Énergie. Réserves stratégiques de pétrole : les pays de l'AIE en ont déjà écoulé près d'un sixième depuis mars
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a indiqué samedi que près d'un sixième des réserves stratégiques de pétrole de ses États membres avaient été écoulées depuis le mois de mars, lorsqu'elle a décidé de piocher dans ces stocks.
Quelque 325 millions de barils de réserves stratégiques de pétrole et de produits pétroliers ont été libérés à ce jour, sur les 400 millions promis par les 32 pays de l'AIE en mars. « Environ 325 millions de barils de l'action collective de l'AIE annoncée le 11 mars ont été libérés jusqu'ici, ce qui représente 80 % des 400 millions de barils promis à l'origine », précise l'agence dans un communiqué.
Quelque 325 millions de barils de réserves stratégiques de pétrole et de produits pétroliers ont été libérés à ce jour, sur les 400 millions promis par les 32 pays de l'AIE en mars. Photo d'illustration Sipa
Le G7 annonce 100 millions de barils supplémentaires
Le 11 mars, l'AIE indiquait que ses 32 États membres, dont les pays du G7, détenaient des « stocks d'urgence » de « plus de 1,2 milliard de barils, avec en supplément 600 millions de barils de stocks conservés par l'industrie par obligation gouvernementale ». Les stocks libérés représentent donc 18 % de ce total. Ces réserves existent depuis 1974, l'année qui avait suivi le choc pétrolier déclenché par la guerre du Kippour, dans le but de contrer les tensions subites sur l'offre. Le rythme des libérations a toutefois nettement ralenti : entre le 11 mars et le 21 juillet, les stocks libérés ont représenté 290 millions de barils, et seulement 35 millions de barils s'y sont ajoutés entre fin juillet et début octobre.
La veille, le G7 avait annoncé « une libération coordonnée, par l'AIE, de 100 millions de barils, qui commencera immédiatement », sans préciser si ces 100 millions comprenaient les 75 millions restant prévus par l'engagement du 11 mars, ou s'ils portaient l'engagement total à 500 millions de barils. Cette nouvelle libération doit s'étaler « sur une période de quatre mois », donc jusqu'à fin janvier, à un rythme accéléré au départ, avec « une libération significative dans les 20 premiers jours de diesel par les États membres et les pays partenaires du G7 ».
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Ormuz et l'Ukraine pèsent sur l'approvisionnement
Deux facteurs compliquent l'approvisionnement en hydrocarbures des pays du G7. D'une part, les exportations des pays du Golfe sont perturbées par le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran, attaqué par les États-Unis et Israël. D'autre part, les infrastructures énergétiques en Russie sont des cibles pour l'Ukraine, qui espère déstabiliser l'armée russe menant la guerre sur son territoire. Si les raffineries ailleurs dans le monde tournent à plein régime, les prix des carburants ont fortement augmenté partout, y compris aux États-Unis, pourtant exportateurs nets de pétrole comme de produits pétroliers.
Washington a alimenté les tensions en expliquant que l'Union européenne, dont la moitié du diesel provient des États-Unis, pourrait en faire plus pour faire redescendre la pression. Jeudi, la presse américaine avait affirmé que l'administration de Donald Trump envisageait d'interdire ces exportations vers l'Europe. Dès le lendemain, le président américain a assuré que « ça n'a jamais vraiment été sur la table », et s'est félicité des annonces du G7.
Les élections de mi-mandat en ligne de mire
Le calendrier de cette nouvelle libération correspond à la campagne des élections législatives de mi-mandat aux États-Unis, prévues le 3 novembre. Le débat politique ne cesse d'y tourner autour de la hausse des prix à la pompe et de l'inflation plus généralement, qui a rendu l'opinion publique très majoritairement hostile à la poursuite des attaques contre l'Iran.
« Faites, s'il vous plaît, comme si j'étais sur le bulletin de vote », a exhorté Donald Trump. Selon certaines projections, son parti pourrait néanmoins perdre la majorité à la Chambre des représentants ou au Sénat, voire aux deux.