Présidentielle 2027 en France: Raphaël Glucksmann candidat de la gauche sociale-démocrate
L'eurodéputé Raphaël Glucksmann a été élu dimanche candidat de la gauche sociale-démocrate à la présidentielle française, en rassemblant plus de 66% des voix dès le premier tour de la primaire, ont annoncé les organisateurs.
Avec 66,17% des voix (79'613 voix), Raphaël Glucksmann, partisan d'une rupture avec LFI, remporte les faveurs des 120'787 votantes et votants, laissant loin derrière le premier secrétaire du PS Olivier Faure, qui n'obtient que 17'398 voix, soit 14,46%, et est largement désavoué sur sa ligne de rassemblement de la gauche.
Les trois autres candidats Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel obtiennent tous moins de 10% des voix.
"Ce résultat dit quelque chose de puissant: une gauche fidèle à ses valeurs peut rassembler, gouverner et gagner. Elle peut parler de justice, d'écologie et de République sans renoncer à rien. Nous ne sommes pas là pour gagner une querelle à gauche. Nous sommes là pour gagner l'élection présidentielle", a réagi sur X l'eurodéputé et dirigeant du parti Place publique.
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"Ma première responsabilité, c'est de rassembler, de rassembler toute la famille socialiste et toute la famille de la gauche démocratique (...) Notre véritable adversaire, c'est l'extrême droite et nous allons nous unir pour partir au combat et empêcher les trumpistes, les poutinistes, les xénophobes et les démagogues de s'emparer de la République", a-t-il ajouté.
>> Les précisions de Forum :
Appels à une "gauche unie"
Prenant acte de la large victoire de Raphaël Glucksmann, Olivier Faure a continué de prôner l'union de la "gauche" pour remporter la présidentielle.
"Sans cette galaxie que j'ai souhaité incarner dans cette primaire, aucune transformation sociale et écologique n'est imaginable. Comme premier secrétaire, je continuerai d'y contribuer (...) Nous avons désormais un candidat, à nous tous de forger ensemble cet esprit de victoire", a-t-il dit dans une brève déclaration après l'annonce des résultats.
Raphaël Glucksmann a également reçu le soutien appuyé de Jérôme Guedj. "La primaire, désormais, elle est derrière nous. Le vote est clair. Il faut donc qu'on aille le plus vite possible en campagne pour la réussite de la gauche", a-t-il lancé.
"On est partis sur de bons rails", a estimé de son côté Emmanuel Maurel. Ségolène Royal, avec 7,6% des voix, s'est dite quant à elle "très déçue, mais sans regrets".
La cheffe des écologistes Marine Tondelier – dont le parti est déchiré entre une candidature autonome, une alliance avec Jean-Luc Mélenchon ou une alliance avec Raphaël Glucksmann – a, elle, déploré que le vainqueur de la primaire sociale-démocrate soit "celui qui fait le choix du repli en refusant toute perspective d'alliance large de toute la gauche et des écologistes". "Je reste convaincue que le chemin de la victoire passe par le refus du clanisme et du concept des gauches irréconciliables", a-t-elle réagi sur X.
Alliance exclue avec LFI
Dans les sondages pour la présidentielle, Raphaël Glucksmann est actuellement crédité de 9% à 14% des intentions de vote, loin derrière la candidate d'extrême droite Marine Le Pen, donnée grande favorite, l'ancien premier ministre d'Emmanuel Macron, Edouard Philippe, et le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.
L'eurodéputé a multiplié pendant l'été les déplacements dans les régions françaises et revendique un projet "ancré à gauche". Mais il exclut toute alliance avec La France insoumise (LFI).
agences/iar
Ancien documentariste et conseiller politique
C'est depuis le Parlement européen, où il est élu depuis 2019, que Raphaël Glucksmann a construit son ambition présidentielle. Par deux fois, il a mené une liste commune entre son petit parti, Place publique, et le Parti socialiste, aux élections européennes.
Fils du philosophe André Glucksmann, lui-même essayiste, il a forgé ses premières expériences politiques en Géorgie, aux côtés de l'ex-président Mikheil Saakachvili.
Ses contempteurs lui reprochent souvent d'être trop éloigné des réalités de la population française. A l'accusation d'être "trop parisien" ou "hors-sol", il martèle son expérience comme documentariste sur le génocide des Tutsi au Rwanda puis sur la révolution orange en Ukraine en 2004, ou comme conseiller de Mikheïl Saakachvili de 2008 à 2012.
"Ma parole et ma vision du monde ne se sont pas forgées à Davos ou Washington, mais dans des lieux dont je ne sais si vous pouvez soupçonner la désolation", rétorque-t-il.