique son hobby en toute saison. « La plage est différente en hiver, Il y a une autre ambiance. C’est pareil au printemps », décrit-il.
Et c’est juré : « L’année prochaine on reviendra en vacances aux Sablettes. » Un côté Don Quichotte.
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« L’importance du relief »
Luc Boutria / Var-Matin
Impressionnant. Sur la plage, Olivier Rodet a commencé à sculpter sa dernière création en milieu de matinée pour la terminer dans l’après-midi. Et son château de sable avec ses aspérités, tours, donjons, son escalier, son pont-levis, ses escaliers… est criant de vérité.
« L’un des secrets, c’est le relief, confie le bâtisseur. On n’y pense pas, mais c’est ce qui fait la différence. »
J.-M. V. / Var-Matin
Pour mieux convaincre, il désigne les mâchicoulis et créneaux qui, c’est vrai, donnent toute son ampleur et sa profondeur au château. « Regardez, la porte extérieure, les meurtrières, et sous le pont-levis, montre-t-il encore. C’est le plus difficile à réaliser. Quand on creuse, il ne faut pas que ça s’effondre. » L’importance du relief et du détail.
J.-M. V. / Var-Matin