"En l'espace de 15 jours, l'eau a changé" : comment les cyanobactéries envahissent les lacs comme celui de Brionne, en Normandie
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Des dizaines de plans d'eau sont interdits à la baignade cet été en France, à cause de la prolifération de cyanobactéries.
Radio France
Publié le 10/08/2026 07:29
Temps de lecture : 2min
En cette période de vacances, les plans d’eau sont pris d’assaut en France, même s'il y a parfois de mauvaises surprises pour les baigneurs. Actuellement dans le pays, des dizaines d'endroits sont interdits à la baignade à cause de la prolifération de cyanobactéries. Elles peuvent provoquer des symptômes comme des vomissements ou des irritations. Cela peut même être mortel, pour les chiens notamment.
Les facteurs de cette prolifération sont nombreux : chaleur, pollution de l'eau, absence de vent… Difficile de savoir. C'est notamment le cas dans l’Eure, dans la commune de Brionne où le plan d’eau de la base de loisirs municipale a dû fermer la semaine dernière.
La petite plage du lac de Brionne est vide : la baignade et les activités nautiques sont interdites. C'est la déception pour Marine et son jeune fils Julian, qui avaient prévu de faire du kayak. "C'était la première fois pour le petit mais malheureusement, ce ne sera pas aujourd'hui", se résigne la mère de famille.
La cyanobactérie gâche un peu les vacances à Brionne. D'autant qu'il n'y a pas beaucoup d'alternatives pour se baigner dans la région. "C'est quand même au milieu de pas mal de petites communes, donc c'est un endroit où il y a toujours relativement du monde, fait remarquer Marine. C'est dommage de ne pas pouvoir en profiter."
"Le plus proche, c'est Pont-l'Évêque. C'est quand même à 40-50 minutes de route, et puis c'est moins grand, c'est moins sympa."
Marine, Normande
à franceinfo
En effet, le cadre de Brionne est joli, même si, en s'approchant de l'eau, on est quelque peu surpris par sa couleur verte, presque fluorescente. Une qui était pourtant "presque transparente au mois juillet", assure Pascal Madeleine. L'adjoint au sport à la mairie de Brionne, en charge de la base de loisirs insiste : "C'est allé très très vite. En l'espace de 15 jours, l'eau a changé du tout au tout".
Difficile de comprendre pourquoi la cyanobactérie a proliféré brutalement ces derniers jours. La chaleur ? Les températures étaient pourtant bien plus élevées en juillet et l'eau était alors saine. Un apport imprévu en azote ou en phosphore lié aux eaux usées ou à l’agriculture ? Impossible de savoir. "On ne sait pas pourquoi, il y a des années où ça va bien fonctionner, d'autres où ça ne va pas fonctionner, explique Pascal Madeleine. En fin de compte, je pense que personne n'a vraiment la solution adéquate pour résoudre ce problème."
Une technique expérimentale est testée actuellement en France : un traitement de l'eau par ultrasons. Cela coûte toutefois cher et ce n'est pas efficace à 100%. Autre solution : vider le lac. Une option qui fait grimacer Michael Louchard, le responsable de la base de loisirs. "On nous dit qu'il faut faire un curage du lac. On connaît un lac, pas très loin d'ici, qui a fait un curage, deux ans après, la cyanobactérie s'est réinstallée", indique-t-il.
Ce curage, ajoute-t-il, a coûté "250 000 euros pour un lac deux fois plus petit". Michel Louchard poursuit : "Malheureusement, en Normandie, on est le troisième plan d'eau à fermer, deux autres sont à la limite du seuil. Nous espérons qu'à un moment, au niveau du gouvernement, de l'Etat, il y ait des recherches un peu plus poussées pour nous permettre de trouver des solutions dans les années à venir".
En attendant, à Brionne, la seule solution pour continuer à pratiquer des activités nautiques se trouve à quelques dizaines de mètres du lac fermé, dans la rivière aux eaux claires. La base de loisirs propose des parcours de canoë ou de paddle. La baignade en revanche y est interdite pour des raisons de sécurité.