Emmanuel Macron à New York : énergie, Ukraine… ce qu’il faut retenir de sa "discussion très constructive" lundi avec Donald Trump
Les présidents français et américain, Emmanuel Macron et Donald Trump, se sont rencontrés lundi 21 septembre au soir à New York, aux États-Unis. L’occasion pour les deux chefs d’État de discuter de la crise énergétique mais aussi du soutien à accorder à l’Ukraine, quatre ans après le début du conflit avec la Russie.
Ce qu’il faut retenir :
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Arrivé à New York lundi 21 septembre pour l’Assemblée générale de l’ONU, Emmanuel Macron a proposé à Donald Trump une résolution afin de sécuriser et rouvrir le détroit d’Ormuz pour stabiliser les prix du pétrole.
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La France se dit prête à assurer la protection défensive du port saoudien de Yanbu et de l’oléoduc Est-Ouest face aux attaques des Houthis, sans s’engager directement dans le conflit armé.
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Le président français a plaidé auprès de Washington pour un soutien accru en missiles à l’Ukraine et a évoqué, après un échange avec Volodymyr Zelensky, une trêve énergétique et un moratoire en mer Noire.
Lundi 21 septembre, Emmanuel Macron s’est entretenu avec son homologue américain dès son arrivée à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies. Une discussion qu’il a qualifiée de "très constructive".
Le président français a proposé plusieurs initiatives à Donald Trump pour juguler l’envolée des prix du pétrole qui plombe l’économie mondiale, dont une résolution à l’ONU sur le détroit d’Ormuz, la protection de sites saoudiens et une "trêve énergétique" dans le conflit en Ukraine. L’Ukraine, d’ailleurs, a également été au cœur des discussions. On fait le point.
"Plusieurs solutions évoquées" sur la crise à Ormuz
Emmanuel Macron a fait état d’une "volonté de rouvrir (le détroit d') Ormuz", par lequel transite 20 % du commercial mondial d’hydrocarbures, et dont le blocage par l’Iran depuis le début de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël en février pèse lourdement sur le marché de l’énergie.
"Plusieurs solutions ont été évoquées (..) qui permettraient, sans avoir un accord global, de trouver les voies et moyens de faire passer davantage de porte-conteneurs et de tankers", a indiqué Emmanuel Macron à des journalistes, sans plus de précisions.
"La France veut travailler avec les Américains et ses partenaires sur une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU garantissant la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz", a ensuite précisé une source diplomatique.
Dès mon arrivée à New York, j’ai rencontré le président Donald Trump.
Nous avons décidé d’agir ensemble pour résorber les tensions sur les marchés de l’énergie, en protégeant les infrastructures critiques au Moyen-Orient et la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz.… pic.twitter.com/1B3WyPWGH0
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) September 22, 2026
Des États-membres de l’ONU pourraient ainsi participer à la sécurisation du trafic maritime dans le détroit, et permettre à Washington et Téhéran de recentrer leurs discussions sur d’autres sujets clé, dont le programme nucléaire iranien.
La France et le Royaume-Uni ont déjà mis en place une mission multinationale d’une quarantaine d’États pour sécuriser le détroit, notamment par du déminage. Mais celle-ci est conditionnée à un arrêt des hostilités et a suscité jusqu’ici peu d’intérêt chez Donald Trump.
Sur un éventuel conflit avec les Houthis
La France est aussi prête à œuvrer à la "sécurisation" d’infrastructures énergétiques saoudiennes visées par les Houthis, dans une "approche strictement défensive", a précisé la source diplomatique citée. Pourraient ainsi être protégés la ville portuaire de Yanbu, sur la mer Rouge, et l’oléoduc Est-Ouest, voie d’exportation cruciale pour le brut saoudien.
Les combattants pro-iraniens houthis ont mené dernièrement des attaques contre des installations du géant pétrolier saoudien Aramco à Yanbu. L’oléoduc est aussi à l’arrêt après des attaques de drones venues d’Irak selon Ryad.
"Il ne s’agit aucunement de prendre part au conflit avec les Houthis", a toutefois insisté cette source, alors que les rebelles ont pris le contrôle d’une autre voie stratégique, le détroit de Bab el-Mandeb.
À lire aussi : Guerre au Moyen-Orient : doit-on craindre un autre scénario catastrophe dans le détroit de Bab el-Mandeb ?
Sur l’Ukraine
Emmanuel Macron a aussi précisé avoir eu une longue discussion avec le président américain sur "la nécessité d’aider encore plus vite et plus fort nos amis ukrainiens en termes de (missiles) intercepteurs". À l’issue d’un entretien avec l’Ukrainien Volodymyr Zelensky, il a aussi évoqué sur le réseau X la "perspective d’une trêve énergétique et d’un moratoire en mer Noire".
"On voit bien qu’aujourd’hui il faut aider le système énergétique ukrainien et la situation dans toute la région", a-t-il souligné devant la presse, sans préciser si cette trêve devait aussi porter sur les frappes ukrainiennes contre des infrastructures énergétiques russes.
Donald Trump a estimé lundi que la Russie avait "perdu le contrôle de son industrie du gazole en raison de sa guerre avec l’Ukraine", appelant de nouveau à arrêter la guerre.
Entretien approfondi ce soir avec le Président @ZelenskyyUa.
Les frappes russes sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes menacent de priver des millions de familles de chauffage et d’électricité. La France sera aux côtés de l’Ukraine pour affronter l’hiver… pic.twitter.com/iL8Ni39d3v
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) September 22, 2026
La Turquie, exaspérée par les frappes en mer Noire, a soumis de son côté un protocole d’accord à Kiev et Moscou pour mettre fin aux attaques contre les navires de commerce.
Avant leur rencontre, Emmanuel Macron avait promis de parler "en toute franchise" à Donald Trump pour essayer de "l’orienter vers les bonnes décisions" concernant en particulier de l’Ukraine. Il s’agissait notamment pour la partie française de tenter de convaincre son homologue américain de "maintenir l’effort de soutien à l’Ukraine" et de "renforcer la pression à exercer sur la Russie".
Les Européens demandent aux États-Unis de rester pleinement engagés dans un règlement du conflit. Ils souhaitent aussi être associés aux négociations, notamment sur la future architecture de sécurité du continent européen.
Les émissaires de Donald Trump, Jared Kushner et Steve Witkoff, se sont rendus pour la première fois à Kiev en septembre – après une visite à Moscou – pour relancer la médiation américaine dans ce conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais les cycles de négociations tripartites n’ont jusqu’ici pas abouti à des avancées concrètes.