Macron livre ses recettes contre la montée des « extrêmes » en Europe
20 Minutes avec AFP
Publié le 29/09/2026 à 22h48 • Mis à jour le 29/09/2026 à 22h48
A quelques mois de son départ du pouvoir, Emmanuel Macron a défendu mardi à Madrid une Europe plus forte pour répondre à la crise démocratique et à la montée des « extrêmes ». En visite d’Etat de deux jours en Espagne, le président français a consacré une partie de son intervention à l’Université Complutense à la « fatigue démocratique » qui touche selon lui le continent. En France, Marine Le Pen est favorite dans les sondages pour lui succéder et les forces aux deux extrémités de l’échiquier politique dépassent ensemble 55 % des intentions de vote.
Pour Emmanuel Macron, cette crise trouve notamment son origine dans la désindustrialisation : « on n’a plus tenu la promesse » d’une économie permettant à tous de « vivre mieux ». Il a aussi évoqué la « crise démographique », rééquilibrée « par l’immigration », ce qui a « bousculé » le « consensus » des sociétés européennes. La complexité des décisions et la multiplication des contre-pouvoirs alimentent aussi une crise « d’efficacité » qui « crée une fascination pour les régimes autoritaires ».
L’émergence de forces « démagogiques »
Cette situation a favorisé, selon lui, l’émergence de forces « démagogiques » proposant des solutions « beaucoup plus rapides », mais « simplistes ». Emmanuel Macron pointe aussi le rôle des réseaux sociaux et de leurs algorithmes. Il veut « reprendre le contrôle » des plateformes et de l’intelligence artificielle et espère interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans avant son départ en mai. Pedro Sánchez poursuit un objectif similaire pour les moins de 16 ans en Espagne. « C’est une bataille européenne », a affirmé le président français.
Emmanuel Macron souhaite parallèlement une « simplification » drastique de l’Europe afin de « retrouver de l’efficacité collective » et de renforcer sa capacité d’innovation. Il plaide pour des investissements massifs et « un budget européen à la hauteur des enjeux et doté de nouvelles ressources propres ». Malgré le « réveil » provoqué par le Covid, la guerre en Ukraine et le retour de Donald Trump, il juge l’Europe « trop lente » face à la Chine et aux Etats-Unis.
En quête d’un appui espagnol face à l’Allemagne
Paris cherche sur ces sujets l’appui de Madrid, notamment face à plusieurs pays, dont l’Allemagne, opposés à une trop forte augmentation du budget européen et sur la question du recours à l’emprunt commun. Emmanuel Macron doit s’entretenir mercredi avec Pedro Sánchez au palais de la Moncloa, après l’ouverture avec le roi Felipe VI d’un forum économique franco-espagnol. Les deux dirigeants, arrivés au pouvoir entre 2017 et 2018, partagent un positionnement pro-européen sans avoir affiché une grande intimité.
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La visite avait débuté mardi par l’accueil d’Emmanuel et Brigitte Macron au palais royal par Felipe VI et la reine Letizia, en présence de Pedro Sánchez, avant un dîner de gala. Elle a cependant été marquée dans la soirée par le rejet, au Sénat espagnol et sous l’impulsion de la droite, de la ratification du traité d’amitié franco-espagnol paraphé en 2023 à Barcelone par les deux dirigeants.