Élodie Poux au "Vous rire" de Liège ces 6 et 7 octobre 2026 : "J'ai perdu 24 kg et j'ai arrêté la teinture rousse, je suis redevenue incognito"
Le "Vous rire" de Liège fête ses 15 ans. Depuis le 1er octobre 2026, le festival des frères Taloche a ouvert ses portes. En tout, 45 spectacles seront joués jusqu'au 15 octobre dans une quinzaine de salles de la Cité ardente. Parmi les humoristes, Élodie Poux sera de la partie ces 6 et 7 octobre à 20h au Forum de Liège.
"J'ai bien ri au dernier "Grand Cactus", je me réjouis donc de revenir à Liège pour les galas du "Vous rire" ce week-end suivi de mes deux spectacles dans lesquels je chamboule justement un gala de cinéma", nous confesse celle qui sera une des nouvelles enquêtrices de "Mask Singer" sur TF1, Élodie Poux, et son ex-mari, lui aussi humoriste (connu des ondes de Rires et chansons) qui est son metteur en scène et producteur. "J'ai été initiée à la Belgitude par Michel Frenna, le "Grand Cactus" était donc une émission que je voulais faire depuis longtemps. J'ai adoré qu'on se foute de ma gueule (sourire) !"
La saison 7 de "Mask Singer" dès ce vendredi soir sur TF1: le grand bal masqué des voix avec Elodie Poux dans le juryAvez-vous l'impression que ce genre d'émission satirique ne pourrait pas exister en France ?
Élodie Poux. "Chez nous il y a Hanouna. Mais j'appelle même plus ça une liberté de ton que d'expression. Car il y a un procès à chaque émission (sourire) ! Mais on a quand même l'émission 'Piquantes !' sur Téva ou la revue de presse sur Paris Première."
Michel Frenna. "Le sentiment que j'ai est que la taille de la Belgique permet des choses qu'on peut plus faire ailleurs. Exemple, dans les années 80, en France, tu faisais Michel Drucker et t'étais connu le lendemain. Ça, aujourd'hui, ce n'est plus possible, il y a tellement de choses. En Belgique, comme les communautés de langues sont divisées, il y a un talk-show en francophonie et c'est le "Grand Cactus". La télé leur permet d'être très connus ici, et les réseaux sociaux permettent qu'un Kody soit connu en France. La Belgique a préservé un côté très artisanal dans les médias. Les médias existent toujours en Belgique. C'est un des charmes de notre pays."
220000 spectateurs et 29 galas TV diffusés dans 84 pays : le Vous Rire des frères Taloche devient le 2e plus gros festival d'humour en francophonieEn parlant de procès, vous avez été la première à être attaquée pour une vanne (condamnée en mai 2019 pour injure publique après une blague sur un torero, avant d'être totalement relaxée en appel en octobre 2020) qui a fait jurisprudence dans votre chef.
E.P. "Oui mais sans fondement. C'est très anecdotique mais ça a existé. Après, ça a pris énormément de place dans ma vie à l'époque, parce que c'est la première fois que ça m'arrivait. Mais si cela devait revenir, je m'en servirais de ouf pour me faire de la pub. Je surferais dessus. À l'époque, je cauchemardais de devenir justement une jurisprudence dans l'autre sens. C'est pour ça que je me suis battue, que j'ai fait appel, etc. Mais c'est ouf de se prendre un procès parce qu'on a fait une blague. Et je sais qu'il y en a même qui étaient jaloux parce que j'ai eu un procès. Ils voulaient un procès eux aussi. Certains font de l'humour noir trash pour ce genre de truc, mais rien. Ils trouvent ça injuste."
"Entre taper sur Bruel ou respecter les victimes, peut-être qu'on va respecter les victimes présumées. L'humour doit ouvrir les portes et pas refermer les esprits."
Ce procès et ces jalousies sont bien la preuve que l'on peut encore rire de tout ?
M.F. "Ben oui. C'est l'écriture et le talent qui font la différence. Élodie, elle travaille ses textes et ses blagues."
E.P. "Les gens ont peur de certaines vannes et ne veulent pas se prendre un bad buzz. Mais le bad buzz, une fois que tu en as pris 12, c'est comme les turbulences en avion, ça fait pas mal du tout. Tu ne te crashes pas. Deux jours après, il y a un autre con qui va dire une connerie, c'est lui qui va se prendre le bad buzz. À moins que tu aies buté quelqu'un, on oublie vite."
"Réunir les incontournables d'aujourd'hui, révéler les talents de demain" : ce qu'il faut savoir sur Namur is a joke 2027 qui aura lieu du 15 au 21 marsOu que l'on soit la cible d'un colis piégé (contenant une charge explosive de faible intensité), comme vous, il y a un an.
E.P. "Là, pour le coup, j'ai appris à surfer sur le truc en faisant une vidéo directement derrière. Mais heureusement, c'était un débilos. Et même si ça avait pété chez moi, je me suis gardée de le dire pour le buzz. Même si ça m'avait pété à la tronche, ça ne m'aurait pas fait grand-chose. C'était un pétard. Ça m'aurait fait flipper, mais…"
M.F. "Mais tu as surtout fait le choix que ça n'empiète pas sur ta vie. Quand tu vas à la boulangerie, tu n'y vas pas avec un garde du corps. Alors que c'est un risque. Et moi, je trouve ça courageux. Monter sur scène devant 4 000 personnes, sans bodyguard, aussi. S'il y a un blaireau, il y a un blaireau. Heureusement, il n'y a pas de blaireau dans ton public. Tu les as laissés à d'autres."

On ne s'empêche donc pas de faire des blagues sur Bruel ou autre ?
E.P. "Non. Mais ce genre de blagues là, je ne les fais que dans mon petit univers à moi pour ne pas que cela impacte les autres. Je ne m'interdis pas une blague sur l'actu sauf si 45 gamins meurent dans le crash de leur car scolaire alors là, je ne le fais pas. Il y a une question de timing à respecter."
M.F. "On est aussi à une époque où on prend soin des victimes. Entre taper sur Bruel ou respecter les victimes, peut-être qu'on va respecter les victimes présumées. On peut se moquer de lui, mais on peut aussi se dire qu'il y a un processus. L'humour doit ouvrir les portes et pas refermer les esprits."

Comme le fait de rire de votre physique… qui a aussi été fortement chamboulé dernièrement.
M.F. "On a divorcé, voilà tout (rires) ! On s'était rencontrés dans une période où on avait beaucoup de travail. On avait repris la production de la tournée. On a pris soin de nous individuellement."
E.P. "C'est important dans la vie tout court. Puis, on fait un métier d'image. Il est donc important, quand tu te vois à la télé ou sur les réseaux, de t'aimer. Ce qui est très drôle : non seulement j'ai perdu 24 kg, mais j'ai arrêté de faire la teinture rousse. Ce qui fait que, pendant un long moment, je suis redevenue totalement incognito. Et ça, ça fait du bien. Pendant des mois, j'ai été tranquille."
Festival international du rire de Liège: Élodie Poux invite les Liégeois à son mariageVous avez divorcé, mais est-ce toujours facile de bosser ensemble ?
E.P. "Tout va bien. Je dirais que le plus bizarre, c'est que normalement, quand tu divorces, tu divorces. Et tu ne vois plus la personne. Mais on a un enfant et on travaille ensemble. Donc, tu es obligé de collaborer quasiment tous les jours de ta vie avec ton ex-conjoint."
M.F. "Mais non, ça se passe très bien. Déjà, il y a un enfant au milieu. Si on veut être adulte, on n'implique pas l'enfant dans les problèmes d'adulte. Et puis ensuite, en termes de travail, on est quand même dans un métier où on croise les gens sans pouvoir autant les voir. On passe trois mois avec eux, puis on ne les voit plus jamais. C'est aussi un métier où il y a beaucoup de gens qui ne sont pas toujours gentils. Entre nous, on est bienveillants. Et c'est ça, le travail d'équipe. On aurait trouvé ça ridicule de plonger dans un bain de requins tout seul. Alors qu'en équipe, on fonctionne bien. Après "Élodie se marie", on va peut-être faire "Élodie Poux divorce" (sourire) !"
Ou un duo sur scène ?
E.P. "On ne va peut-être pas pousser le bouchon trop loin (rire) !"
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