Ne sous-estimez pas l’impact d’une faible croissance en Belgique : voici ce que ça peut changer pour vous
La Belgique se retrouve tout en bas du classement européen en matière de croissance (de notre Produit intérieur brut, soit les richesses que l’on produit) : notre économie n’a progressé que de 0,5 % au cours de l’année écoulée, selon les chiffres de la Commission européenne, un taux inférieur à tous les autres pays de l’Union, loin de la Suède (2,8 %), de l’Espagne ou du Portugal (2,5 %), mais moins aussi que nos voisins hollandais (1,3 %), allemands (0,9 %) ou Français (0,7 %).
Le ministre Jambon veut inciter les Belges à investir une partie de leur épargne en bourse
Par D.SW.
Le ministre des Finances, Jan Jambon (N-VA), a dit vouloir mobiliser l’épargne privée des Belges (quelque 300 milliards d’euros sur les livrets d’épargne) pour doper la croissance du pays. Un plan qu’il compte présenter à ses collègues du gouvernement lors des réunions budgétaires de septembre, destinées à trouver dix milliards d’euros.
L’épargnant est frileux
Il a expliqué à « De Morgen » qu’une croissance plus soutenue constituerait la meilleure réponse à des défis tels que le vieillissement de la population et le poids de la dette publique belge.
L’idée du ministre serait d’inciter davantage de Belges à investir en Bourse, à rediriger une partie de ces 300 milliards d’euros placés sur des livrets d’épargne dans l’économie. Ce qui, à en croire un économiste expérimenté comme Etienne de Callataÿ est plus vite dit que fait.
« Il y a une frilosité de l’épargnant belge. Je rencontre des gens qui ont certainement les reins assez solides pour investir une partie de leurs avoirs en bourse, pour prendre ainsi un peu de risques. Ce qui me frappe, c’est qu’ils ne les prennent pas, qu’ils ont l’épargne très prudente. Cette frilosité coûte de l’argent. »
« Compte suédois »
Le ministre a aussi évoqué l’exemple du « compte suédois » : un compte d’investissement sur lequel tous les impôts liés aux placements (précompte mobilier, impôt sur les plus-values, taxe sur les opérations de Bourse et les comptes-titres) seraient remplacés par un impôt annuel unique et modeste sur la valeur totale du compte. Une idée suggérée par l’organisation patronale flamande Voka que l’économiste qualifie « de fausse bonne idée ». « On dit qu’on va simplifier le système alors qu’on va le rendre plus complexe. »
Un avis partagé par d’autres économistes qui soulignent aussi que le gouvernement envoie des signaux contradictoires : on augmente la fiscalité pour les investisseurs, puis on voudrait pousser les gens à investir en Bourse…