Enseignement : le syndicat libéral SLFP quitte le front commun

Enseignement : le syndicat libéral SLFP quitte le front commun

La rupture n’est pas tout à fait une surprise. Après plusieurs mois de participation en pointillé aux actions menées contre les réformes du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le SLFP Enseignement vient d’annoncer sa sortie du front commun syndical qui prévalait jusqu’alors dans le monde de l’école. Dans une vidéo publiée sur Facebook, sa présidente communautaire, Muriel Vigneron, l’annonce sobrement face caméra : « Le SLFP Enseignement sort du front commun. Nous avons entendu le message de nos affiliés. »

Une décision que le syndicat libéral justifie par la faible mobilisation de ses affiliés lors des dernières actions, et en particulier celle du 10 septembre à Liège, où le SLFP avait pourtant tenu un discours, appelant à l’ouverture d’un véritable débat sur le refinancement de l’enseignement. Mais « en ce début d’année scolaire, beaucoup d’entre vous préfèrent rester dans leur classe afin de ne pas pénaliser l’encadrement de leur établissement lors des comptages de fin septembre », soutient Muriel Vigneron.

Concrètement, le syndical libéral ne participera plus aux côtés des syndicats majoritaires, à savoir la CSC et la CGSP Enseignement, à l’organisation et au calendrier des actions de protestation. « Au moins, maintenant, les choses sont claires », indique Roland Lahaye, secrétaire général du syndicat chrétien. « Depuis quelques mois, c’était flou. » Tout comme son homologue de la CGSP, Luc Toussaint, il dit regretter cette décision qui risque de déforcer l’action syndicale. « Comme ce n’est pas l’un des syndicats majoritaires, il est normal que ses affiliés soient moins représentés lors des manifestations. Par contre, j’ai lu des commentaires d’affiliés disant qu’ils y étaient… La ministre ne demande pas mieux que des syndicats qui sont divisés. Pour autant, ça ne nous découragera pas, et ça ne nous fera pas changer un iota de notre ligne. »

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Le syndicat bleu affirme toutefois qu’il ne renonce pas à combattre les mesures du décret-programme II, qui met en œuvre de nombreuses économies touchant principalement l’enseignement. Mais il défend « une autre manière d’agir », en envisageant un recours devant la Cour constitutionnelle et en participant au comité d’avis mis en place par la ministre de l’Education, Valérie Glatigny (MR). Tout en avançant que « le gouvernement ne retirera pas ce décret ».

L’autre point de discorde avec les autres syndicats réside dans la poursuite du tronc commun, mesure phare du Pacte d’excellence. Muriel Vigneron demande, en effet, « une pause du tronc commun », estimant que la mise en œuvre d’une troisième secondaire commune doit être mieux préparée. Le syndicat avance également une estimation de 1.400 équivalents temps plein perdus et dit ne pas pouvoir s’y associer. Pour les autres organisations syndicales, un statu quo est impossible pour les élèves qui sont déjà dans le tronc commun et qui sont soumis aux nouveaux référentiels.

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