Édito. L'édito : déraillement d’un TER en Seine-Maritime : une menace persistante
Dans son édito du jour, Alexandre Poplavsky revient sur le déraillement tragique du TER reliant Rouen à Caen. Il souligne notamment que malgré les investissements en matière de sécurisation, la France restera toujours exposée aux actes terroristes ou malveillants eu égard à la grandeur du réseau SNCF.
Alexandre Poplavsky -
Aujourd’hui à 19:30
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Plus de 40 blessés, une jeune femme de 18 ans en urgence absolue et une enquête que l’on annonce déjà longue pour remonter la piste de l’acte malveillant survenu ce vendredi 11 septembre au soir et qui a provoqué le déraillement d’un train régional reliant Rouen à Caen. Au-delà de la date de ce drame, qui interpelle, ce n’est pas la première fois que le réseau SNCF est confronté à ce type de sabotage ferroviaire. Déjà fin mai, une catastrophe a été évitée de justesse. Un train Dijon - Paris a percuté une traverse de chemin de fer en bois posée intentionnellement sur les voies. Heureusement, la catastrophe n’a pas eu lieu, le train, malgré le choc brutal, n’ayant pas déraillé. On pense aussi à la série de sabotages survenue à la veille de l’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024 ou encore à l’affaire (et son fiasco) de Tarnac, en 2008, suite à des attaques sur des caténaires de lignes TGV. Il y a surtout cette menace récurrente relevée par les services de sécurité intérieure. Déraillements, feux de forêts, voitures béliers, sont autant d’actes malveillants dans la cible de groupes radicalisés, voire terroristes.
28 000 km de réseau
SNCF Réseau n’est évidemment pas en capacité de mettre un agent de sécurité pour surveiller chaque mètre carré de son réseau qui s’étend sur 28 000 km et qui permet chaque jour à 15 000 trains de circuler dans l’Hexagone. Ses plus de 3 000 agents de la sûreté ne suffisent pas non plus pour empêcher l’ensemble des 10 000 intrusions recensées chaque année. Alors certes, elle investit. Une centaine de millions d’euros par an pour sécuriser ses infrastructures avec des drones et autres trackers GPS. Mais sur ces 6 milliards d’investissements annuels pour régénérer, entretenir et moderniser l’ensemble de son réseau, elle doit armer davantage ses trains de systèmes d’intelligence de surveillance capables de repérer un obstacle à au moins 1 km, distance nécessaire pour parvenir à stopper un TER lancé à 150 km/h.