Économie. Le chausseur français André placé en liquidation judiciaire après 130 ans d'existence
L'enseigne de chaussures André, lancée en 1896 à Nancy (Meurthe-et-Moselle) et qui avait fêté en 1983 son 500e magasin, est en liquidation judiciaire, peut-on lire dans une décision de justice consultée ce mardi par l'AFP. L'entreprise, aujourd'hui en cessation de paiements et qui n'emploie plus que 30 salariés, ne peut être redressée, notamment en raison de « problèmes avec le bailleur » et de « l'échec des négociations » avec le géant des centres commerciaux Westfield, selon ce même document.
Le tribunal des activités économiques (TAE) de Paris a ouvert le 9 septembre une procédure de liquidation judiciaire. Née à la fin du XIXe siècle à Nancy, André a, comme beaucoup d'enseignes du prêt-à-porter, été durement chahutée par la conjoncture ces dernières années.
Covid, guerre et mode ultra-éphémère
L'enseigne a d'abord été frappée par la pandémie de Covid qui a contraint les magasins à fermer, puis par la guerre en Ukraine qui a fait flamber les cours des matières premières et enfin par la féroce concurrence de la mode ultra-éphémère dont Shein est le symbole ainsi que celle de la seconde main avec Vinted en figure de proue.
La marque André, qui appartenait à l'ancien fleuron du textile français Vivarte, a d'abord été rachetée en 2018 par le site de vente en ligne Spartoo. Puis en 2020, alors en redressement judiciaire, par l'entreprise 1Monde9 de François Feijoo, lui-même ancien PDG de l'enseigne. M. Feijoo a divisé le nombre de magasins par plus de deux, ne gardant qu'une cinquantaine de magasins sur les 180 points de vente d'alors, et 13 affiliés.
Le « chausseur sachant chausser » avait été repris en 2023, à la suite d'un deuxième redressement judiciaire. C'est une société belge, Optakare, dirigée par l'homme d'affaires Karim Redjal, qui a alors misé sur l'enseigne, en sauvegardant 119 contrats de travail (sur 250) et 21 boutiques (sur 50). Mais en avril 2025, nouvelle cessation de paiements pour la société, « confrontée à une conjoncture (...) en berne » et un « poids des loyers en hausse », selon l'offre de reprise.
M. Redjal lui-même avait alors repris de nouveau André début 2026, après acceptation de son offre de reprise par le TAE de Paris. Il s'était engagé à reprendre 43 employés, dont 33 CDI, ainsi que 7 boutiques et 2 corners. Mais cette fois-ci, sans issue.