En Belgique, le nombre de bénéficiaires du CPAS dépasse le nombre de chômeurs
Le nombre de personnes faisant appel au CPAS dépasse pour la première fois celui des chômeurs percevant des allocations, écrit De Standaard lundi. La politique du gouvernement De Wever remanie en profondeur l'État-providence.
En août de l'année dernière, le pays comptait encore près de deux fois plus de chômeurs complets (304.000) que de Belges percevant un revenu d'intégration sociale de la part d'un CPAS (166.000).
"Un ministre s'essuie les pieds sur la législation" : les syndicats de police annoncent un préavis de grèveMais en août dernier, le nombre de chômeurs a chuté à seulement 185.500, alors que depuis avril, la Belgique compte plus de 200.000 bénéficiaires du revenu d'intégration. C'était alors une première en Belgique, selon une analyse de De Standaard, basée sur les statistiques des administrations concernées.
Le service public de l'Intégration sociale s'attend à ce que le nombre de bénéficiaires de l'aide sociale continue d'augmenter et dépasse structurellement celui des chômeurs.
Ce changement est entièrement lié à la réforme du chômage et à la limitation dans le temps des allocations décidée par le gouvernement De Wever. Elles ne peuvent en effet désormais être perçues que pendant deux ans au maximum.
Depuis janvier, 133.000 personnes ont perdu leurs allocations. Cela représente une économie colossale pour le Trésor fédéral. Le gouvernement entend économiser près de 2 milliards d'euros grâce à ce durcissement des conditions.
Forts du succès de leur manifestation, les "Marcheurs pour le climat" veulent ressusciter la cause environnementaleÀ l'inverse, depuis janvier, plus de 57.000 personnes supplémentaires ont perçu un revenu d'intégration de la part du CPAS. Un peu moins de la moitié d'entre elles, soit 43%, ont troqué leur allocation de chômage supprimée contre un tel revenu d'intégration. Ce chiffre est supérieur aux prévisions. Le ministre de l'Emploi, David Clarinval (MR), estimait en effet que seul un tiers des chômeurs dont l'allocation avait été supprimée percevrait ensuite un revenu d'intégration.