Duhaime réclame les pleins pouvoirs en matière d’immigration
Éric Duhaime et son camp conservateur proposent de coaliser les provinces conservatrices du Canada pour créer « un rapport de force » face à Ottawa et arracher les pleins pouvoirs en matière d’immigration.
« C’est le temps de renégocier l’accord [Canada-Québec] sur l’immigration, croit le camp conservateur, pour que le Québec soit enfin maître » en ce domaine.
La Saskatchewan de Scott Moe ou l’Alberta de Danielle Smith : le Parti conservateur du Québec (PCQ) propose de s’allier à d’autres provinces pour faire pression sur le fédéral. « Il faut mettre de la pression sur Ottawa, a insisté Éric Duhaime, en partenariat avec les autres provinces conservatrices et autonomistes qui partagent nos demandes. »
Ce rapport de force, a accusé le chef de droite, n’a jamais existé sous le précédent gouvernement.
« La CAQ, au cours des huit dernières années, a déchiré sa chemise et écrit des lettres à Ottawa, mais elle n’a obtenu aucun gain — aucun gain — en matière d’immigration, a martelé Éric Duhaime depuis l’usine Frameco de Saint-Joseph-de-Beauce, jeudi après-midi. C’est un pouvoir qui est essentiel, fondamental pour notre développement comme seul peuple francophone d’Amérique du Nord. »
Éric Duhaime a établi une distinction entre la bonne immigration qui travaille, parle français, scolarise leurs enfants dans les écoles francophones et qui « se mélange bien aux gens » et une mauvaise, responsable, à son sens, de tensions sociales.
« Un immigrant qui arrive ici, qui revendique un statut de réfugié, qui rentre ici sous des fausses représentations, qui profite des services sociaux, puis que les gens voient ça, puis qu’il y a une montée de tension entre les nouveaux arrivants et les Québécois, ça, c’est un échec d’immigration », a indiqué le chef conservateur. « ll faut faire les distinctions, on ne peut pas tout mettre dans le même pot. »
L’analogie du t-shirt
Le camp conservateur veut aussi laisser aux régions le soin d’établir elles-mêmes leurs besoins et leurs politiques en matière migratoire. « C’est un changement de paradigme, a souligné Éric Duhaime. Ce n’est pas vrai que l’immigration se traite de la même manière ici, à Saint-Joseph-de-Beauce, qu’à Montréal ou à Laval. Les Beaucerons n’ont pas à payer pour les erreurs de Montréal. »
« Le one size fits all, la grandeur unique, ça ne marche pas avec tout le monde, a illustré le leader de droite. Quand t’as un t-shirt qui est de la même grandeur, il y en a un pour qui il a l’air trop grand et t’as l’impression qu’il met le t-shirt de son père, puis l’autre il est en train de péter et il est en train de le déchirer tellement qu’il est trop petit puis que les bourrelets dépassent. À un moment donné, ça prend des t-shirts adaptés à ton corps et c’est ce que les régions demandent. »
Le PCQ refuse la « surenchère des seuils » à laquelle se livrent, selon lui, les autres partis et préfère créer des tables de concertation régionales capables de déterminer elles-mêmes leur capacité d’accueil.
« C’est justement ça le but : que ce ne soit pas à moi, un gars de Québec, [de venir] en Beauce pour décider combien d’immigrants vous avez besoin, a expliqué M. Duhaime. Il faut que ce soit les Beaucerons qui s’assoient et qui s’entendent entre eux. »
Il a toutefois dû admettre que, même si son parti « refuse les quotas », la somme des demandes régionales allait, tôt ou tard, exiger d’établir un plafond. « Ça pourrait arriver au même nombre, a-t-il insisté. Dans certaines régions, le nombre va devoir baisser ; dans d’autres, il va augmenter mais au moins, les immigrants vont aller où se trouvent les emplois. »
Le PCQ doit dévoiler l’ensemble de son plan en matière d’immigration plus tard au cours de la campagne.